Examens de fin d’annee au temps de la Covid-19 : Un «oral» sur le chemin de l’école

Dure, dure sera le reprise du chemin de l’Ecole. Une rentrée des classes inédite. La  voie qu’emprunteront les potaches pour cette rentrée, sera toute particulière,  étroite, semée d’embuches, minée par un virus, invisible à l’œil nu et qui peut frapper à tout moment,

si on «baisse la garde».  En avant-première, les élèves des classes d’examen auront «l’honneur» de renouer avec les bancs des classes pour subir les épreuves du BEM et du BAC.

 

Les candidats au BAC et au BEM ont repris, mardi 25 août, le chemin des classes pour renouer dans l’ambiance pédagogique. Il  était là,  le ministre de l’Education, Mohamed Adjaoud  pour  rassurer aussi bien les enseignants que les élèves.  Lors d’une  tournée dans les localités de Draria, Hussein Dey et Mohamedia, il a assisté à la première séance consacrée à «la prise en charge psychologique» des candidats. Une séance dont les élèves avaient grandement besoin après une rupture avec les bancs de classes qui a duré 6 mois et surtout pour entamer les révisions, en prévision des examens du BEM et du BAC, prévus respectivement du 7 au 9 septembre et du 13 au 17 septembre.

Le premier responsable du secteur a tenu surtout à rassurer les enseignants et les élèves sur le protocole sanitaire qui sera mis en œuvre  durant les révisions et les jours d’examens. Il a également «promis» aux candidats aux deux examens que les questions auxquelles ils auront à répondre porteront uniquement sur les leçons étudiées lors des deux trimestres de l’année scolaire.

 

Les détails du protocole sanitaire

Autant dire que se sera également, le grand «examen» pour les responsables de l’Education nationale qui se doivent de réussir à garantir la sécurité des candidats  et arriver à assurer un climat «apaisé» pour tout le monde, les enseignants, les candidats et les parents.  Un protocole des mesures de prévention des plus rigoureux a été mis au point pour les différents centres d’examens, désormais prêts à accueillir les élèves. Rien ne semble avoir été laissé au hasard dans l’élaboration de ce protocole dévoilé récemment par le ministère de l’Éducation nationale : nettoyage obligatoire des salles d’examen après les épreuves,  la disposition des tables et des chaises, la dotation des établissements scolaires de tous les moyens de stérilisation, avec, en premier lieu, la mise à disposition de solutions hydroalcooliques en quantité suffisante à l’entrée du centre et en salle de travail, à la portée aussi bien des candidats que des encadreurs, avec la nécessité qu’il y ait aussi l’eau et le savon liquide dans les sanitaires et les structures de santé.

Sur le plan de la distanciation physique, les centres d’examen ont tous été dotés de pancartes et bandes colorées, d’un marquage de couleur au sol et de barrières physiques à même d’assurer le respect de la distanciation entre les candidats, ainsi que l’affichage des consignes de sécurité, mesures préventives et sanitaires, ainsi que des mesures et gestes devant être observés. Les responsables des centres sont, par ailleurs, tenus de placer des lingettes antiseptiques pour les chaussures à l’entrée principale du centre, d’assurer l’hygiène et la désinfection permanente des sanitaires, et d’ouvrir les fenêtres des salles pour assurer une aération naturelle.

Dans le même but, mais à l’intérieur des classes cette fois-ci, il est exigé d’aménager les tables et les chaises de sorte à maintenir les candidats à une distance d’au moins un mètre les uns des autres. Inévitablement, les bavettes, les thermomètres à infrarouge portatifs, les sacs en plastique et les bacs à ordures devront être disponibles en quantité suffisante. De même, une disposition du protocole sanitaire oblige d’aseptiser les enveloppes des sujets avant leur ouverture et de demander aux enseignants de se laver les mains avant de distribuer et de récupérer les feuilles d’examen après la fin de chaque épreuve. Les mesures du protocole recommandent, également,  de n’utiliser le climatiseur qu’en cas de nécessité.

En avant-première, les fonctionnaires de l’administration ont rejoint leurs bureaux pour prépare le grand retour du monde de l’Education nationale. Puis vint le  tour des enseignants de regagner leurs postes de travail au sein des différents établissements scolaires du pays, pour «défricher» le terrain à la prochaine rentrée des classes. Ils étaient plus de 450 000 enseignants relevant des différents paliers de l’Education nationale à signer les P-V de reprise après une rupture de l’activité scolaire qui aura duré plus de cinq mois, en raison de la propagation de la pandémie de Covid-19.

Les dates de la reprise annoncées au mois de juin dernier par le ministère de l’Éducation nationale ont été donc maintenues. La Covid-19 s’est invitée par surprise, impactant sur le déroulé de l’année scolaire et  c’est dans des circonstances très spéciales que s’est déroulée cette rentrée des enseignants.

Ces derniers ont pour tâches  de préparer un schéma adapté au contexte sanitaire qui prévaut, afin de débuter sereinement la nouvelle année scolaire, dont le coup d’envoi sera officiellement donné le 4 octobre prochain.

Le personnel enseignant se chargera également de peaufiner les derniers préparatifs en vue de réussir le déroulement des examens du baccalauréat et du brevet d’enseignement moyen (BEM).

Une partie des enseignants sera mobilisée à organiser des séances de révisions pour les élèves du moyen et du secondaire qui s’apprêtent à passer ces épreuves ô combien cruciales pour leur avenir.

Administration, enseignants, élèves et leurs parents sont embarqués sur un même bateau.

De la réussite à conduire à bon port ce navire dépendra la poursuite de la feuille de route tracée par les pouvoirs publics. Les récifs sont nombreux sur ce long chemin plein d’embûches, il faut la plus grande prudence pour les éviter et sortir de l’ «épreuve» à moindre frais.

Mohand Ouarab