Consommation de café : Quand est-ce qu’il y a danger ?

Si on ne peut se passer de ses tasses quotidiennes, il faut savoir qu’en boire plus de six par jour met le cœur à rude épreuve, selon de nouvelles recherches australiennes.

 

« Le café est le stimulant le plus consommé dans le monde − il nous réveille, stimule notre énergie et nous aide à nous concentrer − mais les gens demandent toujours : A partir de quelle quantité de caféine, c’est trop ?», déclare Elina Hyppönen. La chercheuse au Centre australien pour la santé de précision s’est penchée sur les risques de la consommation de café. Bol au réveil, expresso après manger, coup de booste de 16 heures… Combien de tasses avant que la boisson soit préjudiciable pour la santé ? Les conclusions de l’étude ont été communiquées sur le site de l’Université d’Australie-Méridionale le 10 mai.

 

Avec modération

Les scientifiques ont utilisé les données de 347 077 personnes de 37 à 73 ans, de la Biobanque britannique. Ils se sont penchés sur le matériel génétique des participants, et leur consommation de café. Les individus porteurs du gène CYP1A2 métabolisent par exemple quatre fois plus vite la caféine que les autres. L’objectif était donc d’observer si ces personnes pouvaient en boire plus et plus fréquemment, sans nuire à leur santé.

Finalement, les chercheurs révèlent que boire au moins six cafés par jour augmente le risque de souffrir d’une maladie cardiovasculaire de 22 %. Et ce, avec ou sans la mutation. Un excès de caféine provoquerait en effet de l’hypertension artérielle, signe avant-coureur de ces pathologies cardiaques. «La plupart des gens s’accordent pour dire que si vous buvez beaucoup de café, vous pouvez vous sentir nerveux, irritable ou même nauséeux», expliquent les chercheurs. «C’est parce que la caféine aide votre corps à travailler plus vite et plus fort, mais cela est également susceptible de suggérer que vous avez peut-être atteint votre limite».

D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de décès dans le monde. Et elles seraient pourtant l’une des plus évitables. Trois milliards de tasses de café sont quant à elles consommées chaque jour dans le monde, estime l’Université australienne. «Il est impératif de connaître les limites de ce qui est bon pour vous et de ce qui ne l’est pas. Comme pour beaucoup de choses, tout est question de modération», concluent les scientifiques.

 

Du café pour ralentir le cancer de la prostate ?

Par ailleurs, pour la première fois, des scientifiques ont identifié des composés présents dans le café qui pourraient inhiber la croissance du cancer de la prostate. Leur travail a été présenté au congrès de l’Association européenne d’Urologie qui s’est tenu en mars 2019 à Barcelone, en Espagne.

Rappelant que le café est un mélange complexe de composés dont l’influence sur la santé humaine a maintes fois été démontrée, les chercheurs de l’Université de Kanazawa au Japon.ont noté qu’«Il est de plus en plus évident que la consommation de certains types de café est associée à une réduction de l’incidence de certains cancers, notamment du cancer de la prostate».

En testant in vitro 6 composés retrouvés dans le café, les chercheurs japonais ont montré l’intérêt de 2 hydrocarbures naturellement présents dans le café arabica, l’acétate de kahweol et le cafestol, sur des cellules cancéreuses résistantes aux traitements anticancéreux.

 

Une évolution 3 fois moins rapide.

Les scientifiques sont arrivés au constat que «l’acétate de kahweol et le cafestol inhibaient la croissance des cellules cancéreuses chez la souris, mais que l’association des 2 semblait fonctionner en synergie, conduisant à une croissance tumorale nettement plus lente que chez la souris non traitée». En effet, après 11 jours de surveillance, les tumeurs des souris non traitées avaient augmenté de 342% (soit trois fois et demie par rapport à leur taille initiale) tandis que chez les souris traitées, elles avaient augmenté de 167% (1 fois et demie la taille initiale).

Les auteurs de cette étude comptent bien mener des travaux sur l’Homme. Mais pour le moment, ils n’encouragent pas à modifier les habitudes en matière de café. Cette boisson peut aussi avoir des effets délétères, «comme augmenter l’hypertension».