Facebook : Des efforts anti-désinformation

Facebook a fait valoir lundi 22 mars ses progrès en matière de lutte contre la désinformation, trois jours avant une audition au Congrès américain sur ce sujet qui mobilise aussi bien les élus démocrates que républicains.

Le géant des réseaux sociaux a désactivé plus d’1,3 milliard de faux comptes rien que pendant le dernier trimestre de l’année 2020, d’après un communiqué.

La détection et le blocage en bonne partie automatisés des profils non authentiques, qui servent à répandre des rumeurs et autres contenus mensongers, sont au cœur de l’arsenal des équipes de modération du groupe.

« Nous avons toutes les raisons d’être motivés pour tenir la désinformation à distance de nos applis et nous avons pris de nombreuses mesures pour y parvenir, aux dépens de la croissance du nombre d’utilisateurs et de l’engagement », a souligné Guy Rosen, vice-président responsable de l’intégrité des plateformes du groupe.

Le fondateur et patron de Facebook, Mark Zuckerberg, doit répondre aux questions d’élus, aux côtés de Jack Dorsey (Twitter) et Sundar Pichai (Google).

« Depuis trop longtemps, les “big tech” refusent de reconnaître le rôle qu’ils jouent dans la création et la propagation d’informations délibérément fausses », ont déclaré les présidents des commissions parlementaires qui ont convoqué les trois dirigeants de la Silicon Valley.

« L’autorégulation de l’industrie a échoué », ont-ils ajouté alors que les tensions entre les réseaux sociaux et les politiques se sont amplifiées au cours de l’année passée, de la campagne électorale aux émeutes causées par des partisans extrémistes de Donald Trump le 6 janvier à Washington.

Facebook compte plus de 35 000 personnes chargées de modérer les échanges et de lutter contre les abus, comme les campagnes de manipulation de l’opinion.

Ces équipes ont ainsi retiré plus de 100 réseaux coupables de « comportement inauthentique » (comme la création de faux comptes) ces trois dernières années.

Elles ont largement recours à l’intelligence artificielle, très efficace contre la fraude et les pourriels, mais aussi de plus en plus contre la désinformation.

Les systèmes automatiques de l’entreprise ont retiré plus de 12 millions de contenus trompeurs sur la COVID-19 ou les vaccins depuis le début de la pandémie, d’après Facebook.

La plateforme a aussi investi dans un vaste programme de vérification des informations par des tiers indépendants (dont l’AFP) pour identifier les informations douteuses, réduire leur circulation et publier des articles de vérification.

« Malgré tous ces efforts, certains croient que nous avons des intérêts financiers à tolérer la désinformation », a remarqué Guy Rosen. « C’est le contraire qui est vrai ».

Des ONG, observateurs et élus accusent Facebook de profiter de ce fléau pour garder l’attention de ses utilisateurs, moteur de son modèle économique fondé sur la publicité.

Un bracelet neuronal

Par ailleurs, le département Facebook Reality Labs (FRL) Research du géant des réseaux sociaux a dévoilé de nouvelles informations concernant son prototype de bracelet neuronal qui vise à être utilisé pour contrôler une interface de réalité augmentée.

«Cela n’a rien à voir avec la lecture des pensées», rassure d’emblée Thomas Reardon, directeur des interfaces neuromotrices chez FRL. «Ce que nous essayons de faire avec les interfaces neuronales, c’est de vous permettre de contrôler la machine directement, en utilisant le système nerveux périphérique – plus précisément les nerfs extérieurs au cerveau qui animent les muscles de votre main et de vos doigts», a-t-il expliqué dans un billet de blog.

Basé sur une technologie développée par la start-up CTRL-labs rachetée par Facebook en 2019, le prototype est censé lire les signaux électriques envoyés par le cerveau à la main pour les interpréter en commandes. Équipé de capteurs électromyographiques de signal musculaire (EMG), le bracelet neuronal prendrait tout son potentiel lorsqu’il serait couplé à des lunettes de réalité augmentée.

Dans une vidéo de démonstration, Facebook montre comment l’utilisateur peut créer un «click intelligent» et effectuer différentes actions, comme faire défiler une page, contrôler un objet dit «intelligent» telle une ampoule connectée. L’appareil, qui pourrait aussi être doté d’un retour haptique, pourra servir pour taper sur un clavier virtuel.