Femmes enceinte : Attention aux démangeaisons

Pendant la grossesse, la peau peut tirailler, devenir sèche et prurigineuse. La plupart du temps, les démangeaisons sont physiologiques. Sous l’effet de l’imprégnation hormonale, la peau peut s’assécher. La prise de poids au niveau du ventre, des seins ou même des cuisses peut amener une tension cutanée et des vergetures qui sont elles aussi prurigineuses. Mais attention! Dans de rares cas, ces démangeaisons sont le signe d’une pathologie qui peut être grave: la cholestase intrahépatique gravidique. Certains signaux doivent alerter. Explications.

 

C’est une pathologie rare mais grave qui touche 0,5% des grossesses. Le prurit important est parfois le seul symptôme de la maladie. Il y a rétention des acides biliaires au niveau du foie (ils ne sont plus excrétés par la bile). Ils s’accumulent alors dans le sang et provoquent le prurit. Les hormones naturellement présentes chez la femme ou celles de synthèse (certains médicaments) ont un effet cholestatique, ce qui peut aggraver les choses. Cette pathologie survient, généralement, chez les femmes enceintes lors du 2e ou 3e trimestre. Certaines futures mamans développent plus facilement cette cholestase car elles présentent de facteurs de risque: une grossesse multiple, un âge maternel élevé, certaines origines génétiques (pays scandinaves, Chili),…

 

Quand consulter?

Une visite chez le gynécologue est recommandée si, pendant la grossesse, on présente des démangeaisons généralisées avec une prédominance à la plante des pieds et dans la paume des mains, des réveils nocturnes, qu’aucun produit hydratant ou apaisant ne fonctionne, un ictère (yeux jaunes),… Parfois, seul le prurit important ou localisé au niveau des mains et des pieds est présent. Si on présente un prurit invalidant, surtout s’il se déclare après la 24e semaine de grossesse, on  consulte un médecin.

 

Quels sont les risques?

Outre le côté très gênant d’une peau qui démange continuellement, la cholestase gravidique n’est pas sans risque pour la maman (risque de lésions de grattage et d’infections cutanées, d’accouchement prématuré,…) et pour le bébé (prématurité, mort in utero, hémorragie fœtale postnatale…).

 

Traitements

Lors d’un diagnostic de cholestase intrahépatique gravidique, la future maman sera suivie médicalement : des rendez-vous réguliers avec son gynécologue, la prise de médicaments qui diminuent la rétention des acides biliaires, l’arrêt des médicaments progestatifs (hormones données parfois pendant la grossesse) et éventuellement l’induction de l’accouchement vers 37-38 semaines. Si la pathologie devient hors de contrôle, une hospitalisation est nécessaire.

 

Et après?

Les mamans ayant présenté ce genre de problème sont malheureusement plus à risque de refaire un épisode de cholestase lors d’une prochaine grossesse. Elles souffriront aussi plus fréquemment de maladies du foie dans le futur (lithiase biliaire, cirrhose,…). Chez certaines d’entre-elles, les pilules oestroprogestatives seront contre-indiquées. Un suivi médical dans le temps est donc nécessaire.