Covid-19 : La campagne de vaccination à partir de janvier !

Le président, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé dimanche 20 décembre sur les réseaux sociaux, avoir instruit son Premier ministre pour réunir « sans délai » le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus « pour choisir le vaccin adéquat anti-Covid-19 et lancer la campagne de vaccination à partir de janvier prochain ».

 

L’annonce surprise  du  chef de l’Etat de vacciner en janvier  chamboule toute la feuille de route du gouvernement.  Elle met la pression sur les autorités sanitaires qui ne disposent que de quelques jours pour faire le choix du vaccin. Une lourde responsabilité portée et par le gouvernement et par le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus.

Le gouvernement n’a que quelques jours devant lui pour choisir le vaccin «adéquat» pour lancer la campagne de vaccination anti-Covid-19. Le président de la République Abdelmadjid Tebboune, a instruit, dimanche 20 décembre, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, de réunir « sans délai » le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus « pour choisir le vaccin adéquat anti-Covid-19 et lancer la campagne de vaccination à partir de janvier prochain ». Une annonce surprise qui met la pression sur les autorités sanitaires. Le choix du vaccin n’est pas encore fait.  Aucune date n’est encore, également, arrêtée pour débuter la campagne de vaccination.  Jusque-là l’approche « prudentielle » a prévalu. Le choix du vaccin et la date du début de la vaccination a suscité une polémique avant que le ministre de la Santé ne remette de l’ordre dans les rangs  du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus. Deux  membres de ce comité en cru bien faire en annonçant la  première semaine du mois en cours que « l’Algérie pourrait débuter le processus de vaccination au mois de janvier 2021. Des déclarations qui ont « agacé » le ministre le ministre de la Santé qui s’est senti obligé d’apporter certaines précisions. Pour nous, ce sera lorsque le vaccin aura été qualifié et on pourra même adopter l’attitude qui consiste à attendre que d’autres pays vaccinent. C’est une attitude de précaution. Nous attendrons que le vaccin soit éprouvé, que l’OMS le préqualifie et nous assure de sa sécurité pour nous engager », précisant qu’ « ’il pourrait y avoir plusieurs marques de vaccins et ne pas avoir à faire à un seul fournisseur, une fois que l’OMS se sera définitivement prononcée. Notre pays a préféré attendre le feu vert de l’Organisation mondiale de la santé pour se prononcer sur son choix qui portera sur le vaccin le plus efficace et se prépare ainsi à passer sa commande, sur la base des dossiers scientifiques fournis par les laboratoires en lice, mais surtout des recommandations de l’OMS, soulignera-t-il dans ses nombreuses interventions médiatiques.

 

