Ressources en eau : Nouvel avertissement de l’Unesco sur l’impact du climat

L’Unesco compte une unité hydrologique mondiale qui ausculte la disponibilité et les usages de cette ressource et appuie les techniques et bons usages qui permettent d’économiser l’eau. Son rapport dédié aux liens entre l’eau et le changement climatique a été publié à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau (22 mars).

 

Depuis un siècle, la consommation humaine a été multipliée par six. Elle continue de croître de 1% par an en raison de la croissance démographique mais aussi du développement économique et de la hausse du niveau de vie. Ainsi, la consommation d’un ménage est multipliée par 4 ou 5 quand les robinets au domicile remplacent les bornes de quartier. L’augmentation de la consommation n’est donc pas forcément une mauvaise nouvelle, mais elle doit inciter à améliorer toujours plus les modes de gestion. Au cours du 20e siècle, la consommation a en effet augmenté à un taux deux fois plus élevé que la croissance démographique. Si rien n’est fait, prévient l’Unesco, l’Humanité pourrait être confrontée à un déficit de 40% du volume disponible. Déjà, les nappes souterraines enregistrent un manque qui a doublé entre 1960 et 2000, année où il manquait déjà 280 km3 pour satisfaire aux besoins.

Le changement climatique n’a pas seulement pour effet de cumuler les précipitations sur de plus courtes périodes et d’augmenter la durée des sécheresses. La hausse des températures augmente l’évaporation à partir des sols et des végétaux et assèche la surface terrestre. Les débits des cours d’eau diminuent rendant l’eau moins disponible pour tous les usages, et notamment la production d’électricité mais aussi la navigation, la pêche, les loisirs.

La fonte des glaciers terrestres prive les régions voisines d’un stockage pérenne d’eau qui permet d’alimenter les rivières jusqu’à l’été. La diminution de l’épaisseur des calottes glaciaires arctiques et antarctiques menace les littoraux. Dernier effet délétère, les tourbières et zones humides réservoirs de biodiversité et acteurs essentiels de rétention de l’eau s’assèchent. On estime ainsi qu’au cours de ces cent dernières années, la planète a perdu la moitié de ses zones humides. Les effets de l’activité humaine font figure de coup de grâce. Les rejets en nutriments issus d’une fertilisation non raisonnée des cultures provoquent la prolifération d’algues qui consomment l’oxygène dissous et prive toute vie aquatique des moyens de respirer. Si ce phénomène a bien été identifié et combattu dans les pays européens par exemple depuis les années 1980, il n’en est pas de même dans les pays en voie de développement et notamment en Chine où 60% des lacs sont asphyxiés par l’eutrophisation. Aux Etats-Unis, affirme le rapport, les coûts des dommages attribués à ce phénomène sont estimés à un peu moins de 2 milliards d’euros par an.

La bonne nouvelle – il y en a une – c’est que l’humanité à en main tous les moyens de résoudre ces questions difficiles. Les 17 Objectifs pour le développement durable (ODD) adoptés par tous les Etats en 2015 ont presque tous une incidence sur la gestion de l’eau. Faire en sorte que les 2,2 milliards d’hommes privés d’accès à une eau potable sûre et les 4 milliards ne bénéficiant pas d’un système d’assainissement fiable en soient dotés à la fin de la décennie aura un impact sur la lutte contre le changement climatique, l’éradication des maladies hydriques, virales et bactériennes, la sécurisation de l’approvisionnement alimentaire et la réduction de la malnutrition et de la faim par la généralisation de systèmes d’irrigation des cultures efficients, l’amélioration générale des conditions de vie. Le lien s’est d’ailleurs fait naturellement au sein des Etats. La plupart des contributions nationales pour lutter contre le changement climatique comporte des chapitres sur l’amélioration de la gestion de l’eau.