Campagne de vaccination anti-covid19 : Tous… au vaccin !

Ils sont là. Des personnes âgées, des jeunes dans la force de l’âge. Certains ont répondu à l’appel lancé, lundi 7 juin, par le ministère de la Santé qui invite les citoyens désirant se faire vacciner contre la covid-19, à se présenter au niveau des structures de santé de proximité dédiées à cet effet.  Il est précisé dans le communiqué que «la priorité est accordée aux personnes âgées de plus de 60 ans et aux personnes présentant  des comorbidités».

Pour beaucoup d’autres, c’est la surprise ! Place Ahmed Chicha,  Chéraga à l’Ouest d’Alger. Sur presque toute la surface, six chapiteaux sont dressés pour la campagne nationale de vaccination anti Covid-19. Un personnel médical s’affaire à l’intérieur. Une autre enceinte, plus grande, fait office de salle d’attente. Elle est occupée par une dizaine de personnes qui attendent sagement leur tour. Il fait chaud en ce mercredi, 09 juin 2021. Le thermomètre  affiche 33° à l’ombre. Les bancs publics sont occupés par des badauds ou d’autres citoyens venus aux  nouvelles. Le moindre espace ombragé, recherché en ce début d’après-midi caniculaire, est lui aussi occupé, par des vaccinés, contraints de rester sur place, pour la surveillance,  pendant une demi-heure, au cas où une complication surviendrait.

Une organisation bien maitrisée par le personnel affecté à cette tâche. Pas de bousculade, ni de passe-droit. A son arrivée, le candidat au vaccin, se voit attribué un jeton numéroté. A l’appel de son numéro, il est prié de rejoindre l’un des six chapiteaux libre où  il présente sa carte nationale d’identité au médecin qui s’informera sur son état avant  de se voir injecté une première dose et de voir donner le rendez-voir dans un mois pour la 2e dose. «Après la vaccination, vous allez patienter une demi-heure pour récupérer votre carte et voir si tout va bien. Si vous avez de la fièvre ou un quelconque malaise, vous reviendrez nous voir», lui dit le médecin.

Une carte de vaccination est remise avec le RDV pour la deuxième dose. Aujourd’hui, il y a l’Astra-Zeneca », répond, celui qui est chargé de veiller à la bonne marche de toute cette « machine bien huilée », à un candidat au vaccin qui dit sa préférence au spoutnik russe ou au vaccin chinois.  « Vous pouvez venir un autre jour, peut-être que jour-là, votre souhait sera exaucé », lui conseille-t-il gentiment. « Nous sommes là pour 4 ou 5 jours », lui apprend-t-il.

La campagne de vaccination durera jusqu’à quand ? On est là, le temps qu’il faudra, un mois, deux mois. « Je ne sais pas pour le 12 juin » confie-t-il. Le 12 de ce mois, ce sera les législatives. Le numéro 325 attend son tour. Il hésite. L’Astra-Zeneca a mauvaise réputation. « On dit qu’il fait des complication », tente-t-il de justifier son appréhension. « Les Anglais ont vacciné 35 millions de personnes sur leur territoire, il n’y pas eu de problème avec ce vaccin », lui  dit son compagnon, qui  lui conseille de saisir cette opportunité pour ne plus vivre  les risques d’une contamination à la Covid-19.  «AstraZeneca est un vaccin autorisé par les pays membres de l’Union Européenne qui l’exigent. « C’est bon j’y vais », tranche-t-il finalement. Il n’aura pas à attendre l’arrivée d’un autre vaccin.  Une commande d’acquisition de 30 millions de doses de vaccins anti-Covid-19 a été passée avec plusieurs fournisseurs dans le cadre d’un achat bilatéral,  nous apprend le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le Pr. Abderrahmane Benbouzid.

Le ministre de la Santé a précisé que deux commandes de 15 millions de doses chacune ont été passées «dans le cadre d’achat bilatéral», soit 30 millions de doses qui «nous seront livrés», a-t-il affirmé dans un entretien paru mercredi dans le journal Liberté. Selon lui, l’Algérie réceptionnera un quota de 700.000 unités de Sputnik V restant dans «le cadre du contrat de 1 million de doses signé avec le partenaire russe».

D’autre part, concernant le dispositif Covax, Benbouzid a tenu à souligner qu’il y aura encore des quantités de vaccin à réceptionner, affirmant qu’initialement un quota oscillant «entre 12 et 16 millions de doses dont beaucoup d’AstraZeneca» était prévu.

«Nous avons espoir qu’on obtiendra très rapidement les quotas promis. On attend pour les prochains jours une cargaison de 1.4 millions dans le cadre de Covax», a-t-il rassuré.

Pour autant, le ministre rappelle que la vaccination «n’empêche pas la propagation du virus», mais «l’antidote est là pour empêcher les formes graves et les hospitalisations», considérant que si «on vaccine 60% de la population ce seront 17 millions d’Algériens concernés, alors que 70% représentent 20 millions d’Algériens». Il a signalé que certains pays se satisfont du taux de 50% de la population globale.  Les appels aux  citoyens à se rendre dans les Centres de santé de quartier pour se faire vacciner se font plus insistants. Il est prévu d’intensifier la vaccination qui va être généralisée sur les places publiques et il n’y a plus une nécessité de passer par l’inscription à la plateforme numérique du ministère de la Santé.

Le choix  des vaccinodromes installés sur les places publiques, depuis dimanche 6 juin sont ouverts à toutes les catégories d’âge.  Une instruction du ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid, bien accueillie par la population ainsi que les professionnels de la Santé qui ne cessent d’appeler à la vaccination massive.  Dans une déclaration à un confrère le Dr Mohamed Yousfi, président de la Société algérienne des maladies infectieuse s et chef de service à l’EPH de Boufarik qui salue l’initiative, estime qu’ il est impératif «d’accélérer le processus de vaccination le plus rapidement possible et vacciner le plus grand nombre de citoyens, notamment les catégories cibles, à savoir les personnes âgées et les malades chroniques dans un premier temps, dont l’objectif est d’éviter les formes graves de la maladie, les décès et surtout atteindre l’immunité collective le plus tôt possible». Il pense qu’avec la prochaine livraison de vaccins annoncé par le ministère de la Santé (5 millions de doses), si ces quantités arriveraient dans les temps, «cela nous permettra de vacciner au moins une partie de la population, soit un taux avoisinant 12 à 15% de la population d’ici la fin juin».

Mouhand Ouarab