Evolution et propagation de la COVID-19 : La vigilance est de rigueur

 

La pandémie du nouveau coronavirus fait de la résistance et continue à sévir à travers plusieurs pays du monde. L’hypothèse de la chaleur qui devrait avoir raison de ce virus s’avère apparemment, «erronée». Malgré l’installation des fortes chaleurs depuis maintenant une ou deux semaines, le nombre de cas du Covid-19 connait pourtant, une recrudescence. Aujourd’hui, le plus redouté des scénarios est celui du risque d’aller vers une infection saisonnière de ce virus. Les experts eux, restent prudents.

 

L’été et ses fortes températures sont désormais là. Ces chaleurs parviendra-t-elles à mettre fin à la transmission du virus du Covid-19 ? Même si les médecins estiment que la chaleur et l’humidité peuvent probablement altérer la cadence de la propagation de ce virus, ils ne sont pas toutefois, certains. Compter donc sur les températures élevées de l’été pour stopper cette pandémie est illusoire.

Le président du Conseil national de l’Ordre des médecins algériens et membre de la Commission scientifique pour le suivi de l’évolution du Covid-19, Dr Mohamed Bekkat Berkani, affirme que la pandémie du Covid-19 risque de ralentir pendant la saison estivale. «Il y aura probablement une diminution de la pandémie en elle-même mais jusqu’à quand ? Personne ne saura le dire», dit-il.

Selon lui, cette hypothétique de baisse de contamination ne sera que la résultante directe de la chaleur et de l’humidité, deux facteurs favorisant un bon fonctionnement du système respiratoire chez l’être humain.

«L’arbre respiratoire : trachée et branches, qui constitue un système d’épuration, fonctionne chez l’individu de façon naturelle et évacue toutes les poussières et particules virales. Contrairement à l’hiver où le froid altère l’efficacité des centres respiratoires et favorise les bronchites et les grippes, ce système d’épuration fonctionne plutôt bien en été. Ayant le tropisme respiratoire, le Covid-19 a peu de chance de se fixer sur le plan de la physiopathologie durant cette saison. Ce qui peut probablement diminuer les cas d’affection de ce virus et bien sur les contagions entre les individus», explique-t-il.

Pour le professeur Salim Nafti, spécialiste en pneumo-phtisiologie, personne ne pourra approuver avec certitude cette hypothèse.

Il estime que l’activité du virus peut certes connaitre une trêve durant la saison estivale mais ne peut s’arrêter carrément. «Les virus sont sensibles aux variations d’humidité et de chaleur dans l’air ambiant. Ils sont bien conservés par le froid mais vulnérables aux chaleurs excessives. Leur propagation maximum se fait en automne et en hiver mais rarement, voire exceptionnellement en été», précise-t-il. Seulement pour les tuer poursuit-il, «il faut 60°C afin de faire fondre leur membrane lipidique mais la température environnementale n’atteint jamais les 60 degrés».

Insistant sur le maintient du même niveau de vigilance et surtout le respect des mesures barrières, il espère cependant, que l’été puisse atténuer l’ampleur de la pandémie du Covid-19 même si précise-t-il, «ce n’est pas une certitude».

«Il est hors de questions d’abandonner les gestes barrières. Le port de masque et la distanciation sociale doivent être respectés à la lettre», martèle-t-il.

 

Covid-19, une affection saisonnière ?

Causée par le coronavirus SARS-CoV-2, la maladie Covid-19 qui se manifeste sous une forme de pneumonie plus ou moins grave, a jusqu’à présent fait des milliers de morts dans le monde.

Face à cette pandémie qui persiste depuis des mois, des scénarios effroyables les uns que les autres sont prédits par des experts et de nombreuses questions taraudent ainsi l’esprit des scientifiques.

Le Covid-19 va-t-il coexister avec l’Homme pendant longtemps ? Va-t-on devoir apprendre à vivre avec ce virus dans les années à venir ? Peut-il devenir une infection saisonnière ?

Autant d’interrogations auxquelles les spécialistes peignent à apporter des réponses précises puisque beaucoup d’éléments demeurent encore méconnus sur ce nouveau virus.

L’hypothèse d’aller vers une infection saisonnière au Covid-19 qui frappera chaque année comme la grippe saisonnière est la plus redoutée. Peu réjouissante, celle-ci suscite certes, l’inquiétude des experts qui préconisent la prudence.

