Energie et ressources : L’or a baissé en 2018, le palladium s’est envolé

Si le métal précieux a démarré l’année en hausse, gagnant plus de 5 % en janvier, il a baissé à partir de la mi-avril, atteignant un plus bas depuis début 2017 à la mi-août, à 1160 dollars l’once, avant de rebondir en décembre.

John Reade, analyste pour le Conseil mondial de l’or, explique cette baisse par le fait que «le dollar s’est renforcé et que la Fed a continué à relever ses taux d’intérêt tandis que les autres banques centrales maintiennent leur politique accommodante».

La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé ses taux d’intérêt quatre fois en 2018, ce qui a rendu le dollar plus rémunérateur et donc plus attractif.

La majorité des matières premières étant libellée en billets verts, une hausse de celui-ci rend ces dernières plus chères pour les investisseurs utilisant d’autres devises.

Paradoxalement, l’or a également souffert de l’affrontement commercial entre les États-Unis et la Chine, alors que son statut de valeur refuge aurait pu le faire grimper.

Selon Lukman Otunuga, analyste pour FXTM, «la confiance dans la bonne santé de l’économie américaine a transformé le dollar en devise incontournable en période d’incertitudes», concurrençant l’or.

Néanmoins les perspectives pour 2019 pourraient être meilleures pour le métal précieux.

«La pause de la Fed concernant ses relèvements de taux, le Brexit (prévu pour le 29 mars – ndlr) et les autres risques politiques, ainsi que le ralentissement de la croissance mondiale devraient être de bon augure pour le marché de l’or», ont expliqué les analystes d’ANZ.

L’argent, de son côté, a suivi la tendance de l’or tout en sous-performant : stable ou en légère baisse jusqu’à juin, le métal gris a plongé durant l’été. Il terminé l’année à environ -9,8 % après avoir mi-novembre atteint un plus bas depuis début 2016, à 13,89 dollars l’once.

Fin novembre, le ratio entre l’or et l’argent a dépassé 86, «son plus haut niveau en 25 ans», selon les analystes de Commerzbank.

Selon eux, cette sous-performance s’explique par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, qui se sont accentuées tout au long de l’année.

«L’argent est particulièrement vulnérable parce que la demande industrielle compte pour plus de 50 % de la demande totale d’argent, et plusieurs applications industrielles – comme les panneaux solaires par exemple – sont principalement produites en Chine», a expliqué Commerzbank.

Enfin, concernant les platinoïdes, 2018 a été l’année du palladium qui a bondi à partir d’août et battu son record historique. Il a culminé à 1280,48 dollars l’once, le 19 décembre. Sur l’année, il aura pris environ 19 % et même temporairement dépassé le prix de l’or «pour la première fois en presque deux décennies», a commenté auprès de l’AFP Bernard Dahdah, analyste pour Natixis.

Le métal «a bénéficié d’une offre plus faible et de gains continus après le scandale du diesel», a poursuivi M. Dahdah.

Utilisé majoritairement dans la production de véhicules à essence, le palladium a largement profité du dieselgate qui a détourné une partie des consommateurs des véhicules diesel, notamment après que plusieurs grandes villes ont annoncé des restrictions à venir sur leurs possibilités de circulation.

Concernant l’ampleur de la hausse, la majorité des analystes s’attendent à une correction en 2019, notamment du fait du ralentissement des ventes d’automobiles en Chine.

A l’inverse, le platine, utilisé justement dans les véhicules diesel, a perdu près de 15 % sur l’année. À la mi-août, il a touché un plus bas depuis presque dix ans à 755,46 dollars l’once.