Bon a savoir : Qu’est-ce que le hoquet ?

Bloquer sa respiration. Boire un verre d’eau, la tête à l’envers. Manger du sucre avec du citron… Les remèdes que l’on s’échange pour faire passer le hoquet sont légion. Mais d’où proviennent ces contractions incontrôlées du diaphragme et pourquoi certaines personnes l’ont-elles pendant des heures ?Il pourrait s’agir d’un réflexe primitif légué par de très lointains ancêtres, selon une équipe dirigée par Christian Straus (France). Les chercheurs expliquent qu’ils ont observé chez certains animaux à branchies un mécanisme proche du hoquet. Les amphibiens, par exemple, expulsent l’eau par les branchies en fermant la cavité buccale et en bloquant la glotte pour empêcher le liquide de passer. Comme pour le hoquet, un gonflement des poumons ou un taux élevé de dioxyde de carbone empêche le mécanisme. Ce circuit qui contrôle les branchies et la glotte aurait été conservé au cours de l’évolution. Il aurait formé une base pour le développement de mécanismes plus complexe, comme la capacité de téter chez les mammifères. Cette audacieuse hypothèse ne pourrait être vérifiée qu’en comparant les neurones activés au cours de ces différentes activités.

Les mécanismes du hoquet, eux, sont un peu mieux connus. Pendant le hoquet, le diaphragme se contracte de façon spasmodique et répétée, tandis que la glotte se ferme brusquement, provoquant les sons bien connus du hoquet – appelé hiccup en anglais, hipo en espagnol, hik en allemand.

Il est provoqué à l’origine par l’irritation du nerf phrénique, qui est chargé d’innerver le diaphragme. Dans la grande majorité des cas, il est dû à une acidité de l’œsophage ou un problème au niveau de l’estomac : un ulcère, des reflux gastriques ou une œsophagite. Le hoquet, qui dure généralement quelques minutes, peut être déclenché par un fou rire, une toux, des chatouillements, un repas trop copieux ou trop épicé, un repas ingurgité trop rapidement (une tétée trop rapide chez les nourrissons) ou encore le stress.

Le spasme peut se répéter jusqu’à une fois par seconde mais disparaît très rapidement. Chez le nourrisson, il se produit souvent après la tété ou le biberon, et avant que le bébé ne fasse son rot. Le hoquet s’arrête en général spontanément. Il est sans danger. Quand il devient chronique, il peut être associé à une maladie plus grave, comme l’œsophagite. Dans certains cas rares, il peut être chronique et durer plus de 48 heures.

Le hoquet peut alors être très handicapant dans la vie quotidienne (difficultés pour s’endormir, pour boire, manger…). A long terme, il provoque des insomnies et des troubles alimentaires. En outre, il peut avoir des répercussions importantes sur la vie sociale. Dans ce cas le hoquet peut-être dû à plus d’une cinquantaine de causes différentes, dont certaines pour le moins surprenante… Ainsi, un camionneur transportant des boîtes de petits pois, a été victime d’un grave accident. L’homme va passer un mois dans le coma sous respirateur artificiel. A son réveil, il souffre d’un hoquet chronique que personne n’arrive à faire disparaître. Jusqu’au jour où l’homme consulte un ORL qui va lui découvrir un petit pois coincé dans l’oreille ! Dès que celui-ci fut retiré, le hoquet cessa.