Plus de 43 000 cas enregistrés chaque année : Le cancer : la côte d’alerte !

Le Salon d’information sur le cancer, organisé à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre ce fléau, a permis à de nombreux visiteurs d’ en savoir un peu plus sur cette maladie. Les statistiques sont alarmantes : plus de 43 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Et d’apprendre aussi qu’en Algérie, le cancer est la deuxième cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires.

 

Parmi les cas les plus répandus, il en effet existe différentes pathologies, on recense le cancer du sein chez la femme et celui de la prostate chez les hommes. Le cancer, reste classé parmi les maladies les plus dangereuses pour les Algériens. Un fléau qui va continuer à s‘étendre en Algérie dans les années à venir, selon les spécialistes présents à ce salon.

Selon ces professionnels de la santé, beaucoup de cas de cancer peuvent être évités par la population algérienne. Il suffit juste d’adopter un mode de vie sain et un régime équilibré. Pas de tabac, pas d’alcool aussi, éviter la sédentarisation et faire de l’exercice physique autant que possible, la marche ne coûte rien si ce n’est en bien physique et moral.  «Une bonne partie» des cas de cancer sont liés à de mauvaises habitudes alimentaires  des citoyens et sont évitables si l’on suit certaines consignes et une hygiène de vie saine, recommandent ces spécialistes, qui s’alarment sur le fait que malgré des progrès majeurs par la médecine dans les traitements proposés, les décès devraient eux aussi augmentés en raison des mauvaises applications des recommandations faites à la population. Les pays en voie de développement dont l’Algérie, en sont les plus sujets, selon un rapport mondial du Centre international de recherche sur le cancer.

Les statistiques montrent que près de 22 millions de nouveaux cas annuels sont attendus à l’horizon 2030 dans le monde contre 14 millions en 2012. En Algérie, les statistiques vont suivre cette évolution. La sensibilisation des populations ainsi que des professionnels de la santé n’est jamais assez suffisante pour lutter contre cette maladie dont la prévalence «progresse proportionnellement à l’espérance de vie», souligne le Pr Messaoud Zitouni, le coordonateur du Plan national cancer 2015-2019 dans une interview accordé à un confrère. Le Pr Zitouni se félicite que l’Algérie dispose aujourd’hui d’un référentiel dans la lutte contre le cancer qui met en avant l’importance de la prévention. Une priorité doit être accordée à la une lutte acharnée contre le tabac qui prend des proportions alarmantes dans notre pays. «Le tabac constitue le premier facteur de risque et je répète que certains cancers sont liés directement aux comportements des personnes et l’environnement», a-t-il souligné.

 

Le dépistage : un élément-clé dans la lutte contre le cancer

Pour les experts, le dépistage est un élément-clé dans la lutte contre le cancer et représente un levier pour déterminer l’épidémiologie et identifier les différentes localisations. C’est, pour eux,  l’un des axes fondamentaux à renforcer. Des espaces thématiques sur le cancer, des consultations de dépistage du cancer du sein, du colon, atelier sport et bien-être, des conférences thématiques, la prise en charge psychologique sont animées lors de ces trois jours du Salon d’information sur le cancer, organisé à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre ce fléau,  pour informer et sensibiliser les citoyen à l’intérêt du dépistage et au diagnostic précoce.

«Nous enregistrons chaque année de nombreux cas de cancer,  malheureusement, la majorité arrive à de stades tardifs au niveau des CAC alors que plusieurs pathologies cancéreuses qui peuvent être évitées comme le cancer du col, colorectal et la prostate qui fait ravage en Algérie  déplore Mme Hamida Kettab, secrétaire générale de l’assoction El Amel qui affiche l’ objectif de son association qui est celui « justement d’aller sensibiliser les citoyens pour pouvoir arriver à des diagnostics précoces pour une prise en charge précoce et éviter aux malades des traitements lourds». Ella lance un appel aux citoyens de  se rendre dans les unités de dépistage dans les structures de santé, notamment pour les femmes pour ce qui concerne le col de l’utérus et le sein.

L’Algérie enregistre chaque année 1134 cas de cancer du col de l’utérus, soit une incidence de 8,1 pour 100 000 habitants, a indiqué pour sa part le Pr Benlahrech de l’hôpital de Laghouat lors de la journée de formation au profit des médecins généralistes en marge du salon. Ce cancer peut être évité par un simple geste de dépistage, a-t-elle rappelé avant de signaler que la vaccination permet de réduire de manière significative le nombre de cas.

Les unités de dépistage sont effectivement installées à travers les différents établissements et services de gynécologie dans les CHU. «Il s’agit d’un examen simple et non douloureux. Il est préconisé pour toutes les femmes âgées entre 25 et 65 ans. Pour certains professionnels de la santé et nutritionniste, il faut apprendre aux citoyens les bienfaits de la consommation bio pour faire diminuer les cas de cancer qui  sui une courbe ascendante depuis plusieurs années. «Les consommateurs doivent placer avant tout le bio comme un atout santé avant même toute autre question», ont-ils souligné, précisant que la population qui consomme le moins les fruits court plus de risques de contracter un cancer du poumon. Il est prouvé également que l’incidence des cancers de l’estomac peut être réduite en diminuant la consommation d’aliments salés et conservés par le sel.  « Il y a un point important à ne pas oublier, celui de ne pas négliger d’évaluer l’influence du surpoids sur divers types de cancer», précisent-ils.

Selon une nutritionniste, « un régime riche en aliments bio baisse significativement le risque de développer un cancer du système lymphatique (lymphome non hodgkinien). Elle pense que c’est directement lié à la moindre exposition aux pesticides. Elle regrette que les habitudes alimentaires des algériens aient changé dans le mauvais sens privilégiant le recours aux fast-foods, repas froid, l’abus des sucreries orientales ou occidentales et autres habitudes alimentaires  qui sont étrangères à la société algérienne. Il suffit donc de « petits détails » pour que la vie d’un homme ou d’une femme change du jour au lendemain.  Se débarrasser des mauvaises habitudes alimentaires, faire des exercices physiques et manger …bio. Une recette « miracle pour éviter la maladie du siècle.

Mohand Ouarab