Guerre des «gangs», braquages, batailles rangées dans les quartiers : A couteaux tirés !

Ce n’est pas la gâchette… facile, mais le coup est tout aussi dangereux. Le mode opératoire est… facile. Pour un oui ou un non, un individu ou plusieurs, louches, braquent sur vous un couteau bien aiguisé, si ce n’est une épée aussi longue que le bras. Il manque juste qu’ils lancent la fameuse formule d’usage : la bourse ou la vie !

 

Beaucoup de citoyens ont vécu ce scénario traumatisant au détour d’une rue ou d’une ruelle, mal éclairée la nuit. Pour des  raisons futiles aussi, des batailles rangées opposent des jeunes d’un quartier à d’autres à coups d’épées et de sabres.

Des agressions armées ou des violations de domicile pour vol se sont multipliés égalemet ces derniers temps dans les zones urbaines et dans certaines villes du pays. La quiétude ne règne plus dans la Cité. Pire ces «incivilités» se terminent souvent dans le sang. La côte d’alerte est atteinte depuis un certain temps.

Le citoyen a  peur pour sa vie, celle de ses proches et pour son bien et ce phénomène «agace» au plus haut point les autorités du pays qui redoutent que le phénomène de la criminalité, sous toutes ses formes, qui a pris ces derniers temps une ampleur alarmante, génère de graves menaces sur la sécurité publique.

L’accès facile aux armes blanches, toutes catégories, en vente libre sur les étals des marchés populaires, encourage les «durs» des nombreuses cités à imposer la loi du «milieu» en toute impunité et installer un climat de terreur par le sabre et le couteau.

Que faut-il faire pour stopper cette descente aux enfers ? Répondre par la force du droit au droit de la force ! Face à cette situation, le gouvernement a opté pour un durcissement de la législation en matière de prévention et de lutte contre la délinquance. Il a ordonné l’élaboration d’un texte de loi pour lutter contre les personnes qui participent à ces batailles, a révélé mardi, 1er septembre 2020, le ministre de la Justice Belkacem Zeghmati, qui s’exprimait devant les journalistes lors de l’installation du nouveau président de la Cour de justice d’Alger.

Un autre phénomène étranger à notre société, est celui des gangs ou des groupes de personnes qui se livrent à des batailles, en utilisant des armes blanches de toutes sortes dont des épées. Ce n’est un secret pour personne que ce comportement a un impact sur la quiétude des citoyens et favorise le sentiment d’insécurité dans les quartiers et les cités, jour et nuit.

Conscient de la dangerosité de ce phénomène, «le président de la République a ordonné la mise en place d’un projet de loi pour le réprimer», a expliqué M. Zeghmani, en ajoutant que le texte en question est en «phase finale d’élaboration».

 

La force de la loi contre le droit de la force

Les personnes impliquées dans les batailles rangées, un phénomène qui a pris de l’ampleur ces dernières années en Algérie, risquent jusqu’à la perpétuité, selon le projet d’ordonnance actuellement en préparation et qui a été débattu, dimanche 30 août 2020, en Conseil des ministres.

Présentés par le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, deux projets de loi ont été débattus et validés, ce jour-là, en Conseil des ministres. Le premier concerne la prévention contre ce phénomène et le second porte sur l’amendement du code de procédure pénale à travers des mesures répressives ayant pour «but de protéger les citoyens et leurs biens des bandes criminelles qui sèment le chaos, terrorisent les citoyens et s’adonnent au trafic de drogue en se servant de l’argent sale».

Les personnes qui participent aux batailles rangées, encourent de cinq ans de réclusion à la perpétuité, en cas d’homicide en plus d’une amende qui peut atteindre deux millions de dinars, selon le communiqué du Conseil des ministres.

Outre les peines de prison, le texte de loi propose l’interdiction, d’importer, de vendre, de posséder, de fabriquer et d’utiliser les armes blanches de type épée et poignard dans le but d’approvisionner les gangs des quartiers.

Il propose aussi d’exclure les personnes condamnées pour participation aux batailles rangées des dispositions relative à la grâce.

Pour rappel, la décision de renforcer l’appareil répressif pour lutter contre les gangs des cités, a été prise par le président Abdelmadjid Tebboune, avait révélé le 11 août le ministre de la Justice Belkacem Zeghmati.

Le phénomène est-il nouveau ? Loin s’en faut. Les rues sont devenues régulièrement le théâtre d’affrontements entre bandes rivales, alertaient déjà au début des années 2013, les services de la Gendarmerie nationale qui relèvent que l’examen des statistiques permet de noter une augmentation considérable de 20,04% en matière d’affaires de criminalité traitées par rapport au premier semestre de l’année 2012.

La violence ne cesse de prendre des proportions inquiétantes, notamment certains quartiers dans les grandes villes qui sont devenus des espaces de démonstration pour un nouveau fléau : les gangs.

Les rues sont devenues le théâtre d’affrontement entre bandes rivales de la jeune délinquance armée généralement d’armes blanches. Le lieutenant-colonel Abdelmadjid Kerdoud,  alors, directeur de la cellule de communication de la Gendarmerie nationale a tiré la sonnette d’alarme en mettant l’accent sur la montée inquiétante de la criminalité. Il a affirmé que 7 596 affaires ont été traitées au cours des dix derniers mois de l’année et la majorité des cas résolus ont été constituée d’atteintes contre les personnes et les affaires liées au crime organisé. «Trafic de drogue, violence, homicides, vols, autant de crimes qui sont, de plus en plus, le fait de jeunes, rejetés pour la plupart des cas par le système scolaire».

C’est l’une des grandes conclusions d’une étude menée en 2013 par les services du groupement de la Gendarmerie nationale (GN), de la wilaya d’Alger. L’échec scolaire est à la base de la hausse de la criminalité juvénile, et touche, principalement, les jeunes de moins de 20 ans, révèle la Gendarmerie Nationale. Cette étude, rendue publique à l’occasion d’une conférence de presse sur le bilan annuel (2013) de ce groupement, indique qu’il y a une relation de cause à effet entre l’échec scolaire et la hausse de la délinquance, notamment dans la wilaya d’Alger.

Depuis, le phénomène s’est amplifié. La crise économique et la Covid-19, plombent le climat et les relations sociales et la reprise en main de le situation «sécuritaire» dans la Cité est plus qu’urgente !

M.S.

 

 

 

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