Maladies mentales : Quelles sont les effets du réchauffement climatique ?

Allergies, crises d’asthme, virus ou chocs thermiques, les effets du réchauffement climatique sur la santé ne sont plus à démontrer. L’OMS déclare ainsi s’attendre à ce que le changement climatique cause 250 000 décès supplémentaires par an entre 2030 et 2050.

 

Si les informations concernant les maladies physiques commencent à être largement diffusées, peu d’entre elles parlent de l’apparition de nouvelles maladies mentales. Liées directement à la crise climatique, elles peuvent avoir des conséquences désastreuses.

Si les activités humaines ont un impact direct sur le réchauffement planétaire, le retour du boomerang peut être violent. Le sentiment d’impuissance, par exemple, face à une situation qui peut paraître sans issue, peut conduire à un repli sur soi ou à la dépression. L’angoisse, liée à l’incertitude de l’évolution la planète dans les années à venir, provoque chez certains des accès de panique incontrôlables.

Avec l’apparition de ces nouveaux maux est née la nécessité de leurs donner une place dans le langage. L’éco-psychologie, par exemple, a été créée dans les années 90’ par Theodore Roszak pour étudier les liens entre les changements environnementaux et la santé mentale. Aujourd’hui, les praticiens se forment à accompagner leurs patients dans la gestion de ces nouvelles pathologies.

 

La plus connue, l’éco-anxiété

Si on ressent une angoisse permanente face aux désastres écologiques à venir, si on fait des crises de panique ou des cauchemars liés à l’état de la planète, il est probable qu’on souffrie d’éco-anxiété. Et cela touche de plus en plus d’humains!  L’éco-anxiété est un concept développé Véronique Lapaige, médecin belgo-canadienne spécialisée en psychiatrie et docteure en santé publique. Elle décrit l’éco-anxiété comme «un phénomène de mal-être identitaire qui touche les hommes et les femmes confrontés aux grands changements environnementaux».

 

Et toutes les autres

Mais d’autres concepts sont aussi évoqués, tels la solastalgie, qui décrit la détresse ressentie face à la destruction de l’environnement proche par une catastrophe naturelle ou une exploitation humaine. Le flygskam, plus connu, est le refus de prendre l’avion dû à un sentiment de culpabilité tandis que la psycoterratie représente le sentiment de déconnexion de la nature.

Au-delà des différents termes, les symptômes ressentis par l’être humain ne sont pas à prendre à la légère. Ils impactent la qualité de vie ainsi que les prises de décisions quotidiennes des personnes qui en souffrent. Aussi, selon les spécialistes, sortir de l’isolement, pouvoir en parler librement, ne pas minimiser le problème, avoir la possibilité de prendre des actions concrètes personnelles ou de transformer sa crainte en moteur pour un engagement militant, sont autant de pistes possibles pour améliorer la situation.