Economies de la zone Asie-Pacifique : Le coronavirus pourrait coûter 211 milliards de dollars

Le coronavirus pourrait coûter 211 milliards de dollars aux économies de la zone Asie-Pacifique cette année et faire tomber sa croissance à son plus bas niveau depuis plus d’une décennie, a averti vendredi 6 mars S&P Global Ratings, alors que les gouvernements de la région se mobilisent contre l’épidémie.

 

Dans le pire scénario, la Chine pourrait enregistrer une croissance de moins de 3 %, tandis que les économies du Japon, d’Australie et de Hong Kong pourraient « flirter avec la récession », a dit l’agence de notation financière dans un rapport.

Au moment où les investisseurs du monde entier tentent de jauger l’impact financier d’une épidémie partie de Chine, qui s’est propagée à plus de 80 pays, S&P table sur une croissance de 4,0 % dans la zone Asie-Pacifique, contre une estimation de 4,8 % en décembre. Il s’agirait de la pire performance depuis 2008, année de la crise financière mondiale.

Le virus, poursuit l’agence, pourrait coûter 211 milliards de dollars au total aux économies de la région.

« Les perspectives pour l’Asie-Pacifique sont noircies par la propagation mondiale du coronavirus », explique l’agence. « Cela va créer des chocs intérieurs pour l’offre et la demande au Japon et en Corée. Cela signifiera une moindre demande extérieure des États-Unis et de l’Europe ».

Pour les pays de la région, l’impact du coronavirus est double : leur consommation intérieure s’essouffle, car les habitants restent chez eux, et les exportations chutent, car les usines tournent au ralenti quand elles ne sont pas simplement arrêtées.

La Chine, dont l’économie souffrait déjà avant l’épidémie, pourrait enregistrer cette année une croissance de 4,8 % selon S&P, ce qui serait sa pire performance en une décennie.

Cependant, ajoute l’agence, dans le pire des cas, dans l’éventualité de nouvelles contaminations en masse au moment de la reprise des usines, et donc de la mise en place de nouvelles restrictions sur les activités, la croissance pourrait tomber à 2,9 %.

Entrée en récession l’an dernier pour la première fois depuis 2008, Hong Kong pourrait sombrer davantage.

À l’instar de Singapour, de la Thaïlande et du Vietnam, l’ex-colonie britannique pourrait être parmi les plus touchées en raison de l’impact de l’épidémie sur les revenus touristiques.

 

Transport aérien : jusqu’à 113 milliards de perte en 2020

Par ailleurs, les compagnies aériennes mondiales pourraient enregistrer jusqu’à 113 milliards de dollars de pertes de revenus dues à l’impact du nouveau coronavirus, a estimé jeudi l’Association internationale du transport aérien (IATA).

« La situation qui résulte du COVID-19 est presque sans précédent », a souligné le directeur général de l’IATA Alexandre de Juniac, dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion à Singapour.

« En un peu plus de deux mois, les perspectives du secteur dans la plupart des régions du monde se sont radicalement assombries », a-t-il observé.