Tabagisme : La cigarette, ennemie de la santé mentale

Troubles de la fertilité, maladies respiratoires, cancers des poumons… la cigarette dégrade la santé physique. Mais pas seulement. Selon une récente étude, le tabac serait aussi préjudiciable au bien-être psychologique.

 

Depuis plusieurs années, l’étude des méfaits du tabac est focalisée sur la santé physique. Et à juste titre étant donné que la cigarette coûte la vie à 3,3 millions de fumeurs dans le monde (données de l’Organisation mondiale de la Santé, en 2017). L’impact des maladies cardiovasculaires, des cancers du poumon mais aussi de l’hypertension artérielle, de la naissance de bébé de petits poids.

Et la santé mentale ? Pour le savoir, une équipe de chercheurs a suivi 2 000 étudiants, recrutés à l’Université de Pristina (Kosovo) pour le premier groupe, et à l’Université de Belgrade (Serbie) pour le second groupe.

 

Un risque accru de dépression

Résultat, au sein des deux établissements, les fumeurs étaient en moyenne 2 à 3 fois plus exposés au risque de dépression comparés aux non-fumeurs. Parmi les adeptes du tabac, 14% des jeunes souffraient de cette maladie, contre 4% chez les abstinents dans l’Université de Pristina. Des données respectivement établies à 19% et 11% chez les jeunes de l’Université de Belgrade. Le niveau de vitalité et le degré de sociabilité étaient aussi diminués chez les fumeurs.

«Cette étude reste observationnelle. Il n’est pas question de dire que la cigarette déclenche automatiquement une dépression. Mais cela permet de confirmer que le tabac impacte négativement la santé mentale».

Par ailleurs, selon une autre étude, les fumeurs courent un risque significativement plus élevé que les non-fumeurs de complications post-chirurgicales. Mais arrêter, même 4 semaines avant l’intervention, réduit ce risque.

Altération des fonctions cardiaques et pulmonaires, infections, cicatrisation retardée… les fumeurs encourent donc de nombreux risques lors d’une intervention chirurgicale. Mais une étude conjointe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Université de Newcastle, en Australie et de la Fédération mondiale des sociétés d’anesthésiologistes montre qu’arrêter de fumer plus de 4 semaines avant la chirurgie réduit les complications. En fait, chaque semaine d’arrêt diminue de 19% les dangers.

« Il peut être bon de différer une chirurgie mineure ou non urgente pour donner aux patients la possibilité d’arrêter de fumer », explique ainsi l’OMS.

 

Tabac, complications, comment ça marche ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces risques post-opératoires :

– La nicotine et le monoxyde de carbone, tous deux présents dans les cigarettes, peuvent réduire les niveaux d’oxygène et augmenter le risque de complications cardiaques.

– Le tabagisme endommage les poumons, ce qui rend difficile la circulation de la bonne quantité d’air.

– Le tabagisme atteint le système immunitaire d’un patient et peut retarder la guérison, augmentant ainsi le risque d’infection au site de la plaie.