Cinéma : Wendy, nouvelle version de Peter Pan

Peter Pan, l’enfant qui ne voulait pas vieillir, prend un coup de vieux. Dans Wendy, Beth Zeitlin, le cinéaste auteur du remarqué Beasts of the Southern Wild, livre une version déroutante et onirique du mythe du Pays imaginaire, centrée sur la petite fille.

Le film est servi par des images qui magnifient les paysages de l’île de Montserrat dans les Antilles où il a été tourné et par l’interprétation de Wendy (Devin France) et des autres enfants recrutés et longuement préparés par Benh Zeitlin.

Wendy s’ouvre dans un restaurant crasseux du sud des États-Unis, où Wendy et son frère, les enfants des propriétaires, végètent en regardant passer les trains de marchandises sous leur fenêtre.

Leur vie va basculer, non pas en s’envolant par la fenêtre, mais en sautant dans l’un de ces convois, suivant Peter Pan jusqu’à son repaire, sur son île.

Fidèle au mythe, l’histoire leur fera faire le serment de ne jamais grandir, mais la ressemblance avec l’œuvre originale et ses multiples adaptations, dont celles de Walt Disney, s’arrête là : pas de Fée Clochette ou de Capitaine Crochet, ici c’est à la nature (volcans, forces sous-marines…) que les enfants vont devoir se mesurer, et les scènes d’aventure sont remplacées par des plans plus oniriques.

« Nous voulions revenir à ce que signifie profondément l’histoire » de Peter Pan, a expliqué à l’AFP le réalisateur de 38 ans, qui a travaillé avec sa sœur Eliza Zeitlin (au scénario), et est convaincu que toutes les versions précédentes de l’histoire « sont prisonnières d’archétypes racistes et sexistes ».

« La vraie histoire de Peter Pan est celle de Wendy, c’est elle le personnage qui évolue, qui va dans ce monde de l’enfance et doit ensuite le quitter », poursuit-il. Cette Wendy « forte, insoumise, courageuse » doit « faire oublier toutes les autres ».

«La vraie question (que pose l’histoire) c’est comment on quitte le monde de l’enfance, ce qu’on en retient dans ses rêves, son esprit, son imagination, et comment on empêche le monde de détruire ça», ajoute-t-il.

 Wendy est le deuxième film de ce réalisateur installé à La Nouvelle-Orléans, huit ans après le succès de Beasts of the Southern Wild, où il faisait déjà jouer des non-professionnels.

La plupart des enfants ont été recrutés en Louisiane, dans des petites villes et des zones de bayous. Peter, lui, est joué par Yashua Mack, un enfant rencontré sur une autre île des Caraïbes à l’âge de 5 ans par l’équipe. Plusieurs années ont été nécessaires pour les préparer au tournage et adapter le scénario en fonction de leur personnalité.

AFP