Produits agricoles : Le prix des dattes fait…date !

En cette période d’arrière saison, les prix des fruits sont relativement élevés. La récolte d’été est pratiquement achevée, et les fruits à maturation tardive sont rares et donc à des prix onéreux. La pastèque coûte 120 dinars le kilogramme. Le melon est à 150 dinars. Par contre, le raisin est en abondance dans les marchés et son prix varie entre 100 et 200 dinars selon la variété et la qualité. Le prix des pommes et des poires demeure élevé à 300 dinars le kilogramme.

 

«Pour les pommes et les poires, il y-a toujours une sous production. Les producteurs ne plantent pas ces arbres dont l’entretien est difficile» dit un grossiste de fruits et légumes au marché de gros des Eucalyptus dans la wilaya d’Alger.

Mais la bonne nouvelle pour les Algériens en ce début d’automne, c’est l’arrivée de très grandes quantités de dattes. Le climat chaud qui a caractérisé l’été, a permis aux fruits de murir convenablement, l’ennemie de la datte étant l’humidité. «Il suffit d’un très léger taux d’humidité dans les oasis et la moisissure s’installe sur les fruits, donnant des maladies comme le Bayoudh qui  infecte  l’arbre et détruit la récolte», dit Ahmed Sahli, un commerçant en gros de dattes.

Comme les récoltes ont été abondantes, les prix ont carrément chuté. Les vendeurs sont partout et occupent tous les coins de rues. Les producteurs n’arrivent pas écouler toutes les quantités récoltées. Pis encore, il y-a d’importants stocks dans les frigos. «Des spéculateurs ont stocké d’importantes quantités de dattes depuis 2019. Comme il y a l’épidémie du Covid 19, les exportations n’ont pas été au rendez-vous. Les producteurs exhortent d’ailleurs les pouvoirs publics à les aider pour trouver une solution à ce problème», explique Boulenouar El Hadj Tahar, président de l’Association Nationale des  Commerçants et Artisans Algériens (ANCAA).

Le prix de la datte a atteint les 100 dinars le kilogramme dans les marchés populaires de la Capitale. Un vendeur au marché de Bab El Oued estime que: «les prix actuels reflètent la réalité. Les producteurs qui se présentent comme victimes ont fait beaucoup de mal à l’Algérie et aux Algériens. Si les prix ont baissé, c’est parce qu’ils n’arrivent plus à brader les dattes algériennes en Tunisie».

 

Les figues sèches à 1700 dinars  

Pour la figue sèche, par contre, il va falloir se résoudre à en prendrfe « avec parcimonie, sinon s’en passer, cette année. En effet, voila trois ans que les prix de ce fruit sec ne cessent d’augmenter.  Devenue très rares, elles sont proposées  au minimum à 1500 dinars le kilogramme, surtout que la production de la figue a connu une baisse spectaculaire.

La consommation de la figue  revêt un caractère particulier en Algérie. C’est tout un rituel qui accompagne les premières cueillettes. Ce fruit succulent pousse de préférence sur les hauteurs, sur  les terrains rocheux et exposés au soleil. C’est à partir de la fin du mois de juillet que les fruits arrivent à maturité dans les régions tempérées. C’est un fruit exceptionnel  qui mérite les honneurs de ceux qui le dégustent. Les connaisseurs se lèvent à l’aube pour la cueillette, car il ne faut jamais le consommer chaud, sans quoi il provoque des indigestions. Que de citadins ont passé un mauvais quart d’heure pour en avoir abusé à des heures chaudes de la journée.

La figue a des vertus nutritionnelles importantes. «Elle renferme majoritairement des fibres insolubles, notamment dans sa peau et ses graines. Ces dernières se gorgeant d’eau dans le tube digestif, elles évitent les selles dures et sèches et facilitent le transit intestinal des personnes constipées», explique la diététicienne Véronique Liégeois. «Les figues sèches sont encore plus efficaces, car plus riches en fibres et en magnésium, également laxatif. Mais elles sont plus caloriques : 252 kcal/100 g. Attention, elles peuvent contenir des sulfites, allergisants», explique-t-on.  «Trempée plusieurs jours dans l’huile d’olive, la figue devient un remède efficace pour les petites maladies d’hiver»

Ainsi, cette année, les amateurs de figues sèches doivent prendre leur mal en patience et attendre l’année prochaine pour se régaler. Les dernières récoltes ont été catastrophiques. Devenue très rare, son prix a connue une hausse des prix exceptionnellement onéreux.  Les figues de bonne qualité sont proposées entre 1500 et 1700 dinars.

Voila trois ans que les régions montagneuses d’Algérie connaissent de grands incendies durant l’été. Le feu a détruit des milliers d’hectares de forêts et de vergers dans les montagnes. La récolte des figues a été catastrophique et les petites quantités mises sur le marché ont été consommées fraiches. «Les conditionneurs ont été obligés d’acheter les fruits à prix fort», explique Boulenouar El Hadj Tahar qui ajoute : «Les pouvoirs publics doivent intervenir pour sauver les producteurs de figue de la ruine».

Les prix des figues sèches n’ont pas cessé d’augmenter ces dernières années, la production ayant connu une baisse spectaculaire. «En pleine saison, son prix n’est pas descendu sous la barre des 350 dinars. Je parle évidemment de la figue fraiche. Il faut plus de quatre kilogramme de figue fraiche pour avoir un kilogramme de figue sèche», dit le vendeur de dates et de figues au marché de Bab El oued.

Djafar Amrane.