La vaccination devrait débuter dès janvier en Algérie : Quel vaccin anti-Covid-19 ?

Après deux mois passés en Allemagne pour un traitement médical, le président Abdelmadjid Tebboune est rentré au pays. Il ne tardera certainement pas à reprendre ses activités au grand soulagement de la population. Un discours à la Nation est attendu pour les prochains jours dans lequel il abordera sa feuille de route pour la suite de son mandat présidentiel.

 

Que d’évènements marquants ont jalonné les premiers pas du président de la République au palais d’El-Mouradia. Sitôt installé, le chef de l’Etat a eu à lutter contre une pandémie qui a pratiquement paralysé toutes les activités humaines de par le monde. Il était question jusqu’à ce jour et à l’avenir, de la santé des populations face à un virus, la Covid-19, qui a mobilisé des gouvernements, des citoyens du monde entiers et des milliers de chercheurs et des laboratoires scientifiques, cherchant à venir à bout de ce virus le plus tôt possible pour le bien de l’humanité.

La question de la santé du président de la République occupe certainement les esprits. Le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune est arrivé mardi soir à Alger, après un séjour en Allemagne, où il avait été admis dans un grand hôpital spécialisé à la suite d’une contamination à la Covid-19. Pour rappel, le 24 octobre dernier, le staff médical de la Présidence de la République avait recommandé au Président Tebboune d’observer un confinement volontaire de 5 jours, après avoir constaté que plusieurs cadres supérieurs de la présidence de la République et du gouvernement présentaient des symptômes de contamination à la Covid-19. Le 27 octobre, le chef de l’Etat avait été admis à l’Hôpital central de l’armée à Ain Naadja à Alger. Le 28, sur recommandation du staff médical, il avait été transféré en Allemagne pour des « examens médicaux approfondis ». Dans une brève allocution à son arrivée, le Président Tebboune a déclaré « être loin du pays est une chose particulièrement délicate, notamment pour quelqu’un qui occupe un poste de responsabilité ». Les défis sont immenses pour le président et engagent une lourde responsabilité et en priorité, notamment le choix du vaccin anti-Covid et le début de la campagne de vaccination.  Pour cette dernière, il n’a aucun doute.  L’Algérie s’apprête à entamer la campagne de vaccination contre le coronavirus (Covid-19) dès le mois de janvier 2021. L’annonce a été faite, dimanche 13 décembre, par le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune via Tweeter, depuis son lieu de convalescence en Allemagne. Il reste à faire le choix du vaccin.

Face à la cacophonie qui s’est faite jour au sujet du lancement de la campagne de vaccination en Algérie et du choix du vaccin à importer,  le ministre de la Santé et de la population, Abderrahmane Benbouzid a déclaré que «c’est le Président de le République qui va annoncer le type du vaccin que va acheter l’Algérie». Auparavant, le membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus, Dr Mohamed Berkani Bekkat, a estimé qu’il était temps de commencer la vaccination contre le coronavirus (Covid-19) comme s’apprétait à le faire le fait le monde entier. Moins d’une semaine après l’annonce d’une campagne de vaccination contre la Covid-19 en Algérie dès le mois de janvier prochain,  le professeur Kamel Sanhadji, directeur de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire confirme ce rendez-vous, avant d’être recadré, tous le deux par le ministre de la Santé. Mais le choix du vaccin contre la Covid-19 n’a pas été encore fait,  malgré l’ultimatum fixé à début janvier, par le président de la République pour le  lancement de la campagne de vaccination.

 

Russe et chinois au premier rang

De passage, lundi 28 décembre, sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale, le président de la société d’immunologie a rappelé toute l’importance que prend l’aspect de la logistique dans le choix du vaccin, a indiqué que les vaccins exigeant des températures de conservation très basses étaient d’office exclus en raison de la quasi-inexistence de congélateurs assurant ces températures au niveau des structures de santé publiques. De fait, les vaccins  des laboratoires américains Pfizer-BioNTech et Moderna  sont exclus. Ils nécessitent des exigences pointues en matière  de logistiques et de conservation.

