Lutte conte la Covid-19 : Le vaccin arrive !

Encore  un autre record battu. Le pic de contaminations à la Covid-19 est au plus haut niveau, mardi 24 novembre 2020. Mille cent trente-trois (1133) nouveaux cas confirmés de Coronavirus, 649 guérisons et 15 décès ont été enregistrés durant les dernières 24 heures en Algérie, a annoncé, à Alger le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus, Dr Djamel Fourar. Mais des annonces venant des quatre points de la planète, suscitent un immense espoir. Le vaccin Covid-19 arrive ! Il est attendu, pour les prévisions le plus optimistes, au second trimestre de l’année 2021.

 

Finalement, il arrive plus bien plus tôt que prévu. Le vaccin Covid-19 sera commercialisé au cours de la deuxième quinzaine du mois de décembre prochain, du moins aux USA et en Europe. Pour les autres pays, ce sera un peu plus tard. «Il y a maintenant un réel espoir que les vaccins, en combinaison avec d’autres mesures de santé publique éprouvées, contribuent à mettre fin à la pandémie», a déclaré lundi, 23 novembre 2020, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

La déclaration du chef de l’OMS a été faite après que la société pharmaceutique AstraZeneca a annoncé que son vaccin COVID-19, développé avec l’université d’Oxford, était efficace à 90%. C’est le troisième grand fabricant de médicaments après Pfizer et Moderna à avoir communiqué des données sur un éventuel vaccin COVID-19. «L’importance de cette réalisation scientifique ne saurait être surestimée. Aucun vaccin dans l’histoire n’a été développé aussi rapidement que celui-ci. La communauté scientifique a établi une nouvelle norme pour le développement des vaccins», a-t-il ajouté.

Le patron de l’OMS a souligné que la communauté internationale devait maintenant établir une nouvelle norme en matière d’accès, car «l’urgence avec laquelle les vaccins ont été mis au point doit aller de pair avec la même urgence à les distribuer équitablement». Dance ce sens, l’OMS a créé l’Accélérateur d’accès aux outils contre le COVID-19 pour soutenir les efforts mondiaux de développement de vaccins, de diagnostics et de thérapies, et a rejoint à ce jour 187 pays dans le COVAX, une organisation destinée à faciliter l’achat et le déploiement des vaccins en garantissant des prix, des volumes et un calendrier abordables pour tous les pays.

Ces dernières semaines, les résultats de plusieurs vaccins ont été annoncés avec une efficacité supérieure à 90 %. Le vaccin de Pfizer et BioNTech revendique ainsi 95 % d’efficacité, celui de Moderna affiche 94,5 % d’efficacité et les essais du vaccin russe, bien que portant sur un moindre échantillon, promettent une efficacité de 92 %. Au total, 48 candidats vaccins sont en cours d’essai clinique dont 10 ont commencé la phase 3, dernière étape avant une autorisation de mise sur le marché.

Selon Moncef Slaoui, responsable scientifique de l’opération Warp Speed, l’opération montée par le Président Donald Trump pour vacciner la population américaine, deux vaccins pourraient être autorisés par l’Agence américaine des médicaments (FDA) dans la première quinzaine de décembre. Selon le patron de l’OMS, quelque 4,3 milliards de dollars sont nécessaires immédiatement pour soutenir l’achat et la fourniture en masse de vaccins, de tests et de traitements, tandis que 23,8 milliards de dollars supplémentaires seront nécessaires l’année prochaine. «Le Fonds monétaire international (FMI) estime que si les solutions médicales peuvent être mises à disposition plus rapidement et plus largement, cela pourrait conduire à une augmentation cumulée du revenu mondial de près de 9.000 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2025», a-t-il indiqué.

L’Algérie, confrontée à une recrudescence inquiétante des contaminations au coronavirus, va se procurer le vaccin anti-Covid-19 «indépendamment de son prix», avait fait savoir récemment, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid.

