Programmes scolaires et examens de fin de cycles : Pas de «aâtaba» pour cette année

Cela n’est pas arrivé depuis plusieurs années. Les programmes scolaires seront, probablement, entièrement bouclés avant mi-mai. Une grande première, les enseignements ne seront pas charcutés et les élèves des classes de fin de cycles seront certainement examinés sur la totalité de leur programme scolaire. Bonne ou mauvaise nouvelle ? En tout les cas, on connait le «coupable» : la rareté des grèves dans le secteur de l’Education nationale durant l’année scolaire 2018-2019.

 

Les examens nationaux de fin d’année avancent à grands pas. Après celui de fin du premier cycle de l’Education nationale prévu le 29 mai prochain, les élèves de la quatrième année du collège devront composer avec le Brevet d’enseignement moyen (BEM) du 9 au 11 juin prochain. L’examen du baccalauréat se déroulera quant à lui, du 16 au 20 juin.

Habituellement attendu avec impatience notamment par les élèves de la 3e  année secondaire, la «ataba» ou le seuil ne sera pas apparemment de mise cette année.

Le programme de la classe terminale sera dans sa globalité concerné par l’examen du Bac. C’est ce qu’assure nombre de syndicats du secteur de l’Education nationale. Le peu de jours de grève observés durant l’année scolaire 2018-2019, n’aura pas affecté sérieusement le volume horaire des cours dispensés aux élèves et donc le programme scolaire.

«Le secteur a connu au maximum une semaine de grève. Le retard enregistré dans les cours durant ces quelques jours de débrayage, sera facilement rattrapé. En principe, le programme dans sa globalité sera terminé dans les délais», assure le coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), Meziane Meriane.

Toujours est-il, il précise que c’est à la commission d’évaluation de l’avancement du programme de trancher. Prévue pour la mi-mai, «cette commission aura à finaliser son rapport sur l’avancement du programme dans toutes les wilayas. C’est à partir de là qu’ils vont se pencher sur les chapitres concernés par les examens nationaux de fin d’année et les sujets à proposer», explique-t-il.

Mêmes assurances du côté du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique de l’éducation (Cnapeste).

Son porte-parole, Messaoud Boudiba, est convaincu que les programmes scolaires seront bouclés avant le 15 mai prochain. «L’année actuelle a enregistré très peu de jours de grève. Aujourd’hui, les cours se poursuivent de façon ordinaire et les compositions du troisième trimestre sont en phase de préparation», fait-il remarquer.

Il rappelle à son tour, la réunion de la commission d’évaluation de l’avancement du programme attendue vers la mi-mai et qui tranchera définitivement sur cette question. Toutefois, le syndicaliste n’omet pas de souligner que les bilans mensuels des cellules de wilayas font état d’un avancement «ordinaire» du programme scolaire dans différents cycles du secteur de l’Education nationale.

Il estime ainsi que le recours au fameux seuil sera exclu pour cette année. La preuve poursuit-il, «même les examens de fin de cycles de l’année scolaire 2017-2018 où il y a eu pourtant, une grève d’un mois à l’échelle nationale et de trois mois dans les wilayas de Blida, Béjaia et Tizi Ouzou, n’ont pas été concernés par la ataba».

Les épisodes de grèves répétitives enregistrées dans le secteur de l’Education nationale depuis plusieurs années est justement à l’origine de l’introduction de la «ataba» que l’ancienne ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, n’a pas hésité à qualifier d’«aberration pédagogique».

Selon elle, ce seuil «devenu chronique et dangereux obligeait le ministère à revoir chaque année à la baisse les programmes officiels de l’examen du baccalauréat».

 

L’indispensable prise en charge psychologique des candidats

Face à la situation politique que connait actuellement l’Algérie et aux différentes manifestations populaires qui ont secoué tout le pays depuis le 22 février dernier, le coordinateur national du SNAPEST, Meziane Meriane, estime qu’une prise en charge psychologique des élèves des classes des examens nationaux s’impose. Pour lui, ces événements sont source d’une «pression terrible» sur les candidats aux examens nationaux et insiste ainsi sur la nécessité de l’intervention des psychologues en cas de besoin.

«Du côté pratique, je pense qu’il n’y aura pas d’empêchements pour que les examens des classes de fin de cycles se déroulent dans de meilleures conditions. Seulement du côté psychologique, les élèves sont certainement affectés par tout ce qui se passe dans le pays», dit-il.

Rappelant que chaque établissement scolaire compte un psychologue, il appelle ces professionnels pour faire comprendre aux élèves des classes d’examens que la situation par laquelle passe l’Algérie n’importe quel pays peut la vivre. «Les psychologues doivent rassurer les candidats et leur faire comprendre qu’il n’y a pas de danger et qu’ils doivent réviser correctement», ajoute Meziane Meriane.

Katia Sari