Tennis : Un 20e titre en Grand Chelem pour Nadal

Rafael Nadal a surclassé Novak Djokovic en trois manches 6-0, 6-2, 7-5 dimanche 11 octobre, pour s’offrir son 13e sacre historique à Roland-Garros et égaler le record de 20 trophées en Grand Chelem établi par Roger Federer.

 

Djokovic en reste à 17 tournois majeurs et encaisse sa première défaite de l’année à la régulière, la deuxième après sa disqualification choc aux Internationaux des États-Unis. Il manque ainsi l’occasion de devenir le premier joueur de l’ère Open (depuis 1968) à compter à son palmarès au moins deux fois chacun des quatre titres du Grand Chelem.

« Gagner ici, c’est tout pour moi, s’est réjoui Nadal. Je ne pense pas au 20e [Grand Chelem], aujourd’hui, c’est juste une victoire à Roland-Garros, et Roland-Garros, c’est tout pour moi, j’y ai passé les moments les plus importants de ma carrière, sans aucun doute. »

« Rien que jouer ici, c’est une inspiration pour moi, l’histoire d’amour que j’ai avec cette ville et ce court est inoubliable », a-t-il ajouté.

Personne d’autre que Nadal n’a remporté plus de 11 fois le même tournoi du Grand Chelem. À 34 ans et 130 jours, l’Espagnol devient le vainqueur le plus âgé depuis son compatriote Andrés Gimeno en 1972 sur la terre battue parisienne. Et il le réalise sans perdre la moindre manche.

Son exploit lui a valu les félicitations de Roger Federer.

« J’ai toujours eu le plus grand respect pour mon ami Rafa en tant que personne et en tant que champion. [Rafael Nadal] étant mon plus grand rival depuis toutes ces années, je crois que nous nous sommes poussés l’un et l’autre à devenir de meilleurs joueurs », a écrit Roger Federer sur les réseaux sociaux.

« C’est un véritable honneur pour moi de le féliciter pour sa vingtième victoire en Grand Chelem. C’est en particulier extraordinaire qu’il ait désormais gagné treize fois Roland-Garros, c’est l’un des plus grands accomplissements du sport », poursuit le Suisse, qui a fêté ses 39 ans en août et est absent du circuit jusqu’en 2021 après une double opération au genou droit au début de 2020.

« J’espère que ce chiffre 20 est juste une étape dans notre parcours à tous les deux », ajoute Federer.

 

100e victoire

Le succès en finale de Nadal marque son 100e match gagné à Roland-Garros. Depuis sa première participation en 2005, il n’y a connu que deux défaites, en 2009 [contre Robin Söderling en huitième de finale] et en 2015 [contre Djokovic en quart de finale]. Il avait déclaré forfait avant son troisième tour en 2016.

Il n’y avait probablement pas grand-chose (rien ?) à faire contre un tel Rafael Nadal, à la fois ultra saignant, ultra précis et ultra réaliste.

 

Deux manches, six fautes

La statistique est affolante : après deux manches, le Majorquin n’avait commis que six fautes directes (deux seulement dans la première manche), tandis qu’il avait frappé 21 coups gagnants. Dans le même temps, il avait écarté trois balles de bris sur trois.

De l’autre côté du filet, il a fallu 54 minutes à Djokovic pour inscrire son tout premier jeu. Et 1 h 28 min pour empocher son deuxième !

Jamais le Serbe n’avait encaissé de 6-0 en finale du Grand Chelem.

De nouveau brisé en début de troisième manche, le no 1 mondial a fini par s’emparer du service de Nadal après 2 h 10 min de jeu pour recoller.

Mais il a perdu son engagement pour la dernière fois sur une double faute, ce qui a permis à « Rafa » de mener 6-5. L’Espagnol n’a pas tremblé pour conclure au jeu suivant, sur un as.

Nadal revient à 27-29 dans ses face-à-face avec Djokovic.

Au total, en plus de deux heures et demie, le Majorquin n’aura commis que 14 fautes directes. Djokovic, lui, a dépassé la cinquantaine (52, précisément), notamment en revers, pourtant son coup fort.

Et dire que Nadal arrivait sans repères… À la reprise du circuit ATP à la mi-août après cinq mois d’interruption forcée en raison de la pandémie de COVID-19, il avait préféré renoncer à la mini-tournée américaine Cincinnati-Internationaux des États-Unis concentrée à New York. Il n’avait repris la compétition qu’à la mi-septembre à Rome, où l’Argentin Diego Schwartzman l’avait stoppé dès son troisième match, en quart de finale.

Fallait-il y voir un symbole ? Pour rejoindre la finale, Rafa avait passé précisément 13 h 13 min sur les courts parisiens depuis le début de la quinzaine.