 

Les prix selon l’efficacité

L’Algérie «n’importera aucun vaccin dont l’innocuité et l’efficacité ne sont pas assurées dans le pays producteur, conformément aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune», a ajouté le ministre de la Santé, cité par l’APS. Dans ce cadre, il a révélé avoir reçu les ambassadeurs et les responsables de laboratoires des pays producteurs du vaccin contre la Covid-19 afin d’étudier les modalités d’importation de ce vaccin, qui sera soumis aux recommandations du comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus «indépendamment de son prix», car, a-t-il dit, «protéger la santé des citoyens n’a pas de prix».

Pour sa part, intervenant sur les ondes de la Radio nationale, Fawzi Derrar, directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), a souligné que l’Algérie avait engagé des négociations avec les laboratoires américains Pfizer et Moderna, dont les recherches sont, selon lui, «en stade avancé et avec des résultats préliminaires encourageants».  «L’important pour nous, c’est d’avoir les premiers vaccins» pour l’ensemble de la population, en priorisant les personnes à risque, à savoir les blouses blanches, les personnes âgées ainsi que les malades chroniques», a-t-il déclaré, rappelant «l’engagement» du gouvernement à acquérir ce produit «au moindre coût» grâce au système Covax englobant plus de 180 pays.

Justement, les prix, eux, arrivent aussi. Après l’annonce de vaccins contre la Covid-19 et les pourcentages d’efficacité, les laboratoires internationaux présents sur le marché annoncent leurs prix. Notre confrère, l’Expression, a rapporté, lundi 23 novembre, que le prix du vaccin russe Spoutnik V, dont l’efficacité annoncée est de 95%,  a été révélé. «Il coûtera moins de 20 dollars par personne à l’étranger», a précisé l’agence Reuters qui a repris un communiqué officiel du fabriquant russe.

Petites précisions a expliquer avant de continuer : Pourquoi «par personne»? En effet, les différents vaccins contre la Covid-19 comportent deux doses injectables, d’où la mention «par personne». Et pourquoi «à l’étranger»? Tout simplement parce que le vaccin sera gratuit pour la population russe. En sera-t-il de même pour les Algériens ? En tous les cas le vaccin antigrippal, quand il est disponible dans les officines pharmaceutiques, beaucoup  moins cher que le vaccin Covid 19, n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.

Toujours concernant le chapitre prix, selon notre confrère qui se source à l’agence Reuters, le laboratoire britannique «Astrazeneca» a annoncé que son vaccin, efficace à 70%, coûtera «2,50 euros la dose». Soit 5 euros par personne. Dimanche 22 novembre, c’était le laboratoire américain «Moderna» qui a annoncé que le prix de son vaccin se situera entre «25 et 37 dollars la dose». Avant lui Pfizer et BioNTech ont annoncé mettre leur vaccin sur le marché à «19,50 dollars la dose». Le journal «Financial Times» a annoncé de son côté que le vaccin «Johnson&Johnson» sera au prix de «10 dollars la dose». Au même prix que le vaccin de Sanofi-GSK. Le taux d’efficacité de ces vaccins se situe entre 90 et 95% selon leurs fabricants.

Comme toute marchandise, il y a le premier choix et les autres : le moins cher est le moins efficace. Quant aux autres fournisseurs c’est plutôt variable. Voilà ce qu’a déclaré le DG de Moderna, selon notre confrère l’Expression,  à propos des prix : «Le prix par dose de vaccin de 25 à 37 dollars (varie) selon la quantité de la commande. C’est un prix raisonnable, compte tenu du coût pour le système de santé lorsqu’une personne tombe gravement malade avec la Covid-19». Il est utile de rappeler la déclaration du ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, à savoir que «l’Algérie n’importera aucun vaccin dont l’innocuité et l’efficacité ne sont pas assurées dans le pays producteur, conformément aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune». Il reste à espérer que le groupe Covax de l’Unicef dont l’Algérie fait partie « jouent » serré pour tenter d’obtenir le meilleur vaccin au meilleur prix pour les pays ne faisant pas partie du groupe des « Grands pays ». En somme, les deux tiers du monde.

Mohand Ouarab