Poussée de «fièvre» de la Covid-19 : On «resserre les vis»

L’Algérie a enregistré, mercredi 1er juillet 2020, un nouveau record quotidien de contaminations au Coronavirus (Covid-19), 365 nouveaux cas, depuis le début de la pandémie dans le pays. Le précédent record, établi un jour auparavant, s’établissait à quelque 336 cas de Covid-19 en 24 heures. Tout le monde s’attendait, qu’après la levée de certaines mesures de confinement, il y ait une hausse des cas de contamination. C’est le cas de nombreux pays à travers le monde en butte à cette pandémie.

 

Mais dans notre pays, depuis la semaine dernière, la hausse  quotidienne des cas de contamination est assez sensible, malgré les cris d’alarme  que pousse le personnel hospitalier alarmé par la poussée de «fièvre» de la Covid 19, entamée depuis plusieurs jours. Il n’a fallu qu’une dizaine de jours, après des premières mesures de déconfinement, pour que  l’Algérie  se retrouve confrontée à une flambée de foyers d’infection, en particulier dans certaines wilayas du Centre, de l’Est et du sud-est du pays, due selon les autorités publiques et des professionnels de la Santé au non-respect des règles de prévention par la population.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a dénoncé, lors d’un Conseil des ministres, dimanche  28 juin, «les comportements de certains citoyens qui veulent faire croire aux autre  que le Covid-19 n’est qu’un mythe à visées politiques» et a ordonné «le durcissement des sanctions à l’encontre de tous les contrevenants». Il a également exhorté le Premier ministre Abdelaziz Djerrad à prendre des mesures pour « briser la chaîne de contamination et de circonscrire les foyers épidémiques».

Trois jours après, force est de constater que les choses ont peu évolué sur le terrain, si ce n’est le communiqué, de mercredi, annonçant «une série de mesures préventives visant à endiguer la propagation de l’épidémie du coronavirus, notamment la prorogation du confinement de 20 h 00 à 05 h 00, et de rappeler l’interdiction tout type de rassemblement et de regroupement familial. Cela s’applique notamment à « la célébration de mariages et de circoncision » qui « constituent actuellement des facteurs aggravants de la propagation de la pandémie ». Le port du masque de protection, à l’intérieur du véhicule, par le conducteur et les passagers, est également obligatoire.

En outre, les activités commerciales autorisées seront soumises à des contrôles périodiques des services du ministère du Commerce, accompagnés des services des forces de l’ordre. Cette mesure intervient afin de s’enquérir du respect des mesures préventives édictées en la matière. «Les services du ministère du Commerce étaient déjà dans l’obligation de procéder à des actions de contrôle» et les opérations de contrôle se solderont, en cas d’infraction, est-il rappelé dans un communiqué des services du Premier ministre, rendu public lundi 29 juin, dans le cadre du réaménagement du confinement, par la fermeture des marchés hebdomadaires en Algérie et l’interdiction des fêtes,  par « la fermeture immédiate du commerce ». Mais aussi « le retrait du registre de commerce ainsi qu’une sanction pécuniaire ». Le but étant de « dissuader tout comportement contraire aux lois et règlements en vigueur», souligne le communiqué. L’objectif de cette attitude coercitive étant de pousser les commerçants aux respect des protocoles de prévention sanitaire. Cela se porte essentiellement sur l’obligation du «port du masque», ainsi que l’observance de la distanciation physique. Ces mesures de précaution sont obligatoires « pour toute personne qui accède à l’espace commercial ».  De nombreux commerçants n’observent pas ces mesures de précaution et encore moins le citoyen « entêté » à ne pas prendre au sérieux le risque sanitaire qu’il coure et par ricochet qu’il fait courir à des proches et à des parents âgés.

 

Qui du maire, du chef de daïra ou du Wali…

A l’échelle locale qui et quand, du maire, du chef de daïra et du wali, doit intervenir pour le respect du décret portant application des gestes barrières. Jusque-là, nonobstant quelques actions sporadiques des services de sécurité, pour mettre fin au désordre ambiant, aucune opération «sérieuse» n’a été entreprise par qui de droit, une aubaine pour tout le monde de faire ce que bon lui semble. Des marchés communaux s’activent sans que les commerçants ou les clients ne soient obligés d’appliquer les mesures barrières et ce au nez et à la barbe de la puissance publique. Des magasins ouvert aux quatre vents, leur dernier souci semblant bien être le respect des gestes barrières. Des fêtes de mariage ou de circoncision sont organisées ça et là, avec tambours et trompettes, sans oublier les pétards jusqu’à tard dans la nuit,  sans que les autorités locales trouvent à redire.

Il est bien prévu des sanctions par la réglementation, qu’est ce qui empêche donc de les appliquer  pour éviter la catastrophe à venir si l’on continue à faire l’autruche ? Fallait-t-il attendre que le président de la République ordonne de «durcir les sanctions»  pour que certains responsables sortent de leur torpeur mortifère en investissant le « terrain ».  Il y a toujours les queues devant des institutions publiques, Algérie Poste, agences bancaires, les commerces, partout où il y a «quelque chose à acheter», peu de citoyens portent le masque et quant à la distanciation sociale, «on repassera».

Aucun responsable de ces structures publiques  ne se sent concernés par le rappel à l’ordre du premier magistrat du pays et du Premier ministre. Faut-il sortir de Saint-Cyr pour organiser dans l’ordre et la discipline une «queue» devant ces structures, où existe une pléthore de vigiles. Faut-il continuer à faire acte de pédagogie pour sensibiliser la population au respect de simples mesures qui ne coûtent rien, mais qui sauve la vie ? Les appels répétés à observer les mesures de protection minimum n’ont pas eu l’effet attendu. Une autre approche porterait-elle des fruits. C’est ce que pense le Premier ministre , Abdelaziz Djerad qui a fait  savoir lundi soir que l’approche du gouvernement s’appuyait désormais «davantage sur l’échelon local à travers son implication plus forte dans le processus d’évaluation et de prise de décision en matière de mesures de confinement ciblé et de suspension temporaire des activités qui ne respectent pas les protocoles sanitaires».

Les autorités publiques ne tolèreront plus les défaillances et ces manquements entraîneront des sanctions à l’égard des responsables de ces dysfonctionnements au niveau local. De même qu’il est désormais demandé davantage de rigueur et de fermeté dans l’application des sanctions prévues par la loi à l’encontre des contrevenants aux mesures sanitaires. Une tolérance zéro à l’égard des récalcitrants qui portera certainement ses fruits.

Mohand Ouarab