Levée de la mesure de limitation des activités : Timide, la reprise…

Bonnes nouvelles du « front » de la Covid-19. Le Premier ministre a annoncé «la levée de la mesure de limitation des activités des cafés, restaurations et fast-foods à la vente à emporter uniquement et la reprise de l’ensemble des activités hôtelières. A charge pour les concernés de s’astreindre au «respect des protocoles sanitaires adoptés par le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus». Les célébrations de cérémonies et de fêtes ne sont pas concernées par cette levée de limitation des activités. C’est officiel et applicable depuis mardi 16  2021 février.

Les travailleurs et les commerçants qui ont subi les angoisses du chômage forcé et les soucis d’un avenir plus qu’incertain ont poussé un  grand ouf de soulagement. La vie dans la cité n’a pas encore repris son cours « normal », mais, la mesure prise par le gouvernement est un grand pas vers cette direction. L’ensemble des mosquées sur le territoire national ont ouvert à partir du 15 février  leurs portes aux fidèles, en application des nouvelles mesures au titre du dispositif de gestion de la crise sanitaire liée à la pandémie du Coronavirus. Le bilan journalier relatif à la pandémie suscite un optimisme certain. Les chiffres pour les dernières vingt-quatre heures, publiés mardi 16 février, confirment  la poursuite de la baisse quotidienne avec 175 nouveaux cas positifs, 2 décès et 162 guérisons, selon les indications du professeur Djamel Fourar.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid a indiqué que l’Algérie recevra, fin février, 200.000 doses du vaccin chinois en sus de 700.000 à 800.000 doses dans le cadre du groupe COVAX du vaccin contre la Covid-19. «L’Algérie recevra, février en cours, 200.000 doses du vaccin chinois et outre 700.000 à 800.000 doses dans le cadre du groupe COVAX du vaccin anti Covid-19 en attendant l’arrivée, ultérieurement, d’autres quantités», a déclaré le ministre  lors d’une journée parlementaire sur «La pandémie du coronavirus en Algérie et la stratégie de vaccination», organisée mardi à Alger par la Commission de la Santé, des affaires sociales, du travail et de la solidarité nationale au Conseil de la Nation en présence du Président du Conseil par intérim, Salah Goudjil.

L’Algérie recevra, fin avril, 9 millions de doses de vaccin dans le cadre de l’Institut africain pour la prévention des épidémies relevant de l’Union africaine (UA), a annoncé, pour sa part, la directrice de pharmacie et des équipements médicaux au ministère de la Santé, Wahiba Hadjoudj qui souligne que « les différentes phases de négociations menées, une année durant, avec les différents laboratoires à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ont été couronnées par l’obtention de l’Algérie de son quota de vaccins auprès de plusieurs laboratoires». Elle soulignera également  qu’ «aucun pays ne serait en mesure d’obtenir son quota de vaccin auprès d’un même laboratoire, vu la forte demande mondiale sur cette substance vitale en la conjoncture actuelle». ». Elle a ajouté que le pays vient de signer un nouveau marché pour la fourniture d’un million de doses du vaccin AstraZeneca d’Oxford qui sera fabriqué par un laboratoire indien.

Partenariat avec la Russie pour Spoutnik V

Pour sa part, le directeur général de l’Institut Pasteur, Dr Fawzi Derrar a assuré que l’acquisition des vaccins avait obéit aux choix et recommandations du Conseil scientifique, assurant qu’ «ils répondent aux normes et critères de sécurité sanitaire et d’efficacité en vigueur». Pour le vaccin russe Spoutnik V, il est prévu qu’il sera fabriqué localement en partenariat avec la Russie. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a précisé samedi dernier, 13 février, à Alger que la production sera assurée exclusivement par le groupe pharmaceutique public «Saidal».

«Le Fonds russe d’investissement direct (RDIF) qui exploite la commercialisation du vaccin russe ‘Spoutnik V’ développé par l’Institut de recherche d’épidémiologie et de microbiologie (Gamaleya), avait déjà fixé, depuis trois mois, certains pays disposant de capacités pour la production de ce vaccin, dont l’Algérie pour la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord)», avait indiqué Benbahmed dans une déclaration à l’APS, rappelant que la demande mondiale croissante sur les vaccins poussent les pays fabricants à délocaliser la production pour répondre à la demande mondiale. «Nous avons de notre côté répondu il y a dix jours favorablement à ce choix», a fait savoir le ministre pour qui, cette décision «a été prise après plusieurs concertations entre le ministère de l’Industrie pharmaceutique et l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) et experts de Russie, représentant le RDIF et l’Institut Gamaleya».

Les deux parties, russe et algérienne, veulent produire la matière première en Algérie, ce qui fera de ce vaccin, un produit 100% local, a fait savoir le ministre qui a défini les étapes du projet. Le partenariat algéro-russe sera fera en deux étapes. En premier, « la production locale à partir de la matière première devant être  fournie par la partie russe, ensuite la production de la matière première en Algérie, puis la production locale de ce vaccin dans son entier », a expliqué M. Benbahmed qui note que  « la production de la matière première grâce à la technique biotechnologie, sera une première en Algérie et sur le continent africain». L’Algérie a été choisie pour le transfert de cette technologie et la production du vaccin, car étant un pays ami de longue date et un partenaire économique de la Russie, avait expliqué le ministre.

Pour les délais de lancement de la production du vaccin «Spoutnik V» en Algérie, il a relativisé les dates données auparavant, « s’il s’agit de la production locale du vaccin à partir de la matière première assurée par le côté russe, nous pouvons l’entamer dans les quelques mois prochains, contrairement à la fabrication de la matière première en Algérie qui nécessite du temps», soulignant que «dans les deux cas, notre objectif est de commencer la production dans les plus brefs délais».

La couverture de la demande nationale étant assurée, le ministre a fait savoir que «le secteur prévoit l’exportation du vaccin», ajoutant que «le côté russe s’est fixé l’objectif de permettre à l’Algérie de couvrir une zone géographique regroupant plusieurs pays qui seront définis avec l’accord des deux parties». L’Algérie a, pour rappel, réceptionné durant les deux dernières semaines, pas moins de 100000 doses du vaccin anti-Covid-19, dont 50000 doses de Spoutnik-V et 50000 autres d’AstraZeneca d’Oxford. La réception des autres lots est également prévue avant la fin du mois en cours. Il faut savoir également que l’arrivée du vaccin chinois est «imminente».

Mohand Ouarab