Rentrée scolaire 2020-2021 : Un vrai casse-tête !

Inédite sera la rentrée scolaire 2020-2021. Après près de sept mois de vacances en raison de la propagation de la Covid-19, les élèves des trois paliers de l’Education nationale ne sont pas près de rejoindre les bancs de l’Ecole. Mais, parents d’élèves, enseignants et les autorités publiques sont unanimes à reconnaître qu’il est temps de renouer avec les bancs des classes. Alors quand se fera la rentrée scolaire? Nul ne le sait au jour d’aujourd’hui.

 

Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a indiqué lors de sa dernière entrevue avec les médias que la date de la prochaine rentrée scolaire était entre les mains du Comité scientifique et du gouvernement. « Il y a des pays européens qui ont ouvert des écoles et ont repris des programmes, mais le retour du nombre élevé d’infections au coronavirus les a obligés à fermer les écoles», a-t-il souligné.

Avant  le chef de l’Etat, dans une récente déclaration sur les ondes de la Radio locale de Blida, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a indiqué que la date définitive de la rentrée scolaire «n’a pas encore été fixée», et que cela se fera «sur la base des données relatives à la situation sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19». Le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, a affirmé, dimanche 27 septembre, à Alger, que la date de la rentrée scolaire 2020-2021 n’a pas encore été fixée et le secteur se concertera avec les partenaires sociaux sur les modalités à même de mener à bien cette rentrée, et ce «par souci de préserver la santé et l’intégrité des élèves et de tout le personnel travaillant dans les établissements d’enseignement».

S’exprimant lors d’une réunion avec les partenaires sociaux du secteur, M. Ouadjaout a indiqué que la date de la rentrée scolaire n’a pas encore été fixée en raison de la poursuite de la propagation du nouveau Coronavirus, même si, a-t-il ajouté, le taux des cas confirmés est en net recul, ces derniers temps. «Nous ne voulons pas mettre en péril la santé de nos enfants, de leurs parents et de l’ensemble du personnel travaillant dans les établissements d’enseignements», a-t-il rassuré, avant d’ajouter: «C’est la raison pour laquelle nous nous concerterons autour des mesures exceptionnelles possibles, à même d’organiser la scolarité des élèves, afin que les solutions proposées soient adéquates, tout en prenant compte des spécificités de chaque cycle et chaque établissement d’enseignement en terme du nombre des élèves scolarisés».

Le ministre a affirmé que toutes les hypothèses possibles ont été étudiées, d’autant plus qu’un nombre de propositions avait été retenu pour l’organisation de la scolarité. Néanmoins, aucune décision finale n’a été prise en la matière.

Pour rappel, en juillet dernier, le ministère de l’Education nationale a appelé, dans une circulaire-cadre spécifique à la rentrée scolaire 2020-2021, les acteurs concernés à réunir toutes les conditions idoines pour une rentrée scolaire «réussie» et au lancement effectif des cours le 4 octobre prochain, dans le respect strict des mesures de prévention. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Pour  l’heure, c’est la recherche d’une voie saine pour une rentrée sans grands sanitaires qui prévaut.

 

Un protocole sanitaire strict

Dans ce cadre, le ministre Mohamed Ouadjaout a dévoilé sa feuille de route et sa vision pour la prochaine rentrée scolaire. Les principaux axes sont la mise en place d’un protocole sanitaire strict pour la préservation de la santé des élèves et du personnel  éducatif et administratif, l’adoption d’un système de double vacation pour des groupes scolaires ne dépassant pas les 20 à 23 élèves au grand maximum et réduire les occasions de regroupement des élèves en «supprimant» les récréations dans la cour.

Le ministre propose également d’écourter le week-end pour les élèves du cycle moyen et du secondaire en programmant un emploi du temps des cours sur les 6 jours de la semaine, tout en gardant le vendredi libre. Adapter les contenus des programmes d’enseignement en se concentrant sur les matières essentielles, réduire l’heure de la séance au collège et au lycée à 45 minutes et exploiter tous les locaux disponibles, y compris les laboratoires, les amphithéâtres, la bibliothèque et les ateliers pour parer au manque de salles de cours sont également envisagés pour cette rentrée. Des propositions qui ont reçu l’aval des 23 syndicats du secteur et des 3 organisations de parents d’élèves qui ont exprimé des « soucis » quant à l’applicabilité sur le terrain qui va poser problème.

Il en est ainsi de Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national des enseignants du secondaire et du technique (Cnapest), qui a insisté sur l’obligation d’accompagner ces scénarios par des mesures permettant une fluidité dans leur mise en pratique. «Dans les circonstances actuelles, quel que soit le schéma choisi pour cette rentrée, sa soumission pour étude est obligatoire avant de le soumettre au gouvernement. Cette étude doit prendre en considération tous les problèmes que nous risquons de rencontrer sur le terrain, tels que le manque d’infrastructures et la pression que vont subir les enseignants. En tant que Cnapest, nous avons proposé de faire participer tous les autres secteurs, à savoir les Collectivités locales, la Solidarité, la Jeunesse et les Sports et la Culture pour exploiter les infrastructures qu’ils possèdent au profit de l’éducation», souligne le syndicaliste, avant de rebondir sur la nécessité de profiter de cette occasion pour recruter officiellement de nouveaux enseignants et exploiter les listes d’attente.

 

Après la tenue du référendum ?

Ce qui demandera trop de temps et qui n’est pas du goût de l’Association nationale des parents  d’élèves. Son président, Khaled Ahmed,  souligne l’importance aujourd’hui d’aller vers une reprise des classes sans attendre. Selon lui, il est hors de question d’attendre le mois de novembre et préconise la date du 15 octobre pour le retour sur les bancs de l’école, relevant que  tout retard aura un impact immense sur le calendrier scolaire, notamment dans la répartition des trimestres, des vacances et des différents examens.  Problématique la rentrée scolaire à cette date !

«Le principe retenu est de reprendre les cours à la mi-octobre, mais du moment que les résultats du bac ne seront pas disponibles avant la fin du mois en question, il serait  plus intéressant de décaler encore de quelques jours, soit après la tenue du référendum sans pour autant annoncer une date, puisque celle-ci relève du domaine politique», confie un expert du Comité scientifique à un confrère. Quoi qu’il en soit, les autorités sanitaires auront à présenter et à expliquer devant le président de la République, les différents scénarios envisageables liés à la rentrée scolaire 2020-2021.

Mohand Ouarab