Année scolaire 2020-2021 : L’école à l’épreuve de la Covid-19

Depuis la rentrée scolaire le 21 octobre, plusieurs mesures d’hygiène ont été adoptées pour lutter contre le coronavirus dans les écoles.  C’est ainsi que toutes divisions pédagogiques (classe d’élèves) ont été scindées en deux. Il est en effet recommandé de garder une distance de sécurité entre les enfants. Chaque élève occupe donc seul une table entière.

 

Une situation a eu un effet bénéfique, selon les enseignants et les parents d’élèves,  sur les résultats des élèves qui  disent mieux comprendre et «ingérer» les cours. «Les élèves ont plus envie de travailler, de participer aux cours et s’appliquent mieux.  C’est un con stat agréable pour un professeur», dit une professeure dans une école primaire d’Alger- centre. Elle est même étonnée  de constater les efforts déployés alors qu’ils vivent cloitrés chez-eux à cause de l’épidémie du Covid 19. Elle ajoute : «Je m’attendais à un relâchement de leur part avec tout le stress qu’implique cette difficile période de pandémie».

Mais ce n’est pas l’avis de Omar Belhadj, un psychopédagogue qui rejette d’un revers de la main les croyances qui parlent de la vulnérabilité des enfants. « Ils ont leur monde et dans ce monde propre à eux, ils savent faire face aux obstacles». Il revient sur les conditions exceptionnelles de la reprise des cours cette année et estime que les décideurs doivent prendre en considération les enseignements qu’ils tireront de cette rare expérience. « Tous les enseignants remarquent que les élèves travaillent mieux. Ce n’est pas le fait du hasard car il ne faut pas oublier qu’ils sont dans des classes non surchargées. Ils peuvent mieux écouter leurs professeurs et mieux assimiler les cours. Il y a aussi le fait que les programmes sont très allégés», conclue-t-il.

Sur un autre volet, les élèves sont confrontés a un problème d’emploi du temps. C’est dans le secteur primaire que ce phénomène est plus perturbant. Au début, les élèves avaient 3h15 minutes de cours tous les jours. Les enseignants se sont plaints et il a été décider qu’il n’y aura classe pour les élèves qu’une fois tous les deux jours à raison de 4h15 minutes, le matin ou l’après midi, mais les écoles seront ouvertes tous les jours y compris les samedis. Se pose alors pour certains enseignants la difficulté de trouver un moyen de transport le samedi. « Les transports publics ne circulent pas les week-ends et je n’ai pas les moyens de payer un taxi tous les samedis pour me rendre au travail», dit une enseignante qui travaille dans une école située à 10 kilomètres de son domicile. Ce problème a amené les autorités, depuis le 22 décembre, à fermer les écoles les samedis, c e qui ne manquera de chambouler encore une fois l’emploi du temps des élèves. «Ce sont ces genres de changement qui peuvent perturber les enfants. Ces changement d’emploi-du-temps ne sont pas fait pour les rassurer», déclare Omar Belhadj.

 

Des élèves grelottent de froid

Avec l’hiver qui s’installe, la question du chauffage se pose. Dans les écoles primaires il y a les chauffages au gaz ou le cas échéant des appareils utilisant du mazout. Les collèges et les lycées profitent, eux, du chauffage central. Mais dans certaines régions du pays, les choses ne sont pas aussi idylliques et les élèves grelottent de froid en hiver, notamment au niveau de certaines communes dépourvues de gaz de ville.

Sur le papier, toutes les classes  sont chauffées. Mieux encore, toutes les classes du sud du pays sont climatisées, car dans cette partie du pays, il fait trop chaud dès le mois d’avril. Pourtant, le chauffage ne fonctionne pas toujours partout. Dans les établissements situés dans les communes reculées, il arrive qu’il y ait des pénuries de mazout, surtout à cause du manque de moyens financiers dont souffrent certaines municipalités. D’autres fois, ce sont les moyens pour transporter le mazout qui font défaut. Le manque de chauffage peut être dû aussi au manque d’entretien des appareils de chauffage. Il ne faut pas oublier qu’un poêle à mazout a explosé en plein cours dans une classe de l’Ecole primaire Madani El-Sedik dans la commune de Sidi Aïssa dans la wilaya de M’Sila. L’explosion n’a heureusement fait aucune victime, mais a provoqué la panique chez les élèves.

 

Une année scolaire de deux semestres.

L’année scolaire 2020/2021 est particulière. « Parasitée » par l’épidémie du Covid 19, elle n’a commencé que le 21 octobre 2020  pour les élèves du primaire.  Les collégiens  et les lycéens ont repris le chemin de leurs établissements, le 14 novembre. Avec un tel retard, les responsables du département de l’Education nationale ont dû passer des nuits blanches pour trouver des solutions pour sauver l’année scolaire. Il y avait, en effet, plusieurs équations à résoudre. Et en premier lieu, ouvrir les écoles dans les meilleures conditions. «Les mesures barrières contre le Covid 19 devaient êtres appliquées et respectées par les élèves et les enseignants. Pour cela il fallait mettre à la disposition de tout le monde  les moyens nécessaires comme les solutions hydro-alcooliques», dit un directeur d’école primaire  qui a participé dans une commission ministérielle  chargée d’alléger le programme.   Bien avant la reprise des cours, les responsables du département de l’Education savaient que les programmes ne pourraient pas être terminés. Il a alors été décidé d’axer les programmes sur les cours les plus importants. Il a été décidé aussi, malgré maintes contraintes, de faire une révision du troisième trimestre de l’année écoulée et entamer ensuite les nouveaux programmes. Les élèves ont été perturbés au début, mais se sont vite adaptés à la nouvelle cadence. «Mes élèves ont mis du temps avant de  s’adapter, mais ils ont fini par se mettre au travail. Ce n’est pas facile pour un enfant de huit ans  de supporter tant de stress», dit une enseignante du primaire. Les élèves reconnaissent que cette année leur scolarité n’est pas de tout repos. « Ce n’est pas facile de rester quatre heures dans la même classe et avec la bavette. Il m’arrive d’avoir des difficultés à respirer», affirme un collégien de Saoula.

Les devoirs et les compositions auront lieu entre le 20 décembre 2020 et le 4 mars 2021. Les élèves auront une semaine de vacances du 28 janvier au 6 février 2021. Ils auront un programme allégé, car l’année ne comprendra que deux trimestres de cours. « L’année scolaire est perturbée. Les responsables ont tenu à remettre les enfants au travail pour les maintenir dans l’ambiance scolaire», dit un professeur d’arabe au collège de Saoula.

Saïd Ibrahim