Relations Afrique – organismes sportifs internationaux : L’Algérie veut ouvrir le débat lors d’un forum

«Le forum proposé rassemblera notamment tous les pays africains, les représentants des fédérations sportives internationales et les représentants africains dans les instances.

La rencontre aura lieu de préférence juste après les Jeux africains de 2019, pour permettre, d’une part, de faire une analyse sur ce rendez-vous et d’autre part sortir avec une charte définissant le type de relations que le continent doit instaurer, à l’avenir, avec les organismes sportifs», a indiqué M. Selmi à l’APS.

La proposition de l’Algérie intervient suite à la réunion des experts du Comité technique et sportif africains, tenue en marge de la 3e session du Comité technique spécialisé de l’Union africaine (UA) sur la jeunesse, la culture et le sport à Alger (21-25 octobre), au cours de laquelle un constat de «stérilité» des relations de l’Afrique avec les différentes fédérations sportives internationales et d’un «fossé» qui ne cesse de se creuser, ont été relevés.

«On a constaté que les organismes sportifs internationaux actuellement se sont inscrits dans un processus effréné vers une rentabilité purement économique et financière, emmenés par des lobbies issus de plusieurs branches d’activités», a estimé la même source.

Ces branches d’activités, rapporteuses d’une manne financière très importante, vont de l’infrastructure aux équipements sportifs et autres médias, lesquelles constituent une véritable entreprise sportive au chiffre d’affaire très significatif aux yeux des Africains.

«On parle de quelque 600 milliards de dollars par an comme chiffre d’affaire, mais malheureusement sans aucun retour d’investissement pour le sport, notamment au niveau de notre continent. Cette manne financière, qui est le produit de l’activité sportive sur le plan mondial, n’est pas gérée d’une manière transparente et réfléchie dans des programmes d’action, de soutien et de développement, surtout au niveau de l’Afrique», a regretté le membre du Conseil du sport de l’Union africaine.

Outre cela, l’interlocuteur a mis en relief «l’inconsidération et le dédaigneusement» des instances sportives internationales envers les efforts des gouvernements africains (pourvoyeurs de fonds à leurs fédérations) qui doivent être pris en considération, selon les experts africains.

«Nos Etats sont appelés à faire des efforts pour assurer un développement durable et harmonieux du sport. Il faut aussi penser à créer, entre autres, un fonds d’aide à la promotion du sport dans le continent africain, comme le fait le CIO (Comité international olympique) avec son fonds de solidarité olympique», a recommandé M. Selmi.

De leur côté, les experts sont conscients du fait que l’Afrique, avec ses 54 pays, représente un poids politique et sportif au sein des fédérations internationales et constitue une force dans l’élection de tel ou tel bureau exécutif des instances, mais cette force, a estimé le président de la zone régionale 1, «n’a jamais fait bénéficier le continent de quoi que ce soit», considérant que les représentants africains dans les instances ne font pratiquement rien et ne veillent même pas à la tenue des promesses faites avant leur élection.

«Les fédérations internationales doivent conférer à l’Afrique une tribune internationale, donner à ses nations une voix qu’elles ont arrachée difficilement, leur permettre de jouer à armes égales dans la cour des pays développés et s’affirmer en tant que partie prenante dans le développement et la promotion du sport, dans le respect des idéaux olympiques», a conclu Sid-Ahmed Selmi.

Pour rappel, l’Algérie préside depuis jeudi le bureau du Comité technique spécialisé, jeunesse, culture et sport de l’Union africaine, pour un mandat de deux ans, en remplacement du Kenya.

APS

 

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