Bac session juin 2021 : Coupure internet : l’exception qui devient … la règle ?

Cela dure depuis 6 ans. Elle est devenue la règle. La hantise des utilisateurs aussi bien des professionnels que des citoyens lambda. Cette année, elle n’a pas dérogé à la règle à l’occasion de l’examen du baccalauréat. Elle, c’est la coupure de l’Internet. Une forte perturbation, des ralentissements et des interruptions ont causé de grands dégâts durant de nombreuses heures de la journée, notamment les moments du déroulement des épreuves.

Décriée de toutes parts, elle est revenue derechef, sans qu’elle n’ait été annoncée à l’avance. Outil de travail indispensable pour les opérateurs économiques et sociaux ou moyen d’évasion pour bon nombre d’Algériens, la coupure  d’Internet liée au déroulement des épreuves du bac 2021, a provoqué un mécontentement certain dans les chaumières. Le réseau d’Algérie Télécom et celui des trois opérateurs mobiles (Djezzy, Ooredoo et Mobilis) ont été fortement perturbés. Les accès aux réseaux sociaux, tels que Facebook, Twitter et YouTube ont été très souvent  inaccessibles pendant le déroulement des épreuves.

A un moment, pourtant, une source proche du ministère de l’Education nationale avait affirmé que   les épreuves du baccalauréat session 2021 «auront lieu cette année sans coupure d’internet». Cette année, «il n’y aura pas de coupure générale de la connexion à internet, ni le blocage des réseaux sociaux. Une cellule de vigilance spécial bac sera installée au niveau du ministère», explique une source du quotidien arabophone Echourouk. «Cette cellule aura pour mission la surveillance et le contrôle des divers sites de réseaux sociaux et travaillera ensuite pour identifier les diffuseurs des sujets», explique la même source. «Cette cellule intervient également directement pour engager des procédures administratives appropriées, suivies de procédures judiciaires, conformément au nouveau code pénal, qui punit d’un à trois ans d’emprisonnement toute personne impliquée dans l’atteinte à la crédibilité des examens scolaires officiels», est-il encore ajouté.

Encore, une promesse non tenue, malgré le courroux affiché par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, l’année dernière, à la suite des coupures d’internet durant les épreuves du bac 2020. Selon lui, «cette coupure d’internet n’honore pas l’Algérie». Même scénario pour le bac 2021. Qui a la prérogative de déconnecter le pays du reste du monde pendant plusieurs heures durant plusieurs  jours ? Des experts et des consultants se sont alarmés sur conséquences sur l’économie du pays et sur la mauvaise image du pays sur la scène internationale, tout en insistant sur la recherche de mécanismes pour lutter contre la fraude et la triche sans couper l’internet. Selon certaines sources, les coupures d’internet durant les cinq jours du Baccalauréat de 2019 ont causé à l’Algérie une perte financière estimée à 250 millions de dollars.

22 individus  devant la Justice  

Mais, la fraude a encore sévit malgré la cellule de vigilance spécial bac  Le ministère de la Justice a annoncé, mardi 22 juin, au troisième jour de l’examen, dans un communiqué que 22 individus étaient poursuivis pour triche aux épreuves du BAC avec mandat de dépôt pour 18 d’entre eux. Trois de ces mis en cause ont été condamnés à une année d’emprisonnement ferme assortie d’une amende de 100.000 DA en attendant le procès des autres mis en cause, souligne la même source.

Et de préciser que ces cas de triche ont été traités par les compétences des Cours de Tébessa, Ghardaïa, Sétif, Tissemsilt, Chlef, Béchar et Djelfa. Les faits attribués aux mis en cause, concernent «la diffusion et la fuite de sujets d’examens du BAC par le biais de moyens de communication à distance, ce sont les fait dont la majorité a été détectée par l’Organe national de lutte contre les infractions liées aux TIC, qui reste à l’affût pour garantir une sécurisation totale de ces examens», conclut le communiqué. D’après le nouveau Code pénal, toute personne s’engageant à compromettre les examens scolaires, risque de 1 à 3 ans d’emprisonnement.

De  son coté, bien plus tard, face au tôlé suscité par la coupure de la connexion internet durant les épreuves du baccalauréat, l’opérateur de la téléphonie fixe Algérie Télécom a rompu le silence, affirmant que celles-ci demeurent «des restrictions ciblées et limitées dans le temps». «Algerie Télécom informe son aimable clientèle, qu’à l’instar des autres opérateurs, elle accompagne le déroulement du baccalauréat afin de contribuer à la réussite, à la crédibilité et à l’équité des épreuves de la session 2021. La démarche mise en œuvre, qui écarte toute coupure délibérée d’Internet, se limite à des restrictions sur des réseaux de partage spécifiques, et ceci seulement durant la première moitié de la durée de chaque épreuve», indique l’opérateur public dans un communiqué.

«Algérie Télécom est à l’écoute des préoccupations de ses clients et reste mobilisée pour intervenir, dans les meilleurs délais, en cas d’éventuelles perturbations. En souhaitant beaucoup de réussite à notre jeunesse, nous remercions nos chers clients et concitoyens pour leur patience et leur compréhension», conclut la même source.

Effet d’annonce ? Mercredi, quatrième jour des  épreuves, coupure générale de la connexion à internet et  blocage des réseaux sociaux durant une bonne partie de la journée, particulièrement durant les heures de travail.

Mohand Ouarab