Corps humain : Quels sont les effets de la foudre ?

Quels sont les effets de la foudre sur l’organisme humain ? Quelles séquelles peut-elle entraîner, sachant que l’organisme est un excellent conducteur ?

 

Le nuage orageux est bourré de charges électriques avec une répartition bien spécifique : les charges positives se concentrent plutôt au sommet du nuage, les charges négatives à la base. Au sol, sous le cumulonimbus, les charges positives remontent vers la surface, attirées par leurs contraires. Lorsque des charges électriques négatives descendent du nuage, elles cherchent à rejoindre le sol au plus court : l’air étant un isolant, elles profitent de tout ce qui leur offre une moindre résistance électrique pour rejoindre le sol – comme un arbre par exemple. Or un organisme humain debout et isolé offre un bon raccourci pour cette décharge électrique descendante. Les systèmes vasculaires et nerveux seraient de bons conducteurs. La peau offre d’autant moins de résistance qu’elle est mouillée. Une simple décharge pouvant contenir jusqu’à 100 millions de volts, le foudroiement est un accident brutal pour l’homme, et ne dure qu’une fraction de seconde : «L’homme qui voit l’éclair et entend le tonnerre n’est pas celui qui sera foudroyé», écrivait déjà l’auteur romain Pline au Ier siècle après J-C.

 

Différentes manières de se faire foudroyer

L’effet de la foudre sur l’organisme humain dépend de la manière dont celle-ci l’atteint. Comme le rapportent des médecins de l’Unité de Brûlologie et Service d’Anesthésie et Réanimation du CHU de Toulouse (France) dans une méta-analyse, l’on distingue différents mécanismes d’atteinte directe, au cours desquels le courant traverse le corps. Le plus grave est le «coup de foudre direct» – quand la foudre se décharge directement sur la victime.

Il y a également le danger de l’éclair latéral (une personne au contact avec la terre s’abrite sous une structure conductrice, comme un arbre ou une tente, recevant elle même un coup de foudre direct), de l’électrisation de contact (le corps humain est en contact avec un élément conducteur lui-même foudroyé), du foudroiement par tension de pas (la foudre frappe la terre et le courant se diffuse dans le sol, autour du point d’impact), du foudroiement dans une habitation (après foudroiement des lignes téléphoniques extérieures, le courant se propage le long du réseau alentour jusqu’aux utilisateurs), et… du foudroiement collectif, lorsque le courant passe d’une personne à une autre au sein d’un groupe de personnes dense. Sans oublier qu’un individu peut aussi être atteint indirectement par la foudre (effet acoustique, effet lumineux dû à l’arc électrique, traumatismes liés à la chute ou la projection d’éléments touchés par la foudre…).

 

Des brûlures superficielles à l’arrêt cardiaque

Lors d’un foudroiement, le courant électrique traverse très rapidement le corps ou s’écoule sur la peau. La victime, notait un pompier après une intervention, «avait un point noir en dessous de la poitrine, qui indique le point d’entrée de la foudre sur elle, et un deuxième point, situé au niveau des pieds». Point d’entrée et point de sortie de la décharge qui veut gagner le sol au plus vite. Une décharge peut causer, directement ou indirectement, de nombreux traumatismes sur l’organisme humain.

Au niveau de la peau, si le courant ne touche le corps qu’en surface, il occasionne des brûlures superficielles plus ou moins graves, caractérisées par un aspect en feuilles de fougère. «Ceci pourrait être dû au trajet du courant empruntant préférentiellement les zones cutanées les plus conductrices, c’est-à-dire la microvascularisation. Il n’existe cependant aucune explication scientifiquement reconnue», expliquent les auteurs dans leur étude. Mais le courant peut aussi passer à travers le corps et générer des lésions cutanées profondes (nécroses de tissu musculaire ou osseux).

Immédiatement après l’électrocution, la victime peut présenter une asphyxie : immobilisée, la face et les extrémités cyanosées, la cage thoracique est figée, traduisant une inefficacité ventilatoire ou une véritable apnée. Si le courant électrique est passé par le cœur, elle peut être victime d’un arrêt cardiaque. «Le faciès est pâle, les pouls sont imperceptibles. Cet état de mort apparente peut se prolonger de quelques secondes puis se résoudre spontanément, sinon une réanimation cardio-circulatoire (bouche-à-bouche et massage cardiaque) est nécessaire», expliquent les médecins.

Plus fréquents que les signes cardiaques, des symptômes neurologiques sont constatés chez les victimes, allant de la simple perte de connaissance de mécanisme mal connu au traumatisme crânien, voire au coma avec lésions cérébrales. L’amnésie serait quasiment constante. Il existe également un risque important de lésions oculaires (notamment des perturbations au niveau de la vision et des atteintes cornéennes avec lésions d’opacification évoluant vers une cataracte) et auditives (une surdité de transmission due à une destruction du tympan et de l’oreille moyenne). Un foudroiement téléphonique peut associer électrisation, barotraumatisme et parfois brûlure du conduit auditif externe. Le danger de l’électrocution dépend toujours de l’intensité du courant et de la durée du passage.