Climat : Avancées et déceptions : ce qu’il faut retenir de la COP24

La déclaration de Talanoa volontiers lyrique prévient : «La fenêtre pour l’action est en train de se refermer. Nous devons faire plus et nous devons le faire dès maintenant».

Approuvé par la communauté internationale, elle appelle à «un monde meilleur» via des énergies propres et durables, des immeubles et des transports «zéro émission», une industrie efficace recyclant les déchets, etc.

 

Le guide technique ou «rule book»

C’est la grande avancée de Katowice. Les 196 États se sont accordés sur des règles techniques communes d’application de l’accord de Paris.

La mesure des émissions se fera selon des techniques communes (capteurs, exploitation des statistiques nationales, évaluation des puits de carbone comme les forêts) avec de la flexibilité pour les pays les plus pauvres ne possédant pas les moyens techniques et les ingénieurs capables de faire les inventaires.

Chaque État sera donc informé des objectifs que s’assignent les autres pays et des progrès accomplis par les politiques domestiques. D’ici à 2020, les États doivent fournir une contribution déterminée au niveau national (NDC) qui sera révisée tous les cinq ans. A partir de ce cadre, un premier inventaire mondial des émissions de gaz à effet de serre sera établi en 2023.

L’exercice sera également répété tous les cinq ans. Un outil d’évaluation des transferts de technologie a été établi. En revanche, la question des échanges de tonnes de carbone entre États n’a pas été tranchée.

Ces arrangements financiers entre pays qui émettent trop et ceux qui ont des puits de carbone importants comme les nations forestières devront être résolues dans les prochaines étapes de négociations.

 

Les objectifs nationaux

C’est la grande faiblesse de la COP24. Les NDC publiées lors de la COP21 à Paris en 2015 mènent à un réchauffement de 3,3°C en 2100.

Une trentaine de pays développés ont revu à la hausse leur objectif de réduction des gaz à effet de serre d’ici à 2020. Ces révisions permettent de gagner 0,3°C, très loin encore de ce qu’il faudrait faire. Ce manque d’ambition alarme les climatologues.

Mais la communauté internationale a droit à une session de rattrapage. Antonio Guterres a invité tous les pays le 23 septembre 2019 au siège de l’ONU à New York pour présenter des NDC à la hausse pour la prochaine décennie.

En clôture de la COP, le secrétaire général de l’ONU a proclamé son «ambition pour l’atténuation des émissions, pour l’adaptation des pays touchés par le réchauffement climatique, pour les finances, pour la coopération technique et pour les innovations technologiques».

Et de conclure : «L’ambition doit guider tous les États membres dans la préparation de leurs NDC pour 2020 afin de renverser la tendance actuelle qui fait que le changement climatique va plus vite que nous».

 

Les finances

Bonne nouvelle : les 100 milliards de dollars d’aides aux pays en voie de développement devraient être atteints en 2020 comme le demandait l’accord de Paris.

Le fonds d’adaptation pour financer les infrastructures nécessaire pour réduire l’impact de catastrophes climatiques comme les ouragans ou les inondations a été abondé de 129 millions d’euros lors de la COP.

Le fonds pour les pays les moins développés atteint lui 1,3 milliard de dollars.

Mauvaise nouvelle : la question des «pertes et dommages» devant couvrir les dégâts causés par les catastrophes climatiques déjà en cours (comme les ravages d’un ouragan ou la perte de terres agricoles par la montée du niveau des mers déjà à l’œuvre dans des pays comme le Bangladesh) n’a pas                   été résolue.