Algériens en quête de vacances «abordables» : La grande…… évasion !

Ils sont plus de 180.000 Algériens à avoir mis pieds en Tunisie au cours des dix derniers jours de l’année qui vient de s’achever. Ce sont 2,5 millions de touristes algériens qui se sont rendus dans l’ancienne Cathage, ses plages, ses sites et patrimoines touristiques et culturels tunisiens durant toute l’année.

Ces statistiques sont fournis par René Trabelsi, le ministre du Tourisme de la Tunisie. Par les chiffres, les Algériens occupent la première place dans le marché tunisien bien loin devant les français qui n’étaient que 800.000 a avoir séjourner en Tunisie, mais aussi de l’Allemagne, l’Italie ou la Belgique, considérés comme pays «emetteurs» de touristes à destination du pays voisin de l’Est.

En prévision des fêtes de fin d’année, notamment, le réveillon 2019, 500 000 Algériens ont déjà réservé leurs billets pour séjourner à l’étranger, a fait savoir le Directeur Général de l’agence de voyage Numidia Travel Service, Nadir Belhadj Mustapha. Selon ce professionnel du tourisme et des voyages, cité par un site électronique, les destinations de ces touristes nationaux sont notamment, les pays du Maghreb, le Moyen Orient, et les pays européens.

Les destinations préférées pour les prochaines fêtes de fin d’année sont, sans surprise, la Tunisie, le Maroc, Dubaï (Emirats Arabes Unis), Istanbul (Turquie), Beyrouth (Liban), l’Egypte, la Malaisie, la France, l’Espagne, le Portugal, Vienne (Autriche), l’Italie et la Grèce.

Ces chiffres qui ne reflète pas la réalité ne sont que des statistiques consignées par les agences de voyages. De nombreux algériens «zapent» les agences de voyages qui trainent des «casseroles» sur l’organisation d’un séjour touristique de quelques jours et s’investissent eux-même pour concocter une virée hors du territoire national à «tête reposée», en toute liberté, sans aucune contrainte de programmation, ni guide à suivre pas à pas.

Qu’est ce qui fait le «lit» à cette grande évasion ? L’Algérie  est le plus grand pays du continent africain. Il est aussi le plus grand du monde arabe et  même du bassin méditerranéen. Il dispose d’un patrimoine naturel aussi riche que diversifié et regorge de richesses historiques et archéologiques qui n’existent nulle part au monde.  L’Algérie, un pays que longe 1600 km de côte et 300 jours d’ensoleillement par an, n’arrive pas à développer un tourisme interne, ni à être une destination touristique africaine, à même de développer son économie.

 

Les sept maux du tourisme national

Qu’est ce qui fait que le tourisme local n’est pas «attractif» ? Quelles sont les raisons qui font que les algériens préfèrent passer leurs vacances à l’étranger que de partir à la découverte de leur pays. Certaines causes sont repertoriées, comme le manque avéré d’infrastructures d’accueil, les prix exorbitants des hôteliers.

Les Algériens se plaignent également du manque d’hygiène, de propreté, d’hospitalité dans les lieux touristiques et autres lieux d’hébergement. Les services et leurs qualités qui jouent un grand rôle important dans le développement du tourisme sont à la traîne dans cette ère du tout numérique.

Dans le pays, la demande excède l’offre et les opérateurs hôteliers qui se trouvent en situation de monopole, peuvent se permettre de fixer des prix toujours tirés vers le haut, sans pour autant faire de la « promotion » en basse saison. Il est des cas des hôtels qui mettent la clé sous le paillasson durant cette période, faute de clients en attendant les «beaux jours».

L’accueil, l’autre talon d’Achille du tourisme national, quant à lui, représente un obstacle freinant le développement du tourisme. Il est difficile de changer certaines mentalités à la peau dure. Servir un touriste, national ou  étranger, n’est pas ancrés dans les «esprits» des Algériens.

Depuis les premières années  de l’indépendance du pays, cet état d’«esprit» n’a pas changé en l’absence d’une réelle volonté politique de promouvoir le tourisme avec  des stratégies ambitieuses et d’une implication de tous, pouvoir politique et citoyens.

 

Quant le tourisme va, tout va

Le succès de l’industrie du tourisme pourrait être l’alternative aux ressources tirées des hydrocarbures et de permettre de redynamiser l’économie du pays. Dans ce sens, le  ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Abdelkader Benmessaoud annonce la tenue des assises nationales du tourisme qu’abritera Alger, mi-janvier prochain. Elles constitueront, souligne le responsable gouvernemental, «une occasion pour évaluer le schéma d’orientation de l’aménagement touristique à l’horizon 2030, et s’enquérir des tranches réalisées jusque-là en matière de promotion du tourisme depuis l’adoption de ce plan en 2008».

Cette rencontre constitue, par ailleurs, selon lui «une opportunité pour parvenir à des recommandations dévoilant les carences et les déséquilibres jusqu’ici enregistrés, et en mesure de se rattraper et se hisser au niveau des développements que connaît le secteur du tourisme».

Le ministre met l’accent sur «l’importante réactivation de l’ensemble des formules touristiques permettant d’aboutir à une vision qui prendrait en considération dans le futur les nombreux atouts naturels, civilisationnels et culturels que recèle notre pays», insistant également sur l’impératif «d’améliorer les prestations au niveau des structures et établissements hôteliers et d’assurer l’activité culturelle et de loisirs», qualifiant les régions du Sud de «pôle touristique par excellence, de par ses atouts diversifiés et attractifs».

Des atouts qui doivent être revalorisés si l’on sait qu’en  Tunisie, de par les offres attractives, les prestations de services de qualité et ses traditions touristiques, sont autant d’atouts qui attirent chaque année des milliers d’Algériens en quête d’espaces de farniente et de villégiature à des prix «abordables». Tous les secteurs d’activité, hôtels et locations, les commerces d’alimentation et de loisirs, les objets de souvenirs et les  produits de l’artisanat, ainsi que d’autres secteurs bénéficient du dynamisme du secteur du tourisme.

Un secteur pour lequel on pourrait «transposer» la célèbre expression : «quant le batiment va, tout va», on disant «quand le tourisme va, tout va».

Ainsi, le tourisme national sera la locomotive qui tirera le développement économique et social vers les sommets.

Mohand Ouarab