Organisation internationale du travail (OIT) : Les accidents du travail tuent chaque année 3 millions de travailleurs

Trois millions de travailleurs meurent chaque année à cause des accidents du travail et les maladies professionnelles, a déploré le Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, dans son discours publié par l’organisation sur son site web.

 

S’exprimant lors de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, tenue mardi dans la ville russe Sochi, M. Ryder a annoncé, en plus de ces décès, 374 millions de travailleurs qui sont victimes d’accidents du travail non mortels, qualifiant la situation de «coût humain inacceptable».

Le premier responsable de l’OIT a appelé tous les pays à ratifier les conventions relatives à la sécurité et à la santé au travail, insistant sur le fait qu’ »il n’est pas moins nécessaire d’accorder la priorité à la sécurité et à la santé au travail aujourd’hui qu’en 1882 ou en 1919″.

Se référant au rapport de l’OIT, intitulé «Sécurité et santé au cœur de l’avenir du travail: Mettre à profit 100 ans d’expérience», lancé le 18 avril dernier, le Directeur général de l’OIT a mis  en garde contre les risques nouveaux nés de la numérisation et des technologies telles que l’intelligence artificielle et les bio et nanotechnologies, et attire l’attention sur la santé mentale, notamment les risques psychosociaux liés au stress, et sur l’émergence de maladies non transmissibles.

«Ce sont non seulement les conditions de travail qui ont évolué avec le temps, mais aussi la nature même des risques pour la sécurité et la santé», a-t-il fait constater, en prévenant que «cette situation va se poursuivre à l’avenir».

«Avec toutes les mutations technologiques, démographiques et environnementales qui façonnent un nouveau monde du travail, il est plus important que jamais d’anticiper les risques nouveaux et émergents pour la sécurité et la santé», a-t-il préconisé.

Pour relever tous ces défis, il a recommandé d’adopter des stratégies de prévention efficaces en renforçant le rôle des gouvernements et des partenaires sociaux.

Guy Ryder a expliqué aux délégués que près de la moitié des instruments de l’OIT concernent directement ou indirectement les questions de sécurité et de santé au travail, et que plus de 40 normes, étayées par plus de 40 recueils de directives pratiques, traitent spécifiquement de ce même sujet.

«Ces instruments ont évolué au fil du temps, passant d’une approche très réductrice des risques spécifiques aux lieux de travail à une approche axée sur la prévention», a-t-il fait savoir.

Le même responsable a enfin souligné que la sécurité et la santé au travail étaient indispensables à la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, en particulier l’objectif de développement durable (ODD-3), qui vise à permettre à tous de vivre en bonne santé et à promouvoir le bien-être de tous, et de l’ODD-8 relatif à la promotion du travail décent et d’une croissance économique soutenue, partagée et durable.

 

Algérie : Le nombre d’accidents de travail «reste stable» 

Par ailleurs, en Algérie, quelque 50.000 accidents de travail sont enregistrés annuellement, a indiqué le chef de département et études des statistiques, à la direction de la prévention, à la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS), Sara Zakane, estimant que le nombre  «reste stable» durant les dernières années.

Pour sa part, le Chef de cabinet au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Nasreddine Bouguerra  a mis en exergue la volonté des pouvoirs publics de promouvoir la politique nationale de prévention des risques professionnels, en adoptant, notamment, des instruments juridiques à travers la promulgation de nombreux textes à caractère législatif et réglementaire, relatifs à la prévention.

Il a rappelé que l’investissement dans la prévention et l’amélioration des conditions de travail au niveau de l’entreprise, demeure une «exigence primordiale» dont l’impact serait «grandement positif» sur la productivité des travailleurs ainsi que sur la santé financière de l’entreprise, appelant les organismes employeurs à faire de la prévention «une préoccupation permanente».

De son côté, le spécialiste en matière de santé et sécurité au travail au Bureau international du travail à Alger, M. Halim Hamzaoui a révélé qu’actuellement

«300 millions d’accidents en milieu du travail sont enregistrés dans le monde», et que «2,3 millions de salariés perdent leurs vies annuellement» en raison de déficit de prévention des risques professionnelles.

«Cependant, ces estimations ne reflètent que partiellement l’ampleur du problème et l’impact réel des accidents du travail et des maladies professionnelles sur les travailleurs, leurs familles et l’économie», a-t-il dit, soulignant l’importance d’un système «performant» de recueil et d’analyse des données qui permet de mieux cerner l’impact de ces accidents par conséquent de mettre en place de politiques et stratégies efficaces.