Vaccination contre la grippe saisonnière : «Impérative» pour les personnes à risque

Le Directeur général de la Prévention et de la Lutte contre les maladies transmissibles, Dr Djamel Fourar, a insisté, mardi 3 novembre à Alger, sur «l’impératif» de la vaccination contre la Grippe saisonnière pour les personnes à risque, soulignant la conjoncture sanitaire actuelle liée au Coronavirus, à l’origine d’une «pression» sur les structures de santé publique.

 

«Le vaccin antigrippal est indispensable aux personnes à risque. Comme en 2019, cette année, nous avons enregistré une pression sur ce produit, d’autant que les unités publiques de soins sont déjà en souffrance en raison de la pandémie de la Covid-19 face à laquelle il y a un déficit en personnels de soin», a déclaré Dr. Fourar, lors d’un point de presse, à l’occasion du lancement officiel de la campagne nationale de vaccination, organisé au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.

Et de détailler les catégories de personnes à risque, à savoir les personnes âgées de 65 ans et plus, les adultes et enfants présentant une pathologie chronique et celles souffrant de cardiopathies, d’affections pulmonaires chroniques, métaboliques (diabète, obésité, etc), d’affections rénales, les femmes enceintes, les professionnels de la santé, etc.

Soulignant «la dangerosité» de la Grippe saisonnière, il a rappelé que ses complications ont coûté la vie, en Algérie, à 20 personnes en 2019 et à 26 autres en 2018, alors qu’elle est la cause de 650.000 décès annuels au monde, faisant savoir que le vaccin adopté par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est préconisé contre 4 virus au lieu de 3 en 2019, et que dans la stratégie de celle-ci, « il n’est pas indiqué que tout le monde doit être vacciné ».

Tout en rappelant que la campagne de vaccination de la saison 2019-2020 n’a débuté que le 10 novembre, il a fait savoir que la distribution des vaccins au niveau des établissements publics de santé a été entamée cette année le 30 octobre dernier, rappelant qu’une quantité de 1.8 million de doses a été réceptionnée et, «si besoin», un second lot sera commandé ultérieurement.

Assurant qu’«aucune région» du pays ne sera «exclue» de l’approvisionnement en vaccin antigrippal, la Directrice générale de la Pharmacie au ministère de la Santé, Pr Ouahiba Hadjoudj, a souligné, de son côté, que celui-ci n’est pas «un remède» mais qu’il est préconisé seulement à titre «préventif», recommandant aux citoyens de «ne pas se faire vacciner pendant les symptômes de la grippe, mais d’attendre la disparition de celles-ci».

Tout en insistant sur le respect des «gestes barrières» aussi bien contre la grippe saisonnière que contre la Covid-19, la Sous-directrice des Maladies prévalentes et des Alertes sanitaires au même département, Dr Samia Hammadi, a tenu à préciser que le vaccin contre ce type de grippe «ne protège pas contre le Coronavirus», tout en relevant «la similitude» de symptômes existante entre les deux types d’affections, la principale différence étant «la durée d’incubation».

 

Les lots reçus distribués équitablement

Par ailleurs, le directeur commercial de l’Institut Pasteur d’Algérie, Dr Abderrezak Soufi, a assuré que les lots de vaccin antigrippal reçus seront distribués équitablement au fur et à mesure de leur réception du laboratoire fournisseur.

Dans une déclaration à l’APS, le responsable a expliqué que la distribution du vaccin antigrippal à travers toutes les régions du pays se faisait conformément aux directives du ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, précisant que «le premier lot mis à disposition par la Direction de la prévention et de la promotion de la santé du ministère a été distribué à quasiment 100% à l’exception de quelques wilayas».

Et d’ajouter que «les représentants de deux de ces wilayas (centre) ont été convoqués pour recevoir deux lots en même temps».

Concernant le deuxième lot de vaccins, Dr Soufi a indiqué que l’Institut «s’apprête à approvisionner 18 wilayas», soulignant que «la distribution se fait en fonction des quantités reçues au fur et à mesure par l’Institut».

Quant aux wilayas du Grand sud, le responsable a salué les efforts du ministère de la Défense nationale pour faire parvenir les vaccins à ces wilayas, en l’absence de vols d’Air Algérie.

La wilaya de Tamanrasset a reçu deux lots en même temps, celle de Tindouf recevra bientôt son lot alors que le représentant de Bechar s’est déplacé par route pour réceptionner le lot de la wilaya, a fait savoir Dr Soufi.

Par souci d’efficacité, la réception des lots est confiée à un seul représentant par wilaya, lequel est muni des moyens permettant la conservation au froid des vaccins, a-t-il précisé.

La distribution du vaccin se fait «progressivement» selon la quantité acquise auprès du laboratoire fournisseur, a expliqué Dr Soufi, appelant à «éviter de semer le trouble» au sein de la société, la campagne étant encore à ses débuts et le nombre de cas atteints du virus est très faible.

La priorité sera accordée aux corps du secteur, aux malades chroniques, aux femmes enceintes et aux corps constitués, a-t-il rassuré, invitant ces catégories à se faire vacciner pour une meilleure protection.

S’agissant des officines n’ayant pas bénéficié des quantités habituelles au profit des malades chroniques, l’expert a expliqué cette situation par la réception progressive des lots, réitérant l’attachement de l’Institut à assurer une distribution «équitable» à tous les acteurs sur le terrain. Il a, toutefois, reconnu que le premier lot distribué n’était pas suffisant pour couvrir les besoins.

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