Le vaccin contre la Covid-19 que choisira l’Algérie sera-t-il russe ou chinois ? L’option russe se précise. On apprend que le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a eu, le 29 décembre 2020, un entretien téléphonique avec Mikhail Mishoustine, Premier ministre de la Fédération de Russie, souligne un communiqué du premier ministère. Les deux Premiers ministres «ont également évoqué la lutte contre la pandémie du COVID-19, en convenant de la coordination des efforts des deux pays dans ce domaine, notamment concernant le volet de la vaccination», note la même source.

Les vaccins plus conventionnels, assure le Pr Kamel Djenouhat, ne devraient pas poser de problème au système de vaccination qui est rodé aux campagnes de vaccination. Ce qui est le cas pour Sputnik V qui est le premier vaccin enregistré au monde basé sur la plateforme de vecteurs d’adénovirus humains bien étudiée.  Dans sa présentation par Le Centre national d’épidémiologie et de microbiologie de Russie, il est dit qu’il est actuellement parmi les 10 premiers vaccins à la fin des essais cliniques et au lancement de la production en masse, qui sont candidats sur liste de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). 40 000 volontaires participent à l’étude clinique post-enregistrement de Spoutnik V en Russie. Des essais cliniques de Spoutnik V ont été annoncés aux Émirats arabes unis, en Inde, au Venezuela et en Biélorussie. L’efficacité du vaccin Spoutnik V à 91,4 % a été confirmée par l’analyse des données au point de contrôle final des essais cliniques. L’efficacité du vaccin Spoutnik V contre les cas graves d’infection à coronavirus est de 100 %. RDIF en collaboration avec ses partenaires et les fabricants du vaccin augmente constamment les quantités produites.

Le coût d’une injection du vaccin Spoutnik V sera inférieur à 10 dollars pour les marchés étrangers (la dose par personne se compose de deux injections). Le vaccin sous forme lyophilisée (déshydratée) peut être stocké à une température de + 2 + 8 degrés Celsius. Plus de 50 pays ont placé des commandes d’achat pour plus de 1.2 milliard de doses de vaccin  Spoutnik V. Le vaccin destiné aux marchés étrangers sera produit par les partenaires internationaux du RDIF en Inde, au Brésil, en Chine, en Corée du Sud et dans d’autres pays. Et peut-être en Algérie, faisant ainsi l’économie le déploiement de toute une armée de personnel médical et une lourde logistique coûteuse.

Fin novembre dernier, Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a reçu l’ambassadeur de Chine en Algérie, Li Lianhe, qui a souligné «l’importance capitale» que l’Algérie attache à l’acquisition du vaccin anti-Covid-19, un selon communiqué du ministère. Une « importance capitale » qui pourrait confirmer également que le gouvernement a coché sur son programme de vaccination le vaccin chinois. Le laboratoire chinois Sinopharm a annoncé mercredi 30 décembre, que l’un de ses vaccins contre le Covid-19 était efficace à 79 %. Un chiffre inférieur à ceux revendiqués par ses concurrents américains Pfizer (95 %) et Moderna (94,1 %).

Sinopharm est le premier pharmacien chinois à communiquer des chiffres concernant l’efficacité d’un vaccin en préparation. Les autorités chinoises n’ont pas attendu longtemps pour commencer à vacciner plus d’un million de personnes à l’aide de produits qu’elles n’ont pas encore formellement validés. Toujours est-il que le président de la République ne tardera pas à annoncer le choix du vaccin et le jour du début de la campagne de vaccination.

Autre bonne nouvelle, les nombre de cas de contamination par le Coronavirus est en baisse constante depuis quelques jours. Trois cent vingt trois (323) nouveaux cas confirmés de Coronavirus, 305 guérisons et 6 décès ont été enregistrés durant les dernières 24 heures en Algérie, a annoncé, mercredi 30 décembre, à Alger, le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus, Dr Djamel Fourar.

Mohand Ouarab