Sans attendre que le produit soit  qualifié

Une approche réitérée par le Premier ministre Abdelaziz Djerad, dimanche 20 décembre, à partir de Médéa où il était en visite de travail, expliquant, que l’Algérie attendra que le produit soit « qualifié », tout en affirmant que « toute une logistique est en train d’être étudiée ». Cela quelques heures avant que l’annonce présidentielle ne vienne chambouler la feuille de route que s’est tracée le gouvernement. Le « sans délai » prononcé par le chef de l’Etat ne laisse aucun autre choix au gouvernement que de se lancer dans la « bataille » de l’acquisition du vaccin Covid-19. Mais avant même que ces vaccins se retrouvent sur le marché et puissent être utilisés, de nombreux pays dans le monde ont passé des commandes pour s’assurer de mettre la main sur un stock minimum de doses pour les distribuer à leur population lorsque toutes les autorisations auront été délivrées.  La Commission européenne a donné son feu vert, lundi 21 décembre, à l’utilisation du vaccin Pfizer-BioNTech dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. L’Agence européenne des médicaments (AEM) avait autorisé la commercialisation de ce vaccin déjà utilisé aux États-Unis et au Royaume-Uni. « L’Agence européenne des médicaments a évalué ce vaccin minutieusement et a conclu qu’il était sûr et efficace contre le Covid-19. Sur la base de cette évaluation scientifique nous avons procédé à son autorisation sur le marché de l’Union européenne », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, en précisant que les premières vaccinations auraient lieu entre le 27 et le 29 décembre. Les Etats-Unis ont accordé vendredi, 18 décembre, une autorisation en urgence au vaccin de Moderna contre le Covid-19, a annoncé l’Agence américaine des médicaments (FDA). Une semaine plus tôt le vaccin de Pfizer/BioNTech, a reçu le feu vert de la FDA, permettant ainsi le lancement de l’immense campagne de vaccination aux Etats-Unis. Plusieurs pays ont lancé en grande pompe ces derniers jours leurs programmes de vaccination contre le coronavirus, comme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, leaders en la matière. Le principe du premier arrivé, premier servi, sera sans doute appliqué par les firmes Pfizer/BioNTech et Moderna, l’Algérie se verra ainsi écarté, du moins en queue de liste de ces deux fournisseurs du vaccin contre la Covid-19.   Outre le fait que la logistique disponible exclut les vaccins de Pfizer et de Moderna à cause des conditions de conservation à très basse température,  l’Algérie a décidé depuis le mois d’août écoulé d’acquérir un vaccin préqualifié par l’OMS dans le cadre du Covax, mécanisme organisé par l’OMS, pour garantir l’efficacité, la sécurité, la disponibilité, les meilleurs prix et une équité dans la répartition des vaccins.

 

Vaccin russe et chinois ?

A ce jour, aucun vaccin n’a été à ce jour préqualifié par l’OMS. L’OMS et l’Alliance pour les vaccins (Gavi) espèrent pouvoir effectuer «les premières livraisons aux pays défavorisés» adhérant à Covax, dont l’Algérie,  au premier trimestre 2021, tandis que la livraison de l’ensemble de la première tranche de doses sera effectuée au premier semestre. Cette lointaine échéance semble être écartée par les autorités algériennes qui « privilégieraient » l’option production locale du vaccin Covid-19. Début décembre, le ministre délégué à l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a assuré que « l’Algérie a les capacités de produire le vaccin contre le coronavirus », sans donner plus de détails sur le vaccin. Deux pays sont sur les rangs : La Russie et Chine, deux Etats  avec lesquels notre pays entretien d’excellentes relations dans tous les domaines. La Russie, est en contact avec les autorités algériennes concernant la question du vaccin Sputnik V. Elle a annoncé qu’une cinquantaine de pays, notamment africains, allaient fabriquer ce vaccin. L’offre de service a été appuyée par l’ambassadeur russe Alger. Les chinois se font plus discrets. Les entreprises chinoises bien avancées dans la recherche, en l’occurrence, Sinopharm et Sinovac et les russes avec Sputnik V pourraient être les fournisseurs exclusifs du vaccin anti Covid-19, avec l’avantage d’être produit localement. Un avantage comparatif qui ferait l’économie d’engager des moyens humains et logistiques aussi lourds que couteux. Il ne reste  donc, alors que les vaccins russe et chinois autorisés dans leurs pays respectifs avec un accord de mise sur le marché d’urgence, mais non encore requalifié par l’OMS.  Il reste que « Quel que soit le vaccin qui est choisi, le marché s’est beaucoup rétréci par notre indécision parce que nous avons marqué des temps d’arrêt en disant que nous attendons tel organisme ou tel autre », a déclaré le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président de l’Ordre des médecins et membre du comité scientifique. Le mardi 22 décembre, lors d’une réunion présidée par le Premier ministre, annonce a été faite que le « comité scientifique a d’ores et déjà arrêté une short liste des laboratoires développeurs de vaccins et que les contrats sont en cours de finalisation pour les premières livraisons ». Elles se feront sans doute dès les premiers jours de la nouvelle année entamée. Suivra, dans l’ordre des choses, le début de la campagne de vaccination dont le feu vert sera donné par un « politique » pour la symbolique.

Mohand Ouarab