Bien-être : Pourquoi le soleil du printemps rend-il heureux ?

À l’image de l’indice UV, celui du bonheur collectif est généralement marqué par une tendance à la hausse avec l’arrivée du printemps. Plus que le réchauffement de la température, la lumière joue un rôle crucial dans l’amélioration de l’humeur. Voici comment.

Si, tel un ours qui sort de sa tanière, on se sent revivre au printemps, ce n’est probablement pas qu’une simple impression, car les journées rallongent et cela a un effet positif sur l’humeur. «Quand il y a une baisse de la photopériode en hiver, certaines personnes sont affectées sur le plan de l’humeur, certaines sur le plan de leur énergie et de leur performance au travail», constatent les chercheurs qui expliquent que la lumière (qui pénètre dans le corps par les yeux) stimule la production de sérotonine dans le cerveau, neurotransmetteur associé à l’humeur qui agit à titre de messager du système nerveux central et qui est impliqué dans plusieurs fonctions physiologiques.

Une étude hors du commun publiée en 2002 par des chercheurs du Baker Heart Research Institute, en Australie, a démontré que le niveau de sérotonine dans le cerveau serait lié au niveau d’exposition à la lumière. Pour ce faire, ils ont prélevé un échantillon sanguin directement dans la veine jugulaire interne des 101 participants. Les résultats ont montré que le renouvellement de la sérotonine par le cerveau était plus bas en hiver et que son taux de production était directement lié à la durée de la période d’ensoleillement et augmentait rapidement avec une luminosité accrue.

Au printemps, ces deux facteurs sont en hausse. À partir du solstice d’hiver, la durée du jour augmente progressivement à un rythme qui s’accélère à l’approche de l’équinoxe du printemps. Après l’équinoxe, l’augmentation continue, mais ralentit jusqu’au solstice d’été. Ensuite, ça commence à redescendre, comme une montagne russe. Un tour de manège qui s’explique par l’inclinaison de la Terre et sa révolution autour du Soleil.

Au printemps la période de clarté est considérablement rallongée. Mais il y a aussi l’augmentation des heures d’insolation effective qui pourrait jouer un rôle dans la production de sérotonine. La durée d’insolation effective désigne l’intervalle de temps pendant lequel le rayonnement solaire atteint une intensité suffisante pour créer des ombres nettes. Cette donnée permet d’exclure les journées sombres et nuageuses où la production de sérotonine serait moins élevée.  

Déprime saisonnière

Près du quart des gens seraient affectés de façon modérée par la baisse des heures de clarté en hiver et environ 3 % le seraient de façon sévère, au point de devoir arrêter de travailler.  Bien qu’on ne connaisse pas encore le temps minimal d’exposition nécessaire à l’humain pour maintenir sa bonne humeur, on suggère de s’y exposer entre 30 minutes et 2 heures, de préférence en matinée, afin de resynchroniser son horloge biologique, laquelle a tendance à se décaler de 6 à 12 minutes par jour selon les personnes, si on ne reçoit pas de stimulation lumineuse quotidienne. C’est en matinée que la lumière bleue, qui a un effet stimulant sur le cerveau, est plus présente.

Et la vitamine D ?

Le printemps est aussi associé au moment où la peau, lorsqu’elle est exposée au soleil, commence à produire de la vitamine D. Un indice UV d’au moins 3 est nécessaire à sa synthèse. La vitamine D pourrait-elle donc être aussi responsable d’une meilleure humeur ? Son rôle dans le traitement de la dépression fait toujours l’objet de recherches. Des études ont établi un lien entre de faibles taux sanguins de vitamine D et des risques élevés de souffrir de dépression. « Mais rien n’indique qu’il s’agit d’un lien de cause à effet», précisent les spécialistes. Les études cliniques n’ont, jusqu’à maintenant, pas permis d’affirmer que la supplémentation en vitamine D permet de réduire les symptômes de la dépression.