Football CAN 2019 : le défi sécuritaire que l’Égypte va devoir relever

A six mois du coup d’envoi de la compétition continentale, le président de la fédération Egyptienne de football (EFA) précise comment le pays compte bétonner la sécurité.

L’organisation de la CAN 2019 se précise. On connaît désormais les villes et les stades égyptiens qui accueilleront les supporteurs en juin et juillet prochain. La liste a été dévoilée par le président de la Fédération égyptienne de football (EFA), Hany Abo Rida, le 22 janvier, sur la chaîne locale ON Sport TV. Les cinq villes élues : Le Caire, Alexandrie, Port-Saïd, Suez et Ismaïlia. L’utilisation de ce stade a posé question ces derniers jours, après des violences survenues le 18 janvier entre supporteurs lors d’un match opposant l’Ismaily FC au Club africain, basé à Tunis. « Nous ne punirons pas Ismaïlia et les passionnés de football à cause des agissements survenus pendant un seul match », a-t-il assuré.

Le patron de l’EFA a également affirmé qu’il avait pris en compte « les installations autour du stade, en plus de l’état du terrain ». Le stade de Borg El Arab, près d’Alexandrie, qui a accueille traditionnellement de nombreuses rencontres, n’a pas été retenu. Interrogé par la BBC, le porte-parole de l’EFA, Ahmed Megahed, a expliqué que ce stade serait trop difficile à remplir si l’Égypte ne jouait pas. Et l’infrastructure est également moins bien desservie en transports en commun. L’enceinte sera donc davantage considérée comme « un stade d’appoint » au cas où un match des Pharaons aurait lieu hors du Caire, a-t-il fait savoir.

 

Une organisation sur le tard

Autre point qui devrait être éclairci dans les prochains jours, le jour du lancement de la compétition. Le 18 janvier, les responsables du football égyptiens ont en effet demandé à la Confédération africaine de football (CAF) d’avancer l’édition 2019 d’un jour, pour faire coïncider l’ouverture avec le week-end. Une demande pour le moment « en cours d’étude », a fait savoir à l’AFP la directrice de la communication de la CAF, Nathalie Rabe. Rappelons-le, l’Égypte, qui accueille la CAN pour la quatrième fois de son histoire, n’est pas le premier choix de la CAF pour cette édition. Son organisation a été retirée au Cameroun en décembre dernier. La raison ? De nombreux retards dans les travaux et l’instabilité politique dans le pays, en pleine crise anglophone.

L’Égypte a donc cinq mois pour organiser la compétition phare de la CAF, qui se déroulera pour la première fois en été et avec 24 équipes au lieu de 16. Pour les aider dans cette tâche, les cadres de la fédération recevront l’aide d’un « comité suprême présidé par le Premier ministre – Moustafa Madbouli – et composé des ministres concernés pour faciliter le travail », avait déclaré le ministre de la Jeunesse et des Sports, Achraf Sobhi, lors d’une conférence de presse au début du mois. Le compte à rebours est lancé.

 

L’enjeu de la sécurité

Au-delà de l’organisation, c’est la sécurité qui préoccupe les autorités et les pays participants. En effet, si le pays est un habitué des compétitions sur son sol, c’est la première fois qu’il en accueille une depuis la révolution de 2011. « L’Égypte, pays de la sécurité, accueille les pays africains et leurs supporteurs à la CAN 2019 », avait tweeté la Fédération égyptienne de football (EFA), peu après l’annonce de la CAF en réponse aux interrogations. Dans la foulée de l’annonce de la décision de la Confédération africaine de football (CAF) le 8 janvier, les responsables égyptiens ont multiplié les déclarations rassurantes sur le sujet. « Il y a de grands projets concernant la sécurité », avait alors assuré Hani Abou Rida devant la presse à Dakar.

« Je pense que nous n’aurons aucun problème. » « Nous sommes un pays sûr », avait également martelé Karam Kurdi, membre du conseil d’administration de l’EFA. Depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, à la suite de manifestations massives contre ce dernier, les rassemblements populaires de grande ampleur sont devenus rares, en particulier autour des stades de football. Ces derniers ont souvent été secoués de violences sporadiques, qui concernent toutefois davantage les matches locaux.

Mais en février 2012, au moins 74 personnes, pour la plupart des supporters d’Al-Ahly, sont mortes dans des heurts au stade de Port-Saïd (nord) après une rencontre entre le club cairote et l’équipe locale d’Al-Masry. Ces violences, pour certaines commises par les forces de l’ordre, avaient conduit à l’interdiction aux supporteurs d’assister aux matches. La mesure a été par la suite assouplie, puis d’autres violences ont eu lieu. Les autorités ont finalement décidé en 2018 de permettre leur retour progressif. Certaines rencontres, jugées sensibles, se déroulent encore sans public.

In Le Point Afrique