Automobile : PSA et Fiat officialisent «une fusion à 50/50 sans fermeture d’usine»

La fusion entre les constructeurs automobiles PSA et Fiat-Chrysler se fera «sans fermeture d’usine» ont assuré jeudi 31 octobre les deux sociétés dans un communiqué commun, précisant que les synergies annuelles sont estimées à «3,7 milliards d’euros».

 

Le groupe français PSA et l’Italo-américain Fiat-Chrysler (FCA) ont annoncé être tombés d’accord «à l’unanimité» pour mettre en oeuvre «une fusion à 50/50 des activités des deux groupes» afin de créer une nouvelle entité qui serait basée aux Pays-Bas. «Les actionnaires des deux groupes détiendraient respectivement 50% du capital de la nouvelle entité et partageraient donc à parts égales les fruits de ce rapprochement», précise un communiqué commun.

Le conseil d’administration serait composé de onze membres, cinq nommés par Fiat-Chrysler, cinq par PSA avec Carlos Tavares, l’actuel patron du constructeur français comme directeur général.

Par ailleurs, PSA envisage de céder ses parts au sein de l’équipementier Faurecia avant la fusion. «Avant la réalisation de l’opération, Peugeot S.A distribuerait à ses actionnaires ses 46% de parts dans Faurecia», indique le communiqué commun.

La valorisation boursière de l’entité fusionnée est évaluée à environ 50 milliards de dollars (45 milliards d’euros). Un tel rapprochement ferait entrer la nouvelle entité dans le collège des mastodontes du secteur derrière Volkswagen, l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota. Le groupe deviendrait dès lors le numéro 4 mondial du secteur.

 

Le siège du futur géant automobile fait jaser

Par ailleurs, le projet de fusion prévoit un futur siège aux Pays-Bas. De quoi soulever des questions, selon certains. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a jugé vendredi 1er novembre «objectivement scandaleux» le projet des constructeurs PSA et Fiat-Chrysler, en route vers une méga-fusion, d’implanter le siège social de leur future entité aux Pays-Bas pour des raisons «fiscales», y voyant «un premier mauvais signal». «J’ai pas compris» ce choix «et je trouve cela scandaleux», a déclaré le patron du premier syndicat français, réagissant sur Franceinfo aux annonces formulées la veille par les deux constructeurs automobiles.

«C’est une question fiscale, non?», a-t-il raillé, alors que les Pays-Bas sont connus pour leur fiscalité avantageuse. «C’est déjà un premier mauvais signal, si je peux me permettre, à moins qu’on ne m’explique qu’aux Pays-Bas il y a une raison particulière» de s’implanter «pour trois entreprises dont aucune n’est néerlandaise», a ironisé M. Berger avant d’ajouter: «C’est objectivement scandaleux».

 

«Quid de de la question sociale et de l’emploi»

Il a en revanche estimé que la fusion pouvait «être une bonne nouvelle, parce que cela donne une taille critique à une entreprise automobile française», tout en expliquant avoir «eu un étonnement» à quelques mois du «mariage» avorté entre Renault et Fiat, auquel l’État français s’était opposé.

«Quid de de la question sociale» et de «l’emploi»?, s’est en outre interrogé M. Berger, demandant «qu’un expert économique soit nommé auprès des représentants du personnel dans la phase de réflexion pour regarder» les impacts sur «les différents sites de production en France» et sur «la stratégie industrielle, demain, de PSA».

PSA et Fiat-Chrysler ont annoncé jeudi être tombés d’accord à l’unanimité sur le principe d’une fusion, où les actionnaires des deux groupes se partageraient à 50/50 le capital, au terme de diverses opérations financières. L’accord définitif pourrait intervenir «dans les prochaines semaines», selon leur communiqué commun. Avec 8,7 millions de véhicules vendus par an, la nouvelle entité serait basée aux Pays-Bas, mais resterait cotée à Paris, Milan et New York et deviendrait n°4 mondial.

 

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