«The Little Things» : Washington, Leto et Malek : du côté sombre de l’univers

Denzel Washington, Rami Malek et Jared Leto sont les têtes d’affiche d’un thriller policier campé à Los Angeles en 1990, à une époque où les enquêtes étaient menées d’une façon différente. Ayant écrit le scénario de The Little Things il y a près d’une trentaine d’années, le réalisateur John Lee Hancock (The Blind Side, The Founder) n’a pratiquement rien changé. Ou presque.

 

Pandémie oblige, les grands studios hollywoodiens se voient forcés de revoir complètement leur stratégie, sur le plan tant de l’exploitation des films que de leur promotion. The Little Things est d’ailleurs le premier des longs métrages que Warner Bros. Pictures compte lancer simultanément sur des plateformes et dans les salles encore ouvertes en Amérique du Nord en 2021.

Réunis récemment pour une conférence de presse virtuelle, les artisans de ce sombre drame, réalisé par John Lee Hancock, estimaient que la nouvelle réalité dans laquelle nous évoluons depuis près d’un an avait surtout des conséquences sur le plan humain, et qu’elles n’étaient pas obligatoirement toutes négatives.

«Je ne suis pas religieux du tout, mais je crois que sur le plan spirituel, c’est un peu comme si nous étions tous appelés à retourner au camp. Nous devons travailler sur nous-mêmes avec nos proches, réévaluer qui nous sommes, réfléchir à comment nous en sommes arrivés là», a déclaré Denzel Washington, en entrevue.

« Et se dire qu’une fois que nous pourrons de nouveau sortir à l’extérieur, il faudra faire très attention aux hommes et aux femmes que nous croiserons», poursuit-il, «parce que sinon, nous risquons de les tuer autant que nous-mêmes. Nous sommes conviés à une grande remise en question, dont nous sortirons grandis et, espérons-le, plus unis».

 

Un choix facile

Les questions auxquelles les personnages de The Little Things sont confrontés sont d’une tout autre nature, mais elles n’en laissent pas moins des traces indélébiles. Dans ce thriller policier de John Lee Hancock, Denzel Washington se glisse dans la peau d’un vétéran policier qui, sous la gouverne d’un jeune enquêteur (Rami Malek), doit partir sur les traces d’un tueur en série, non sans voir une partie de son propre passé resurgir pour l’occasion.

L’acteur, lauréat de deux Oscars (Glory en 1990 et Training Day en 2002) a souvent campé des policiers à l’écran, mais a quand même été séduit par le scénario que lui a proposé John Lee Hancock. Denzel Washington était aussi très enthousiaste à l’idée de donner la réplique à Rami Malek et à Jared Leto.

« Je dirais que la différence avec les autres policiers que j’ai incarnés est de 35 livres ! lance-t-il en riant. Pour moi, ce n’est pas très compliqué. Si ce n’est pas sur le papier, ce n’est pas sur la scène. Étant aussi un pro du site Movie Database, je me suis vite rendu compte de la qualité de tous les artisans impliqués dans ce film. Cela constitue aussi un critère à mes yeux. »

 

Une efficacité accrue

Le scénario de The Little Things a été écrit en 1992. John Lee Hancock, qui commençait alors à peine sa carrière de scénariste et de réalisateur, aimerait bien pouvoir se rappeler ce qui l’avait motivé à écrire une histoire aussi sombre à l’époque, mais il avoue avoir du mal à le faire.

«À l’époque, je vivais dans un appartement complètement vétuste à Hollywood et je présume avoir eu cette idée simplement en jetant un coup d’œil par la fenêtre ! Cela dit, j’étais déjà un grand admirateur d’histoires criminelles et de drames psychologiques. Relire un scénario écrit il y a très longtemps, c’est un peu comme revisiter les vieux cahiers de ses années d’études », a déclaré John Lee Hancock.

« Mon producteur [Mark Johnson]», poursuit-il, «m’a souvent incité à relire mon scénario au fil des ans, et je l’ai finalement fait. À ma grande surprise, je l’ai trouvé bon. Évidemment, j’ai poli certaines répliques et j’ai retiré plusieurs scènes ayant trait à la médecine légale. À l’époque où j’ai écrit le scénario, on parlait très peu de cet aspect. Maintenant, tout le monde est devenu expert en la matière en suivant les CSI et The First 48 de ce monde. Comme les explications ne sont plus vraiment nécessaires, le scénario a gagné en efficacité».

 

Une trop belle occasion

Reconnu pour être sélectif dans ses choix, Jared Leto, lauréat d’un Oscar en 2014 grâce à sa performance dans Dallas Buyers Club, de Jean-Marc Vallée, ne s’est pas fait prier pour être de l’aventure. Dans The Little Things, c’est sur le personnage qu’il incarne que pèsent tous les soupçons.

« Tous les gens impliqués dans ce projet ont fait en sorte que j’ai voulu en être, explique-t-il. C’est comme si toutes les cases étaient cochées. La seule chose qui m’a fait un peu hésiter est de me retrouver une fois de plus dans un film où je me retrouve du côté plus sombre de l’univers, mais l’occasion de travailler avec des gens d’exception était tellement belle que je ne pouvais passer à côté. Regarder Denzel et Rami évoluer est inspirant, d’autant que j’admire les acteurs qui jouent de façon physique. Denzel, tout son corps vibre quand il joue. Ce qu’a fait Rami dans Bohemian Rhapsody est extraordinaire. Ne serait-ce que grâce aux séquences où on le voit sur une scène, il méritait déjà son Oscar ! »

Rami Malek, que nous n’avons pas vu depuis Bohemian Rhapsody (la sortie de No Time to Die, de la série James Bond, a été retardée plusieurs fois), fait par ailleurs valoir le côté riche d’enseignements de sa participation dans The Little Things.

« Quand les obsessions prennent le dessus sur tous les autres aspects de la vie d’une personne, rien de très bon ne peut en être tiré. L’année que nous venons de traverser nous fait aussi réfléchir à tout cela. Il est important de se ramener aux choses essentielles.

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