Dermatologie : 4 idées reçues sur l’eczéma atopique

Il existe deux types d’eczéma : de contact et atopique. Ce dernier est une maladie génétique pas toujours bien comprise du grand public. Le point sur cette réaction allergique.

 

Tous les humains peuvent développer de l’eczéma de contact à tout moment de leur vie. Cette réaction allergique est causée par l’exposition répétée à des substances allergènes comme certains cosmétiques ou métaux comme le nickel par exemple, trouvé dans les boucles d’oreilles fantaisie. Mais il existe un autre type d’eczéma, moins compris par le public et source de confusion par rapport au premier : l’eczéma atopique.

L’eczéma atopique touche 3 à 5% de la population adulte des pays développés. Un sondage réalisé par le laboratoire pharmaceutique Sanofi/Genzyme révèle quelques chiffres sur les idées préconçues du grand public sur l’eczéma atopique. D’après le Pr Jean-Luc Schmutz, dermatologue et vénérologue au CHRU de Nancy, en France, c’est surtout la confusion avec l’eczéma de contact, beaucoup plus commun, qui en est à l’origine.

 

L’eczéma atopique est lié au stress

Pr Schmutz : «C’est à la fois vrai et faux. Les patients atteints d’eczéma atopique souffrent d’un défaut génétique qui affecte à la fois leur système immunitaire, trop réactif, et la couche extérieure protectrice de la peau, la couche cornée. Cette dernière souvent trop sèche est trop perméable et laisse passer les allergènes. C’est ce contact trop soutenu avec ces substances qui cause la maladie, et non le stress. En revanche, le stress fait partie des facteurs qui peuvent causer une poussée de la maladie, c’est-à-dire l’apparition de plaques rouges entraînant des démangeaisons».

 

L’eczéma atopique est une maladie chronique

«C’est vrai, même si les signes de la maladie ne sont pas toujours présents en continu, le défaut génétique est par essence immuable. La plupart du temps l’eczéma atopique se déclare bébé sous forme de dermatite atopique, qui donne notamment des joues rouges. Dans 10% des cas, ces bébés déclarent, une fois adultes, une forme sévère d’eczéma atopique, avec des poussées d’eczéma longues et agressives. Les démangeaisons sont si fortes qu’elles peuvent empêcher de dormir, on se gratte à s’en arracher la peau. Souvent, les plaques sont situées sur les mains ou le visage, et l’impact psychologique est donc important».

 

On peut guérir définitivement de l’eczéma atopique

«Le défaut génétique ne peut pas être corrigé, on ne peut donc pas guérir définitivement. De plus, lorsque l’allergie est déclarée, elle reste toute la vie. Le premier moyen de soulager les patients, c’est d’éviter les allergènes qui causent l’eczéma. La crème hydratante, en corrigeant la sécheresse de la peau, peut aider à réparer la couche cornée. La photothérapie aux UV faite chez le dermatologue peut aider pendant l’hiver, période la plus propice aux poussées. Pendant les poussées, certaines crèmes anti-inflammatoires à base de cortisone aident à soulager les patients. Enfin, pour les cas particulièrement sévères, des biothérapies en injection, qui bloquent la chaîne de réaction inflammatoire provoquée par leur système immunitaire trop réactif, leurs permettent presque de retrouver une vie normale».

 

L’eczéma atopique est lié à la pollution, et 13% au manque d’hygiène

«Comme le stress, la fatigue ou l’anxiété, la pollution est un potentiel facteur déclencheur des poussées d’eczéma, mais c’est bien le défaut génétique qui en est l’origine. Elle n’a en revanche aucun rapport avec l’hygiène et la propreté personnelle. Par contre, tout comme pour l’eczéma de contact, une bonne hygiène de vie peut aider : bannir les aliments et substances allergènes, aérer souvent, prendre des mesures contre la poussière et les acariens».