COVID-19 en Algerie – Choix du vaccin et début de la vaccination : « Une démarche très prudentielle » !

Le chemin qui mène à la vaccination contre la Covid-19 s’éclaircit. Les autorités du pays ont tracé la feuille de route. Prudence et réalisme, sont les maîtres-mots qui guident les pas qui seront franchis désormais, jusqu’au feu vert qui sera donné par l’Organisation mondiale de la Santé par la validation des vaccins qui lui seront proposés par les laboratoires ou les pays ayant mis au point le produit.

 

Selon la Dr Lylia Oubraham, représentante de l’OMS en Algérie, « les pays membres du Covax commenceront la vaccination Covid-19 avant juin 2021». C’est donc, selon cette déléguée qui intervenait mercredi dernier sur la chaine satellitaire Echourouk News, entre le mois d’avril et mai que l’OMS donnera le starter pour débuter une vaccination anti-Covid-19 à grande échelle de la population, du moins pour les pays membres du Covax, (mécanisme mondial de partage des risques pour l’achat groupé et la distribution équitable de futurs vaccins contre la Covid-19) auquel l’Algérie a adhéré.

Des pays comme le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine et la Russie, certains pays arabes, ont entamé leurs campagnes de vaccination contre la Covid-19. D’autres s’apprêtent à le faire dans les prochains jours. Les pays membres de l’Union Européenne, pour leurs parts, ont décidé de commencer la vaccination anti-Covid-19 «le même jour»,  a indiqué, Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Un «même jour» qu’elle s’est abstenue d’annoncer.

En Algérie, le gouvernement n’a pris aucune autre décision dans ce dossier qui a alimente la polémique depuis plusieurs mois. Le ministre de la Santé, le Pr Benbouzid a affirmé, récemment, que l’Algérie était encore en phase de choix du vaccin contre la Covid-19, précisant qu’aucun parmi les plus avancés n’a été sélectionné ou éliminé. «Nous sommes dans une stratégie de choix, de sélection et de classement des vaccins en fonction de plusieurs paramètres. Le premier paramètre c’est celui de la nature et la qualité du vaccin, celui qui donne les meilleurs résultats, qui est ou qui serait prouvé, qualifié et adapté à nos moyens», a résumé le ministre dans un entretien à TSA, précisant que le choix du vaccin, «est du ressort des hautes autorités du pays, à savoir le Premier ministre ou le président de la République». «Nous établirons un rapport qui sera fait par les spécialistes (…) et lorsque le choix du comité scientifique aura été fait, nous le remettrons à l’arbitrage du Premier ministre, et c’est lui ou le président de la République qui annoncera le vaccin et la date» du début de la campagne de vaccination contre la Covid-19, a-t-il ajouté.

Des déclarations qui ont le mérité d’être claires et de remettre les pendules à l’heure. Du conditionnel du Dr Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’épidémie de Covid-19 qui a déclaré que «les premières opérations de vaccination pourraient débuter dans le courant du mois de janvier», revoilà le retour au réalisme, nonobstant l’immense espoir qu’à susciter cette déclaration au sein de la population algérienne qui nourrissait le vœu de voir la fin de la Covid-9. Le Pr  Kamel Sanhadji, le président de l’Agence nationale de le sécurité sanitaire lors de son intervention sur les ondes de le radio locale de Sétif, le vendredi 4 décembre, a émis le même pronostic que son collègue, le Dr Bekkat Berkani. Le professeur Kamel Sanhadji, a assuré  que, «si tout se passe comme prévu, l’opération de vaccination contre la covid-19 débutera en Algérie dans un mois», et qu’«elle s’organisera en lots». Le même responsable a indiqué que «le vaccin que va acquérir l’Algérie sera connu dans les jours à venir», affirmant, dans le même sens, qu’ «aucun vaccin non autorisé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne sera acquis».

 

Une attitude de précaution

Depuis que d’eau a coulé sous les ponts. Ces deux responsables, qui semblent être allés vite en besogne, ont procédé à un rétropédalage, recadrés qu’ils étaient par le ministre de la Santé qui relève que «quelques pays ont engagé la vaccination pour un nombre réduit (de personnes-Ndlr)). Ils sont souverains. Pour nous, ce sera lorsque le vaccin aura été qualifié et on pourra même adopter l’attitude qui consiste à attendre que d’autres pays vaccinent. C’est une attitude de précaution. Nous attendrons que le vaccin soit éprouvé, que l’OMS le préqualifie et nous assure de sa sécurité pour nous engager», précisant qu’«il pourrait y avoir plusieurs marques de vaccins et ne pas avoir affaire à un seul fournisseur, une fois que l’OMS se sera définitivement prononcée. Notre pays a préféré attendre le feu vert de l’Organisation mondiale de la santé pour se prononcer sur son choix qui portera sur le vaccin le plus efficace et se prépare ainsi à passer sa commande, sur la base des dossiers scientifiques fournis par les laboratoires en lice, mais surtout des recommandations de l’OMS».

Le Pr Benbouzid a souligné, cependant, que l’Algérie était d’ores et déjà préparée aux vaccins qui présentent une facilité de conservation et d’utilisation, estimant que «si c’est un vaccin similaire à celui que nous avons l’habitude d’utiliser, il n’y a aucun problème. Nous avons vacciné 10 000 enfants en une semaine». Il reste, selon le ministre, que les services sanitaires vont également étudier la piste des vaccins qui nécessitent une logistique lourde et une utilisation beaucoup plus difficile, comme c’est le cas du vaccin de Pfizer- BioNTech qui doit être conservé à -70° voire -80°, sans compter la très lourde logistique pour son transport. «Nous nous sommes engagés avec un certain nombre de pays pour l’acquisition tous ensemble du meilleur vaccin dans les meilleurs temps. Nous sommes actuellement dans une conférence avec des pays africains regrouppant 1 500 participants. Cette démarche, nous l’avons engagée depuis le mois d’août, à l’instar des autres pays. Nous avons reçu des ambassadeurs et des représentants des firmes pharmaceutiques et nous avons fourni nos conclusions au Premier ministre. Nous avons pris l’engagement dans le système Covax (relevant de l’OMS) qui nous assure que 20 % (du vaccin), le reste consiste en des achats bilatéraux», a développé le Pr Benbouzid qui a par ailleurs annoncé que le vaccin sera gratuit pour tous les Algériens.  «Mon pays a une médecine gratuite, pourquoi voudriez-vous qu’on fasse payer les gens ? Donc, forcément le vaccin sera gratuit», a-t-il déclaré.

D’ailleurs, ce sera le cas dans bon nombre de pays étrangers qui ont commencé la campagne de vaccination qui sont, selon la Dr Lylia Oubraham, soit des pays producteur du vaccin, soit des laboratoires de recherche de ces pays qui ont investi des sommes colossales dans la recherche du vaccin et qui sont doublement affectés, économique et social, par la pandémie de Covid-19. La feuille de route pour l’Algérie est ainsi tracée.  Elle se résume en l’observation du réalisme et efficacité qui garantissent la sécurité et la santé de la population.

Mohand Ouarab