Google : Baisse la commission prélevée sur les applications

Le géant américain Google a annoncé mardi 16 mars qu’il allait réduire de moitié les commissions prélevées auprès des développeurs d’applications de sa boutique en ligne jusqu’au premier million de dollars dégagé, imitant une décision similaire prise par son rival Apple en fin d’année dernière.

« À compter du 1er juillet 2021, nous réduisons à 15 % la commission que Google Play reçoit lorsqu’un développeur vend des biens ou des services numériques pour le premier million de dollars de revenus que tout développeur gagne chaque année », a écrit Sameer Samat, vice-président de la gestion de produits chez Google. « Avec ce changement, 99 % des développeurs dans le monde […] vont voir leur commission divisée par deux. »

En novembre, Apple avait choisi de réduire de 30 % à 15 % son prélèvement sur les revenus générés par les applications de son App Store. Mais cette mesure s’applique uniquement aux développeurs dégageant moins d’un million de dollars.

Contrairement à la marque à la pomme, Google propose cette ristourne à l’ensemble des développeurs d’applications téléchargeables sur sa plateforme, quel que soit leur chiffre d’affaires annuel.

Selon M. Samat, l’argent économisé permettra aux entreprises « de s’agrandir à une phase critique de leur croissance en embauchant davantage d’ingénieurs, en étoffant leur équipe marketing, en augmentant la capacité de leur serveur, etc. ».

Jugées excessives par certains développeurs, les commissions prélevées par Apple et Google, via les appareils équipés des systèmes d’exploitation iOS et Android, ont été à l’origine de plusieurs controverses ces derniers mois.

En août, les deux groupes ont ainsi retiré de leur magasin d’applications le jeu Fortnite, édité et développé par Epic Games, après la tentative du studio américain de jeux vidéo de contourner la « taxe » d’Apple et de Google.

Epic Games, qui se plaint d’un « abus de position dominante », a depuis porté plainte en Australie, aux États-Unis et dans plusieurs pays européens.

Tim Sweeney, le patron-fondateur d’Epic, ne s’est d’ailleurs pas montré particulièrement impressionné par les annonces récentes de Google et d’Apple l’an dernier, qu’il a qualifié de « manœuvres égoïstes. »

« La vaste majorité des éditeurs vont bénéficier de ce nouveau taux à 15 % et seront ainsi moins enclins à se battre, mais la vaste majorité des* revenus* viennent des applis pour lesquelles s’applique le taux à 30 % », a-t-il écrit mardi sur son compte Twitter.

« Google et Apple peuvent donc continuer à gonfler les prix et escroquer les consommateurs avec leur taxe sur les applis », a ajouté M. Sweeney.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, un porte-parole du studio a également indiqué que le cœur du problème n’était pas tant le montant de la commission que le fait que les développeurs soient « forcés d’utiliser les services de paiement de Google intégrés aux applis ».

« Android se doit d’être complètement ouvert à la compétition en mettant sur un pied d’égalité les entreprises-plateformes, les créateurs d’applis et les fournisseurs de service », a affirmé ce porte-parole.

Plusieurs États américains étudient de leur côté des lois pour permettre aux éditeurs d’applications d’éviter la commission récoltée par Apple et Google.

La Chambre des représentants de l’Arizona a voté la semaine dernière un texte en ce sens, qui doit encore être approuvé par le Sénat et promulgué par le gouverneur de l’État.

 Publicités bloquées ou supprimées en 2020

Par ailleurs, l’année dernière, Google a bloqué ou supprimé 3,1 milliards d’annonces publicitaires parce qu’elles ne respectaient pas les règles de l’entreprise. Plus de 99 millions d’entre elles avaient un rapport avec le coronavirus et portaient, par exemple, sur des remèdes miracles inexistants ou de faux vaccins.

Avec ces chiffres, Google entend montrer qu’elle lutte contre les publicités malveillantes. Elle possède l’une des plus grandes plateformes publicitaires numériques au monde, grâce à son moteur de recherche omniprésent. L’entreprise a donc non seulement mis hors ligne 3,1 milliards de publicités, mais a également imposé des restrictions sur plus de 6,4 milliards d’autres.

Selon le responsable mondial du département « rust & Safety in Ads» chez Google, les cybercriminels ont commencé à utiliser des tactiques différentes. L’année dernière, ils ont commencé à utiliser davantage la «technologie de dissimulation», qui consiste à tromper les contrôles.

«Quand cette technologie détecte qu’une annonce est examinée par un système de contrôle ou par un contrôleur humain, elle montrera des photos de chiots et de chatons, par exemple. Mais si un consommateur ’ordinaire’ clique, ce sera une mauvaise page», explique-t-il.

Selon ce responsable, Google peut déjà contrer cette technologie de dissimulation largement disponible. «Mais les technologies plus sophistiquées sont plus difficiles à aborder ».