Coupure d’eau dans la wilaya d’Alger : Plus de 30 Communes touchées

La pénurie d’eau  commence à  inquiéter  les habitants des communes de la banlieue d’Alger.  Dans certains quartiers, le précieux liquide n’a pas coulé dans les robinets depuis la fin du mois de Ramadhan.

Dans la commune de Saoula où les coupures  sont fréquentes, les épiciers n’arrivent pas à satisfaire la grande demande sur l’eau minérale et les habitants qui ont des puits ont placé des robinets en bord de route, pour permettre aux voisins de puiser le précieux liquide. « C’est le propriétaire de la station de lavage de voitures qui a installé cette fontaine publique. Tout le quartier vient s’approvisionner en eau ici. Sans cet homme généreux, nous mourrons de soif », s’emporte un habitant du même quartier de Meridja, topujours à Saoula. Les gens commencent à perdre patience, ils ont écrit des lettres au P/APC, qui sont restées…lettres mortes jusqu’à maintenant.

D’un autre côté, le centre d’appel de la Société de l’Eau et de l’Assainissement d’Alger (SEAAL) est très sollicité, on enregistre chaque jour des milliers d’appels. Les téléopérateurs tentent tant bien que mal de rester courtois face aux remarques des clients qui sont parfois désobligeantes. «Notre rôle consiste à enregistré la doléance et à la transmettre au service concerné, mais les clients croient que c’est nous qui réglons les problèmes auxquels ils sont en bute», dit un téléopérateur.

Comme tous ces collègues, il ne peut qu’informer les clients sur les raisons des coupures. Pour le moment, c’est la baisse du niveau d’eau dans les réservoirs. Sur la page Internet de la SEAAL, les gens peuvent suivre en direct la situation de la distribution dans la wilaya d’Alger. Il y avait encore 17 communes sans eau, le lundi 24 mai 2021. Elles étaient le double la veille. « Les gens ne peuvent pas s’imaginer tous les efforts fournis par les techniciens de notre entreprise, pour rétablir l’alimentation dans les foyers », ajoute le même téléopérateur. Les téléopérateurs, qui sont « en première ligne », sont fatigués mais ils font de leur mieux pour répondre et rassurer les clients qui les sollicitent. « L’eau est rare. Nous avons comme consigne de dire la vérité. Les réservoirs sont vides pour le moment», dit un opérateur au centre d’appel de la SEAAL. Le niveau d’eau est très bas dans les barrages de Douéra, de Taksebt (Tizi Ouzou) et de Béni Amrane (Boumerdes). Alger est alimentée à partir de ces trois ouvrages. Comme il n’a pas beaucoup plu ces trois dernières années, le niveau des barrages a baissé.

Pour parer au plus pressé, les services du ministère des Ressources en eau ont établi un programme d’urgence et de nombreux forages seront lancés dans les prochains jours. Par ailleurs, les capacités de dessalement de l’au de mer seront augmentées.

Des citernes d’eau pour faire face

Cette situation faite de coupures d’eau poussé les habitants des communes touchées à acheter des citernes pour stocker le précieux liquide. Les commerçants se frottent les mains. Ils en vendent par dizaines et n’arrivent pas à satisfaire toutes les commandes. Tout le monde veut avoir une citerne chez lui pour se préparer à un été qui s’annonce sec. Même si les gens se plaignent des vendeurs qui ont profité de l’occasion pour augmenter les prix.   

Les plombiers aussi sont très sollicités pour installer les citernes et, eux aussi, ont saisi l’occasion « au vol » pour augmenter les prix de leurs prestations. L’installation d’une citerne revient à 10 000 dinars et il faut parfois «chercher longtemps avant de trouver un plombier pour effectuer le travail car ils sont très sollicités actuellement», dit un habitant de Birtouta.  

Cette pénurie d’eau fait aussi le bonheur des vendeurs d’eau, qui, à leur tour, n’arrivent  pas à satisfaire toutes les commandes. «Tout le monde veut remplir rapidement sa citerne et c’est difficile de satisfaire tout le monde dans un laps de temps très court», dit un transporteur par camion citerne. A noter qu’une livraison d’eau par camion citerne est facturée à 1500 dinars.

L’eau coule de nouveau dans les robinets

Dimanche, 30 mai 2021. Il est onze heures du matin. Les habitants de Saoula ont le sourire car aujourd’hui, ils ont de l’eau dans les robinets. C’est une grande nouvelle très réjouissante pour ces citoyens qui font face à une grave pénurie depuis la fin du Ramadhan. Dans les autres communes touchées par les coupures, les choses sont en train de s’améliorer.

Le précieux liquide est devenu une denrée très rare pour les habitants de Saoula, une  commune, située à peine à treize kilomètres d’Alger centre. La localité a été rattachée en 2018 au tissu urbain du Grand Alger. Les résidents  ne cessent  pourtant de se plaindre de toutes les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien. Les Ordures sont ramassées de manières anarchiques. Les camions de NETCOM passent que tous les soirs,  mais des  tonnes de détritus s’entassent dans plusieurs endroits et comme la collecte des ordures ne répond à aucune norme, les habitants ont fini par créer des dépotoirs  sauvages, le plus souvent à proximités des écoles primaires. Dans cette commune, les routes sont défoncées, l’éclairage public en mauvais état.  «Aujourd’hui nous sommes plus de 75 000 âmes à vivre dans une localité dont les moyens ne peuvent satisfaire les besoins que d’à peine 20 000 personnes», se plaint un ancien élu à l’APC.  

La commune fait face à de grandes difficultés et le problème de l’eau est récurent. Les services de la SEAAL éprouvent des difficultés à Saoula qui est une municipalité semi urbaine. Elle compte de très nombreuses zones éparses. «Ce n’est pas facile de réaliser une conduite pour un hameau qui ne compte que 10 à 20 maisons. On rencontre en plus ce genre d’obstacle dans des secteurs situés hors de la ville. Parmi ces endroits, il y a ceux situés sur les hauteurs. Quand la pression est basse, ces zones situées sur les hauteurs sont privée d’eau durant  des journées entières», dit un employé de la SEAAL qui affirme que son entreprise fournit de grands efforts pour assurer une distribution d’eau à tous les usagers.  

Djafar Amrane