Reprise partielle des vols internationaux : Les «portes du ciel» s’entrouvrent !

Ca y est, c’est parti ! Ce jour était attendu par des millions d’Algériens, depuis plus d’une année. Le 19 mars 2020, suite à la pandémie du Covid-19, les autorités publiques ont imposé la fermeture des frontières aériennes. Depuis ce jour, les Algériens ne pouvaient plus voyager par les airs. Bien plus, toutes les frontières du pays ont baissé leurs barrières. Bloqués en Algérie ou à l’extérieur du pays, des citoyens vivaient, la  mort dans l’âme, cette restriction, comme une douloureuse épreuve pour certains et un drame pour beaucoup d’autres.

Dimanche 16 mai 2021, la présidence de la République annonce, dans un communiqué, que l’Algérie va rouvrir partiellement ses frontières à partir du 1er juin. Cette réouverture,  est-il précisé, débutera dans un premier temps par «un plan de cinq vols quotidiens de et vers les aéroports d’Alger, de Constantine et d’Oran », les plus grandes villes du pays. Elle s’opérera dans le « strict respect » des mesures préventives contre le Covid-19. Le jour J, 299 passagers Algériens arrivent à Alger, en provenance de la France. Les voyageurs, transportés de l’aéroport d’Orly (Paris) vers l’aéroport Houari Boumediene à bord d’un Airbus A300 -200, auront à passer un test PCR, avant d’être orientés vers un confinement de 5 jours dans des hôtels choisis par le ministère du Tourisme, a expliqué le porte-parole d’Air Algérie Amine Andaloussi. Un premier départ Alger-Paris a été effectué la matinée avec une soixantaine de voyageurs à bords, a-t-il précisé.

Qui pourra voyager ? Selon un membre du comité scientifique, le professeur Riad Merhaoui, la première étape de l’ouverture du ciel algérien concernera, « dans un premier temps, les gens à rapatrier, les malades, ceux qui ont un contrat de travail, des études, moyennant une autorisation». A quelles conditions ? Le comité scientifique chargé de l’évolution de la pandémie de coronavirus en Algérie avait donné récemment, son feu vert, sous «conditions strictes», au retour des Algériens bloqués à l’étranger. « Les personnes entrant en Algérie, ressortissants ou étrangers, devront présenter, à leur arrivée, un test PCR de moins de 36 heures et se soumettre à des tests que nous estimons fiables», a expliqué de son côté le ministre de la santé, Abderrahmane Benbouzid. Parmi les «conditions strictes», les frais de confinement et de dépistage à l’arrivée qui seraient à la charge des passagers. Des frais avaient été fixés à 41 000 dinars, que d’aucuns trouvaient « exorbitants.

Tarif exorbitant et conditions strictes

Le président Abdelmadjid Tebboune a alors ordonné, lors de la réunion du conseil des ministres, de «dispenser les étudiants et les personnes âgées à faible revenu parmi les Algériens de retour au pays de payer les frais d’hébergement relatifs à l’isolement». Il a également été décidé de «baisser les frais d’hébergement de 20 % pour les Algériens de retour au pays», selon le communiqué, suite à des protestations des membres de la communauté nationale à l’étranger, devant les représentations diplomatiques, pour dénoncer le caractère «exorbitant» de ces  tarifs, le président Tebboune a ordonné de les réduire de 20  %, soit 33.000 dinars.

Dans ce sens, la Direction d’Air Algérie a annoncé, mardi, 1er juin,  dans un communiqué, le nouveau tarif applicable pour le  confinement sanitaire au niveau des hôtels réservés pour l’accueil des ressortissants algériens en provenance de l’étranger. Le nouveau prix est de 33.000dinars par voyageur, alors que les étudiants et les personnes à faibles revenus sont carrément dispensés de frais, à charge pour elles de déposer leur demande d’exonération au niveau des représentations diplomatiques, accompagnée  des justificatifs. 

Le Tarif «exorbitant» et les «conditions strictes», qualifiés, pour bon nombre d’Algériens, de « sévères » pour l’entrée sur le territoire national et la contestation, notamment, des mesures de confinement obligatoire,  n’ont pas  constitués un obstacle, pour des centaines de personnes qui ont fait le déplacement vers des agences d’Air Algérie en quête d’un billet d’entrée ou de sortie du territoire. Une affluence record a été enregistrée, notamment le premier jour, à Paris et à Marseille (France) pour ces deux agences, obligeant tout simplement la compagnie nationale, de les fermer en invoquant des «raisons sécuritaires et sanitaires». «Pour des raisons sécuritaires et sanitaires, Air Algérie a été contrainte de fermer les agences Paris Opéra et Marseille Saint-Charles et vous invite à contacter le Contact Center pour tout achat ou confirmation de votre billet», indique la compagnie dans un communiqué, rendu public le même jour.

Même décor à Alger où des dizaines de personnes se sont précipitées vers l’agence d’Air Algérie à Alger-Centre en invoquant tous les saints de les assister pour l’achat du précieux billet qui leur ouvrira «les portes du ciel». Pour beaucoup, il faudra patienter encore. Les places ne sont pas suffisantes pour satisfaire toutes les demandes. Le porte-parole d’Air Algérie,  Amine Andaloussi, a fait savoir que dès la réouverture des réservations dimanche, la compagnie nationale a été submergée, précisant que jusqu’à mardi matin), «nous avons vendu plus de 7500 billets». «6400 places ont été réservées depuis l’étranger à destination de l’Algérie dès les premières heures de la reprise des réservations». Il a ajouté que «65% des réservations ont été faites via la plateforme numérique de la compagnie».

Signalons qu’Air Algérie ne vend des billets que pour l’une des quatre destinations disponibles, à savoir : la France, l’Espagne, la Turquie et la Tunisie. Autant dire une reprise extrêmement timide qui exclut, de facto, l’immense majorité des Algériens, désireux de rejoindre les pays d’adoption ou établis dans d’autres contrées eux aussi désireux de rentrer au pays d’origine. Aussi, l’attente pour bon nombre, pour ne pas dire pour tout  monde risque d’être longue. Sûrement aussi longue que durera la pandémie Covid-19.

Mohand Ouarab