Formel, le Pr Habib Douaghi, pneumologue et allergologue au CHU de Beni Messousà Alger, assure que personne n’est capable de prédire que le SARS-CoV2 peut devenir une maladie saisonnière sans qu’il y ait une étude épidémiologique. Pour lui, tous ces scénarios catastrophiques prédits sont de «fausses informations» puisqu’on ignore encore beaucoup d’éléments sur ce nouveau virus.

Le Dr Mohamed Bekkat Berkani, lui, s’appuie sur l’exemple du SARS-CoV-1 (coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère, responsable de l’épidémie qui a sévi de 2002 à 2004) et celui du MERS (coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient ou MERS-CoV, un variant de coronavirus hautement pathogène découvert en 2012 au Moyen-Orient, provoquant en particulier un symptôme de pneumonie aiguë, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient) qui ont fini par disparaitre.

«Par le passé, le SARS-CoV-1 le MERS ont tout simplement disparu. Alors, nous ne pouvons faire de prospective pour l’instant», souligne le président du Conseil national de l’Ordre des médecins algériens et membre de la Commission scientifique pour le suivi de l’évolution du Covid-19.

Quant au Pr Salim Nafti, il note que l’analyse de tous les virus qui évoluent de manière saisonnière a révélé qu’ils ont besoin que certaines conditions soient réunies. «Les saisons d’automne et d’hiver restent les plus propices en raison du taux d’humidité qui est assez convenable pour leur évolution», dit-il.

Le spécialiste en pneumo-phtisiologie rappelle à cet effet, que le virus de la grippe saisonnière est transmis chaque année par des milliers d’oiseaux migrateurs qui se déplacent de l’Asie vers l’occident.

«Ces oiseaux transportent ainsi le virus de la grippe saisonnière qui se propage à l’être humain. Aujourd’hui, nous ne savons pas encore si les oiseaux peuvent porter le virus du CoVid-19 et le déplacer. Pour l’instant, personne ne peut dire s’il peut être transporté par des oiseaux ou par autre chose», conclue-t-il.

Katia Sari

 

 

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Enfin, il ne faut pas non plus trop compter sur l’immunité croisée. En théorie, c’est l’idée selon laquelle le fait que notre corps ait déjà appris à se battre contre d’autres coronavirus lui permettrait de faire face à une tentative d’infection par le Sars-cov2.

Si certaines études in vitro ont montré des résultats intéressants, il est beaucoup trop tôt pour en tirer des conclusions optimistes pour le monde réel.

Les chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’AP-HP et de l’Inserm ont justement analysé cette piste. Après avoir analysé les anticorps aux coronavirus courants chez des centaines d’enfants (positifs et négatifs au Sars-Cov2), ils n’ont trouvé aucune différence notable.

 

Traitements et vaccins

Cette possibilité d’une immunité naturelle écartée, comment en finir avec la maladie? Car les mesures actuelles semblent permettre de contrôler une épidémie, mais le risque de deuxième vague est toujours présent. Ce qui a changé en six mois, c’est que l’on commence à avoir une (toute petite) idée de comment traiter le coronavirus Sars-Cov2.

Après de longs et épuisants débats sur l’utilité de tel et tel médicament, les premiers essais cliniques sérieux (randomisés, en double aveugle, etc.) ont commencé à rendre de premiers résultats. Si l’hydroxychloroquine et l’association lopinavir/ritonavir semblent peu efficaces, l’anti-inflammatoire dexamethasone semble permettre de diminuer la mortalité pour les cas grave en réanimation.

D’autres pistes, comme le remdesivir, sont explorées et ont montré des résultats encourageants, qu’il convient de valider.

Quoi qu’il en soit, il faudra encore plusieurs mois pour valider l’efficacité des différents traitements, mais aussi pour créer de nouveaux médicaments (ou des combinaisons d’anciens) afin d’avoir un taux d’efficacité plus important. La bataille est loin d’être gagnée.

Et pour un vaccin, qui semble aujourd’hui l’une des principales portes de sortie définitive face au Covid-19, les choses sont encore plus compliquées.

De manière générale, développer un vaccin prend du temps, au moins une année à minima.

De plus, nous n’avons jusqu’alors jamais réussi à mettre au point de vaccin contre un coronavirus.

La bonne nouvelle, c’est que beaucoup de laboratoires travaillent sur cette piste.

Le 6 juillet, l’OMS a recensé les projets en cours. 130 candidats sont en cours de développement et 19 vaccins sont aujourd’hui testés dans des essais cliniques, plus ou moins avancés.

In Huffingtonpost.fr