E-commerce : Le Rwanda, premier hub africain d’Alibaba

Déjà présenté comme l’épicentre de la révolution numérique en Afrique, le Rwanda conforte son avance.

Cette semaine, le pays a en effet accueilli le hub africain de la plateforme d’e-commerce d’Alibaba Group. Il a été lancé depuis Kigali par le président Paul Kagamé et le PDG de l’entreprise chinoise, Jack Ma.

Les deux hommes se connaissent bien, et se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises. Leur dernière entrevue date du 23 septembre 2018 à New York, en marge de la Commission sur le haut débit.

Objectif de l’ eWTP, ou «Electronic World Trade Platform» : promouvoir le dialogue public-privé pour favoriser un environnement politique et commercial plus efficace, et à terme permettre aux petites et moyennes entreprises (PME) de participer au commerce électronique transfrontalier.

Grâce aux accords signés dans la capitale rwandaise, les PME du pays pourront ainsi vendre leurs produits, dont le café par exemple, à des consommateurs chinois via les places de marché en ligne d’Alibaba.

 

Un atout pour les producteurs rwandais

Avec l’installation du hub, le deuxième du géant de e-commerce hors de Chine après la Malaisie, le pays accède donc à des millions de clients potentiels. Une opportunité bien comprise par Paul Kagamé, pour qui «la plateforme de commerce mondial […] stimulera la capacité et la compétitivité des entrepreneurs et acteurs d’affaires».

Les producteurs rwandais seront en mesure «d’effectuer des ventes directes à un ensemble de consommateurs beaucoup plus large qu’auparavant, a-t-il déclaré lors du lancement. Et cela, tout en contournant les intermédiaires coûteux».

«Ce partenariat entre le Rwanda et Alibaba transformera positivement l’existence de la population. Nous sommes déterminés à tirer parti de l’économie numérique pour soutenir nos exportateurs, producteurs locaux et artisans», a fait savoir, quant à elle, la présidente-directrice générale du Comité de développement du Rwanda (RDB), Clare Akamanzi.

 

Jack Ma l’Africain

Si le Rwanda compte bien confirmer son statut de leader du numérique en Afrique grâce à l’installation de l’eWTP, elle permet également à Jack Ma de s’implanter encore davantage sur le continent. Car le milliardaire, pour qui «l’Afrique d’aujourd’hui est bien meilleure que la Chine, d’il y a quatre-vingt-dix ans» y multiplie les initiatives.

Dernière en date, le lancement de Netpreneurs Prize, un nouveau concours consacré aux fondateurs africains de start-up.

Le prix prévoit la distribution de près de 10 millions de dollars à cent entrepreneurs du continent, sur les dix prochaines années.

Depuis sa nomination au poste de Conseiller spécial de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) en septembre 2016, le PDG chinois a les yeux rivés sur l’Afrique.

Un intérêt qui se manifeste via diverses initiatives philanthropiques, mais, aussi, par le développement de ses affaires sur le continent.

En juin, il a d’ailleurs signé pour le compte de sa société de paiement Alipay un protocole d’accord avec Equity Bank, une institution financière basée au Kenya, et Red Dot, une société de paiement en ligne de Singapour.