Vapotage : Des poumons comme brûlés par des gaz toxiques

Les biopsies des poumons de 17 personnes frappées par les maladies pulmonaires liées au vapotage aux États-Unis, dont deux décédées, révèlent des lésions similaires à une exposition à des gaz toxiques, selon une étude médicale publiée mercredi 2 octobre.

« Il semble que ce soit une sorte de lésion chimique directe, similaire à ce qu’on pourrait voir lors d’une exposition à des émanations chimiques toxiques, des gaz ou des agents toxiques », explique le médecin Brandon Larsen, de l’hôpital Mayo Clinic Arizona, auteur de l’étude parue dans la revue médicale New England Journal of Medicine.

Les malades étudiés ne représentent qu’un petit échantillon des plus de 800 recensés à ce jour aux États-Unis.

Mais aucun de ces cas ne correspondait à l’un des diagnostics évoqués initialement, à savoir une « pneumonie lipidique », qui se produit quand des huiles pénètrent les poumons. L’huile de vitamine E a été citée par les autorités de l’État de New York comme une possible cause des maladies.

« D’après ce que nous avons vu dans notre étude, nous estimons que la plupart des cas impliquent des contaminants chimiques, des dérivés toxiques ou d’autres agents nocifs contenus dans les liquides de vapotage », poursuit Brandon Larsen.

Au 27 septembre, 12 décès ont été confirmés par les autorités fédérales.

Les autorités sanitaires enquêtent depuis le mois de juillet dernier pour déterminer la cause des maladies, qui frappent en majorité des hommes jeunes utilisateurs de cigarettes électroniques.

Les trois quarts vapotaient des e-liquides au THC, l’agent psychoactif du cannabis, souvent achetés sur le marché noir. Les experts soupçonnent qu’un ou plusieurs additifs provoquent les maladies, qui provoquent des difficultés à respirer.

 

Les adolescents, victimes du vapotage passif

L’exposition des enfants et des adolescents aux vapeurs de l’e-cigarette est en hausse d’après une récente étude américaine.

Afin d’évaluer l’exposition des adolescents au vapotage passif des chercheurs du Dana-Farber Cancer Institute, à Boston, aux Etats-Unis, ont interrogé plus de 17 000 élèves de niveaux collège et lycée. Le résultat est « inquiétant » selon le Dr Andy Tan, principal auteur de ce travail. En effet, le nombre d’élèves exposés au vapotage passif est passé de 1 sur 4 entre 2015 et 2017 à 1 sur 3 en 2018.

La majorité des études menées sur le vapotage passif révèlent que celui-ci constitue un risque pour la santé. « L’exposition passive à l’aérosol de l’e-cigarette est en effet reconnue responsable d’un passage de nicotine voisin de celui observé dans le cas d’un tabagisme passif et est associée à des phénomènes d’irritations des bronches », indique l’Université de Genève sur sont site stop-tabac.ch. « Ce qui entraîne une augmentation de la toux et d’obstruction des voies respiratoires. » En particulier pour les populations vulnérables comme les enfants et les adolescents. Outre la nicotine, les e-cigarettes contiennent également de nombreuses substances toxiques comme des métaux lourds, de la glycérine et des parfums artificiels.

Par conséquent, « il est important d’informer les parents et les jeunes des risques de cette exposition», concluent les scientifiques.