Pandemie : Pourquoi le Covid-19 rend plus ou moins malade ?

Asymptomatiques, grippées ou gravement malades, le coronavirus ne provoque pas les mêmes effets sur les personnes infectées. Même quand elles sont jeunes et en bonne santé. Explications.

 

Non, nous ne sommes pas tous égaux face au coronavirus. Les personnes vulnérables car âgées ou atteintes de pathologies (problèmes cardiaques, diabète, obésité) sont les plus enclines à développer une forme grave de la maladie et à nécessiter un placement en soins intensifs. Mais qu’en est-il pour les sujets jeunes et en bonne santé?

Pour eux également, le virus peut aussi bien se révéler asymptomatique qu’entraîner de graves complications. Deux exemples révélateurs, Cristiano Ronaldo, 35 ans, positif pendant 19 jours mais en pleine forme. Et le Dr. Li Wenliang, en première ligne au début de l’épidémie à Wuhan, et décédé quelques semaines plus tard à 34 ans…

Si le coronavirus recèle encore de nombreux mystères, les scientifiques se rassemblent sur un point: l’importance de la charge virale. «Le fait de nécessiter une certaine dose d’un agent pathogène pour développer une infection n’est pas nouveau. Nous l’avons constaté avec de nombreux virus», explique Erin Bromage, professeur de biologie à l’Université du Massachusetts, sur CNN.

 

La durée d’exposition, élément important

Mais l’enchainement des symptômes qui s’aggravent au fil des jours ne répond pour l’instant à aucune modélisation. Premier élément, l’infection ne dépend pas d’une somme de particules de virus qui auraient besoin de s’agréger pour provoquer l’infection. Mais le fait d’être exposé longtemps à ces particules virales renforce le risque que l’une d’entre elles atteigne la cellule.

La durée d’exposition est également fondamentale, et le niveau d’infection dépendrait également de la somme des doses virales sur un laps de temps donné. D’où l’importance de diminuer les risques en réduisant au minimum la durée des contacts entre personnes, en particulier dans les lieux clos.

 

La dimension individuelle prépondérante

Enfin, la dimension individuelle joue également un rôle prépondérant. «La quantité de virus nécessaire pour aboutir à une infection diffère d’une personne à l’autre. Une personne stressée ou immunodéficiente se retrouvera possiblement plus vite infectée qu’une autre en parfaite santé», explique encore Erin Bromage.

Dans ces conditions, il apparaît plus que difficile de définir la charge virale plus ou moins dangereuse pour l’être humain. «Sans compter que cela irait à l’encontre de toute éthique. Cela voudrait dire: exposer volontairement des hommes à des doses importantes de virus pour observer les réactions. Les personnes ne sont pas des animaux», conclut le Dr. Monica Gandhi, médecin à l’Université de Californie, à San Francisco.

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