Sécurité ferroviaire : Vers la suppression des passages à niveau

Le ministre des Transports et des Travaux publics a appelé, mercredi 7 novembre à Alger, l’Agence nationale d’études et de suivi des réalisations ferroviaires (ANESRIF) à accélérer le programme de suppression des passages à niveau du réseau ferroviaire en raison des accidents provoqués.

Intervenant lors d’un point de presse en marge du séminaire sur «les passages à niveau : Risques et enjeux humains et matériels», le ministre a fait savoir que 131 «points noirs», c’est-à-dire les passages à niveau les plus dangereux, avaient été recensés en collaboration avec les services de sécurité dont la gendarmerie nationale, précisant que plus de 80 de ces points ont été supprimés, sachant que le nombre global des passages à niveau sont au nombre de 650.

Selon lui, le reste des suppressions des «points noirs» sera pris en charge progressivement en fonction de l’enveloppe financière disponible.

  1. Zaalane a également appelé la Société nationale de transport ferroviaire (SNTF) à renforcer ses efforts pour assurer la sécurité du trafic au niveau des passages à niveau.

Sur ce point, il a précisé qu’entre 2013 et 2018, il a été enregistré près de 1.370 accidents au niveau des passages à niveau, qui ont causé 317 décès et 498 blessés.

D’ailleurs, en évoquant le nouveau réseau ferroviaire en cours de réalisation sur plus de 2.300 km à travers le territoire national, le ministre a indiqué que les cahiers des charges élaborés à cet effet comprennent la réalisation de 650 passerelles et l’absence de passages à niveau.

«Cela réduira le nombre des victimes et les coûts de prise en charge des effets de ces incidents (assurance sociale des victimes, indemnisations…) et des réparations matérielles», a-t-il avancé.

Présent à ce séminaire, le P-dg de la SNTF, Yassine Bendjaballah, a indiqué qu’outre l’amélioration de la sécurité du trafic, la suppression des passages à niveau permet aux trains de rouler à des vitesses plus élevées et, ainsi, de réduire le temps de transport des voyageurs et des marchandises.

Par ailleurs, questionné par les journalistes sur les perturbations du trafic ferroviaire enregistrées mercredi matin suite à un mouvement de protestation des salariés de la SNTF, M. Bendjaballah a affirmé que ce mouvement «n’a pas excédé une demi-heure», assurant qu’une rencontre entre la direction et les salariés aura lieu jeudi pour évoquer leurs revendications.

«Nous n’avons pas connu de grève depuis deux ans. Ce qui démontre que le dialogue est permanent et qu’il y a une réelle prise de conscience des salariés sur l’intérêt de privilégier le dialogue», a-t-il relevé.

Pour rappel, ce colloque clôt une campagne nationale d’une semaine organisée par la SNTF sur la sensibilisation sur les risques liés à la traversée des passages à niveau.

Menée sous le slogan «Stop: Priorité absolue au train», cette campagne a été ponctuée par une opération Portes ouvertes d’une semaine au niveau des gares ferroviaires d’Alger, de Constantine, d’Annaba et d’Oran ainsi qu’un travail de proximité pour la sensibilisation au niveau des passages à niveau les plus fréquentés, des établissements scolaires et des auto-école.

 

Un nouveau centre des systèmes de signalisation et des télécommunications ferroviaires

Par ailleurs, le ministre des Transports et des Travaux publics, a inauguré mardi à Alger un nouveau centre de test des systèmes de signalisation et des télécommunications ferroviaires de dernière génération.

Muni de technologies de pointe, le centre vise à développer la signalisation, la sécurité et la fluidité du trafic ferroviaire en Algérie. Ainsi, le centre permettra d’effectuer des vérifications sur les études d’exécution réalisées par les ingénieurs d’études en utilisant des outils de logiciel spécifiques afin de porter des corrections éventuelles sur les différents équipements.

Il permettra également d’effectuer des tests visant à améliorer l’expérience des clients quant à l’utilisation de ce moyen de transport.

Dans le cadre de la maintenance des lignes en service, ce centre permettra également de procéder aux recherches et analyses de défauts pour résoudre les problèmes éventuels.

Fruit d’une joint-venture algéro-allemande créée en 2014, entre la Société nationale de transport ferroviaire (SNTF) et Siemens, l’entreprise de gestion du trafic ferroviaire Estel Rail Automation (R.A.) exploitante du centre, bénéficie d’un processus de transfert de technologies depuis 2014, a indiqué le P-dg de la SNTF, Yacine Bendjaballah.

Ce processus a consisté à former des ingénieurs algériens en Allemagne, ceci jumelé à un encadrement d‘experts de la société allemande des cadres et techniciens d’Estel R.A.

Ainsi, 51 ingénieurs et techniciens ont bénéficié de formations en Allemagne pendant 18 mois dans le domaine de la signalisation ferroviaire et des études d’ingénierie et de fiabilité des systèmes.

De plus, 58 cadres d’Estel-RA ont également été formés en Allemagne dans différents volets de la gestion de projet dans le secteur.

«Avec ce centre de tests, c’est une partie du transfert de savoir-faire qui se matérialise», a indiqué M. Bendjaballah à la presse en marge de l’inauguration.

Le même responsable a ainsi expliqué que ce centre permet d’économiser le coût de la formation des cadres et celui du contrôle des process et matériels en Allemagne.

Selon lui, cette évolution permettra pour Estel R.A. de gagner en autonomie et en compétitivité « pour devenir d’ici quelques années un centre de compétences de dimension mondiales ».

  1. Bendjaballah a également indiqué que la joint-venture, qui emploie 320 personnes, pourrait à terme devenir la première filiale de la SNTF pouvant générer des devises pour l’Algérie à travers ses services d’ingénierie ferroviaires qu’elle pourra exporter à l’étranger.

Pour sa part, M. Zaalane a souligné, la nécessité de ce type de technologie de pointe pour «Un pays de la taille de l’Algérie qui a engagé d’importants investissements dans le secteur ferroviaire».

Il a ainsi indiqué que ce centre doit contribuer à atteindre l’objectif de transporter de 17 millions de tonnes de marchandises et 60 millions de voyageurs/an à horizon 2021.

 

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