Afrique : Le recul de la forêt s’accélère

L’Afrique est le seul continent au monde où le recul de la forêt s’accélère, selon les premiers enseignements d’un rapport quinquennal dévoilés jeudi 7 mai par l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

 

Alors que certains pays sud-américains sont souvent pointés du doigt pour une exploitation irraisonnée de leurs forêts, l’Amérique latine a divisé par deux le rythme de perte de ses surfaces arborées.

Alors qu’elle perdait 5,2 millions d’hectares de forêts par an entre 2000 et 2010, le solde entre la déforestation et la régénération, naturelle ou de la main de l’homme, est passé en moyenne à -2,6 millions d’hectares annuels pour la décennie 2010/2020.

À l’inverse, la perte de forêts en Afrique a accéléré entre ces deux périodes, passant de 3,4 à 3,9 millions d’hectares de forêts en moins chaque année et accentuant le triste rang octroyé au continent africain de leader de la déforestation.

 

Croissance démographique

«C’est effectivement une très mauvaise nouvelle» pour le continent africain, a commenté Anne Branthomme, experte à la FAO, qui travaille au programme d’évaluation des ressources forestières mondiales.

«Une explication, c’est certainement la croissance démographique dans la région. Beaucoup de la déforestation dans la région est due à l’agriculture de subsistance à petite échelle», a indiqué Mme Branthomme lors d’un entretien à l’AFP.

Un recul insuffisant de la pauvreté, combiné à la croissance démographique, «fait que la pression sur les forêts est augmentée, ce qui est très dommage, puisque les forêts en Afrique représentent aussi une source très importante de nourriture, de bois de chauffage, de bois énergie», a-t-elle ajouté.

Au niveau mondial, cependant, le recul de la forêt a poursuivi son ralentissement, mais cette tendance positive s’est nettement fragilisée ces dix dernières années: alors que la moyenne de perte de forêts au niveau mondial avait baissé de 2,6 millions d’hectares par an entre 1990/2000 et la décennie 2000/2010, il n’a baissé que de 0,5 millions entre cette dernière et 2010/2020, pour atteindre en moyenne -4,7 millions d’hectares annuels.

Depuis 1990, le monde a perdu 178 millions d’hectares de forêts, soit une superficie équivalente à la Libye.

Le total des forêts dans le monde représente un peu plus de 4 milliards d’hectares, soit environ 31% des terres émergées de la planète.

 

Un mois d’avril extraordinairement chaud

Par ailleurs, les températures en avril dans le monde ont été quasiment égales à celles d’avril 2016, le plus chaud jamais enregistré, selon le service européen Copernicus sur le changement climatique.

«Les températures mondiales ont globalement été égales à celles du précédent mois d’avril le plus chaud enregistré (avril 2016)», a indiqué mardi 5 mai Copernicus dans un communiqué, précisant qu’avril 2020 avait connu une température moyenne inférieure à 2016 d’un «insignifiant 0,01°C».

Avril 2020 a par contre dépassé de 0,08°C le troisième avril le plus chaud, 2019, et de 0,70°C la moyenne enregistrée entre 1981 et 2010.

Les températures les plus au-dessus des moyennes (1981/2010) ont été relevées sur les régions eurasiatique, notamment la Sibérie, au Groenland, sur l’océan Arctique, en Antarctique, sur les côtes de l’Alaska.

Elles ont également largement dépassé la moyenne au Mexique, dans l’ouest de l’Australie et sur des parties d’Afrique centrale et de l’ouest.

En Europe, les températures ont nettement dépassé la moyenne sur l’Ouest du continent, mais sont restées dessous dans le nord-est, tout comme dans le centre du Canada, ou sur des parties d’Asie du sud et du sud-est.

Après une décennie record, qui s’est conclue avec une année 2019 qui était la deuxième plus chaude jamais enregistrée sur la planète, les années 2020 ont démarré sur la même tendance.