Commerce : Les prix des légumes de base plafonnés

Le mois de Ramadan se rapproche à grands pas, et nombre de commerçants semblent déjà se frotter les mains. C’est l’occasion pour les moins scrupuleux d’entre eux de réaliser des marges très confortables. De «bien se remplir les poches», selon l’expression favorite de la vox populi.

 

En effet, force est de constater que le mois de jeûne est aussi propice à la spéculation commerciale et la flambée des prix. Anticipant un éventuel dictat des marchands de primeurs, le ministère du Commerce vient de décider le plafonnement des prix de certains fruits et légumes de base.

C’est une question de quelques jours avant que les marchands de fruits et légumes ne renouent avec la hausse des prix. Un rituel auquel ils s’adonnent à l’approche du mois de Ramadan. Les prix de leurs marchandises sont ainsi doublés, voire triplés au vu et au su de tout le monde. Une pratique qui porte atteinte au pouvoir d’achat des Algériens déjà suffisamment affaibli.

Cette année, le ministère du Commerce tente d’anticiper les événements pour éviter justement la flambée des prix mais aussi la spéculation durant le mois de jeûne en plafonnant les prix de certains fruits et légumes. Objectif : préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

Selon le directeur général de la régulation et de l’organisation des activités au ministère du Commerce, Aissa Bekaï, cette opération concernera les fruits et légumes de large consommation, tels que l’oignon, la pomme de terre, la tomate, la courgette, la carotte et la laitue.

Quant aux produits d’épicerie de consommation de base, il assure qu’ils ont été approvisionnés en quantités suffisantes pour couvrir les besoins des consommateurs dans le cadre de «la coordination et du travail commun intersectoriel».

«Des quantités suffisantes de ces produits essentiels sont disponibles sur le marché et dans les stocks permettant une couverture totale des besoins des citoyens», assure-t-il.

Pour lui, la disponibilité de tous ces produits n’est que le résultat du travail de la commission de gestion et d’approvisionnement du marché en produits stratégiques qui s’est réunie déjà, à sept reprises sur la question de l’approvisionnement en produits essentiels tels que les viandes, les fruits et légumes et le lait.

«La présence de ces produits sur le marché national évitera ainsi la flambée des prix et mettra un terme à la spéculation», a-t-il encore soutenu.

Toujours est-il, le directeur général de la régulation et de l’organisation des activités au ministère du Commerce n’omet pas le rôle indispensable des contrôleurs. Il insiste ainsi sur un «contrôle plus rigoureux» afin de garantir le respect des prix des produits règlementés notamment l’huile, le sucre, le lait et la semoule mais aussi de ceux plafonnés.

Pour ce faire, il précise que 6 500 agents ont été mobilisés dans le but d’assurer l’application de la loi et contrôler les prix règlementés des produits d’épicerie et les prix plafonnés des fruits et légumes afin dit-il, «de mettre un terme à la spéculation de manière efficace».

Pendant tout le mois de Ramadan, cette opération sera marquée par des permanences qui mobiliseront les agents de contrôle durant toute la semaine y compris les jours de congés et en dehors des heures de travail. «Les services de contrôle seront à pied d’œuvre pour mettre un terme à toute hausse des prix règlementés», ajoute-t-il.

 

L’importation des viandes et des fruits à la rescousse

Très consommées pendant le mois de Ramadan, les viandes rouges et blanches ne manqueront pas durant cette période. C’est ce qu’a confirmé récemment le directeur général de la régulation et de l’organisation des activités au ministère du Commerce qui assure que 185 991 tonnes de viandes rouges et blanches seront disponibles pour le mois de jeûne et à des prix accessibles pour tous.

Selon lui, la quantité des viandes blanches prévue pour le Ramadan sera de 60 339 tonnes et celle des viandes rouges locales sera de 56 032 tonnes.

Le marché local sera aussi renforcé avec 47 500 tonnes de viandes bovines congelées importées et 22 120 tonnes de viandes bovines fraiches importées.

Toutes ces quantités de viandes assure Aissa Bekaï, couvriront une grande partie des besoins nationaux.

Pour un meilleur approvisionnement du marché, il a été procédé à l’encadrement du commerce extérieur, à travers l’introduction de quelques mesures incitatives à l’exemple de «la réduction du taux de la taxe supplémentaire provisoire préventive (TSPP) à l’importation des viandes bovines fraîches et congelées, sachant que la viande congelée n’est pas soumise à la taxe», explique-t-il.

Toujours en prévision du mois de Ramadan, le même responsable précise que 99 219 tonnes de poudre de lait seront également garanties. «Cette quantité est suffisante pour couvrir les besoins de cinq mois», fait-il remarquer.

Il indique que 116 000 tonnes de fruits seront également importées telles que la banane, la pomme e la poire.

 

Ouverture de marchés de fruits et légumes

Outre l’opération d’approvisionnement en produits alimentaires nécessaires et celle de contrôle des prix, prévue durant le mois de Ramadan prochain, l’ouverture de l’ensemble des marchés réalisés restés non exploités, sera aussi au rendez-vous. Selon le Dg de de la régulation et de l’organisation des activités au ministère du Commerce, Aissa Bekaï, 468 marchés dont 364 exploitables rentreront en service durant cette période.

«Une proposition d’ouverture de marchés de proximité a été adressée aux walis prévoyant le choix de l’ensemble des surfaces appropriées qui seront réservées aux jeunes activant dans les marchés parallèles leur permettant de régulariser leur situation en payant en contre partie des charges symboliques», précise-t-il encore.

Katia Sari

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire