COVID-19 – Recrudescence des cas de contamination : Coupable relâchement !

Trois cent vingt (320) nouveaux cas confirmés de coronavirus, 191 guérisons et 10 décès ont été enregistrés durant les dernières 24 heures en Algérie, a indiqué mercredi 28 octobre à Alger le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus, Dr Djamel Fourar. Il a terminé la lecture du bilan quotidien en soulignant que la situation épidémiologique actuelle exige de tout citoyen la vigilance et le respect des règles d’hygiène et de distanciation physique, rappelant l’obligation du respect du port du masque.

 

Juste après la diminution du nopmbre de cas de contamination, les rappels tout aussi quotidien au respect des gestes et mesures barrières que font les personnels du corps médical, quasiment au bout du rouleau, et des autorités publiques, ont été de plus en plus pris à la légère par une grande majorité de la population. On a pu constater que ni dans des commerces ni dans les espaces publics, les consignes ne sont respectées. Le déni de la pandémie de la Covid-19 est largement ancré dans l’esprit de nos concitoyens qui organisent des fêtes de mariage, interdites pourtant officiellement,  des meetings sont organisés par des partis politiques et autres associations dans des salles closes sans qu’aucun des responsables et participants ne soient tenus de se soumettre au respect des règles d’usage en ces temps de crise sanitaire.

Résultat des courses, du reste prévisible et attendu avec beaucoup d’inquiétude par les professionnels de la santé et par les autorités publiques, une augmentation très  rapide du nombre de cas de la Covid-19 en quelques jours. De médecins  mettent en garde sur le risque d’une augmentation plus prononcée du nombre de cas dans les prochains jours.  Au rythme que prend l’épidémie, une saturation des hôpitaux est à redouter, s’alarme-t-ils. Une situation à laquelle s’ajoute, une  fatigue certaine, près du burn out,  des personnels de la santé qui  n’ont pas bénéficié de repos depuis le début de l’épidémie et dont certains ont payé le prix de leur engagement et des cas de contamination enregistré parmi ces personnels dans les différentes structures de santé à travers le territoire national.

Adel Boudahdir, maître-assistant en réanimation au CHU de Blida dans un entretien au quotidien El Watan tire la sonnette d’alarme et explique la recrudescence des cas de contamination par le relâchement total et global de la population. Il regrette que même dans les administrations publiques, on remarque le même phénomène. La population, dit-il voulait fermer le livre alors qu’on vient juste de tourner une page. Pas de port correct des masques malgré leur disponibilité dans les officines et les campagnes de sensibilisation, pas de distanciation au sein de la population lors des réunions et des rassemblements, dans les cafés… Il déplore aussi que les cérémonies familiales ont repris sans application des mesures barrières, ce qui explique l’apparition de clusters dans quelques communes de la wilaya de Blida. Il y a aussi un relâchement de la part des commerçants (boutiques et grandes surfaces).

L’immunité collective est loin d’être atteinte apparemment et l’arrivée du vaccin ne semble pas être pour bientôt. Ces points-là,  assure-t-il, risquent de prolonger la durée de l’épidémie, avec malheureusement des conséquences néfastes sur notre système de santé, comme il y a le risque de provoquer beaucoup de victimes directes atteintes de Covid-19 et des victimes collatérales en rapport avec d’autres pathologies. Il pense que la campagne de sensibilisation a échoué, car elle a été confrontée à une campagne de contre-sensibilisation et des rumeurs, surtout sur les réseaux sociaux, qui sèment le doute quant à l’existence même de la maladie. On en a vu de ces «posts», sur les réseaux sociaux, qui prétendent que la Covid-19 n’existe pas et que les malades hospitalisés n’ont rien à voir avec le coronavirus, mais sont déclarés victimes de la Covid-19… Il poursuit en notant qu’il faut prendre les choses au sérieux, prendre comme exemple la Chine, qui, selon lui, a bien maîtrisé l’épidémie avec l’application strictes des mesures barrières et un système de santé puissant. On n’a pas, dira-t-il, de choix en dehors de la prévention pour éviter la saturation de nos hôpitaux et l’augmentation des décès. Certes, on parle de baisse de virulence par rapport au début de la pandémie, mais cela reste difficile à confirmer. Il s’agit là de suppositions. «Les mesures barrières doivent donc être renforcées pour limiter au maximum la transmission».

 

 Des signes perceptibles de relâchement

On n’en est pas encore là, du moins du côté des autorités du pays.  «Si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et ne l’aurait pas laissé percer le mur de sa maison», a dit le Premier ministre Abdelaziz Djerad dans son dernier discours, appelant les citoyens à redoubler de vigilance et rester «solidaires et déterminés» dans la lutte contre la pandémie, qui connaît un «inquiétant rebond» au plan international.

«Il y a nécessité de poursuivre, avec rigueur et responsabilité, la mise en œuvre des mesures de consolidation du dispositif de prévention et de lutte contre la propagation du coronavirus», indique d’autre part un communiqué des services du Premier ministre qui souligne qu’«après une maîtrise de la situation sanitaire et l’enregistrement de résultats forts encourageants, la situation montre aujourd’hui des signes perceptibles de relâchement» lesquels «suscitent la crainte d’une résurgence de clusters» et «doivent inciter, non seulement à la prudence, mais surtout à une plus forte mobilisation et un engagement de tous pour freiner la propagation du coronavirus».

Mohand Ouarab