Education – L’autre défi de Benghebrit : Le «code vestimentaire normal», peine à s’imposer !

La question du respect du règlement intérieur et de la tenue exigée à porter par les écoliers revient à chaque rentrée scolaire. Au début de l’année pédagogique, le ministère de l’Education nationale rappelle aux élèves et à leurs parents quelques consignes que doivent observées les écoliers, collégiens et lycéens pour une «bonne marche» de leurs établissements. Des notes qui ne  sont souvent pas appliquées avec fermeté. Laxisme, mauvaise volonté ou pragmatisme des directeurs des établissements scolaires ?

La note du ministère de l’Education nationale émise en 2017, toujours en vigueur, exige des directeurs des établissements scolaires d’appliquer avec fermeté les directives pour obliger les élèves et les enseignants à s’habiller correctement à l’intérieur des établissements scolaires.

Cette note vise à restaurer l’autorité et la discipline dans les établissements scolaires qui «vivent» une anarchie indescriptible sur le plan vestimentaire et les dernières tendances, «curieuses», dans la coupe des cheveux, notamment des jeunes collégiens et lycéens. Le ministère de l’Education avait envoyé une note où il est recommandé que tout élève dont la coupe de cheveux est «anormale» sera exclu. Les directeurs des établissements scolaires sont tenus d’appliquer cette directive à la lettre. Certains responsables tentent de s’y conformer, avouant qu’il est très difficile de surveiller tous les jours que Dieu fait le millier d’élèves qui fréquentent leur établissement.

«Nous savons que nous devons être intransigeant sur ce point, mais il faut être réaliste, il y a toujours des récalcitrants qui  font la forte tête. Ils trouvent toujours la parade pour se soustraire à cette obligation. C’est le jeu du chat et de la souris qui devient lassant au bout de quelques jours».

Tel est l’aveu de certains chefs d’établissements scolaires qui lèvent les bras au ciel et «crient» leur impuissance face l’indiscipline des jeunes potaches qui n’en font qu’à leur tète.

Les parents des élèves, à travers leurs associations, quand elles existent, s’impliquent «mollement», pour ne pas dire pas du tout, pour les inciter à se conformer aux consignes contenues dans le règlement de l’établissement scolaire, notamment celles ayant trait à la tenue vestimentaire et à la coiffure. Il n’est pas rare de voir des collégiens et des lycéens arborant des coiffures «étranges et extravagantes», imitant leurs idoles artistiques ou sportives, sur le pas des portails de leurs établissements.

Certains chef d’établissement ou des surveillants généraux ne trouvent rien à redire, laissant libre cours aux élèves d’agir à leur guise.

D’autres, plus «à cheval» sur le respect de l’ordre et de la discipline qui doivent régner au sein de l’école sont intransigeants sur ses deux principes qui garantissent la bonne gouvernance d’une école. Il est vrai que de nouvelles mœurs sont «entrées» dans nos écoles.

 

Le normal et l’extravagant

Les directeurs ou surveillants généraux n’ont plus cette autorité d’antan qui faisaient de l’établisement scolaire un bastion du savoir grâce au respect d’une «loi», souvent non écrite, mais appliquée à la lettre rigoureusement par tous, garçons ou filles, enseignants et personnels administratifs.

Il était «normal» pour tous de porter une tenue vestimentaire «décente» et de se coiffer d’une manière «normale».

A la base de cette «normalité» observée tous les jours, une fermeté et une vigilance certaine à toute épreuve, obéissant à un code de bonne conduite tacite ou écrit ou étaient proscrit les cheveux longs ou au vent et une tenue vestimentaire «décontractée».

De nos jours, il est «normal» pour un jeune écolier d’entrer en salle de classe «avec des pantalons et des pantacourts» déchirés au niveau de certaines parties du corps. La directive du ministère de l’Education nationale peine à être appliquée «à la lettre» concernant cette situation également.

Pour le «kamis» et les sandales aux pieds, la consignes semble être respectée. Les collégiens et les lycées rivalisent plutôt à exhiber les tenues vestimentaires et les souliers des grandes marques mondiales que de porter des tenues qui leur font de l’ombre.

Les filles sont aussi concernées par les interdictions et pour elles, elles sont multiples. Le maquillage, la mini jupe ou le port du niqab ou la burqua sont tout simplement interdits. Le visage doit être découvert, le nikab peut cacher l’identité de l’élève, telle est la raison invoquée pour interdire cette tenue vestimentaire dans les écoles algériennes.

Peu de jeunes filles franchissent le pas de porter le nikab pour aller en classe. Question de coquetterie ? Le tablier rose est de rigueur. Gare à celle qui ne respecte pas ces obligations. Celles qui n’obéissent pas au règlement, verront leurs parents convoqués pour leur «droit de regard» sur leurs enfants.

Il n’y a pas que les écoliers qui sont tenus de respecter un «code vestimentaire» et même «compportemental», les enseignants sont aussi appeler «à mettre la main à la pâte» pour garantir la bonne marche de l’Ecole algérienne.

Dans ce cadre, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit a invité, récemment à Alger, les enseignants à bannir toute attitude «négative» susceptible d’attenter à leur réputation et à celle du secteur, à l’instar de la violence contre les élèves et des cours particuliers.

Selon l’APS, la première responsable de l’Education nationale qui s’exprimait à l’occasion de la journée mondiale des enseignants qui coïncide avec le 5 octobre, en présence de nombre de ministres et de responsables, a souligné l’impératif pour les enseignants d’éviter certaines «attitudes individuelles susceptibles de donner une mauvaise image de l’enseignant», à l’exemple de la violence exercée contre les élèves et des cours particuliers dispensés «de façon abusive», appelant tout un chacun à «dénoncer ce type d’attitude».

A ce propos, la première responsable du secteur a mis en avant la nécessité de «faire preuve de vigilance afin d’éviter tout dérapage et préserver la gratuité du service public de l’Education».

 

Les cours particuliers,un fléau !

Il reste que pour la précédente année scolaire, il a été enregistré quelques cas de violences sur des élèves qui ont été commises  par des enseignants.

Pour les cours particuliers, Mme Benghebrit parle de préserver la gratuité du service public, mais la pratique des cours particuliers s’est «démocratisée à une large échelle», et rares sont les enseignants qui n’arrondissent pas leur fin de mois en recourant à ce «mal» nécessaire, selon eux, pour élever le niveau des apprenants. Ils n’hésitent pas aussi, pour justifier leurs recours à ces cours, à invoquer «le maigre salaire» que leurs octroie la fonction publique et la «baisse» de leur pouvoir d’achat.

Des justificatifs pour se donner bonne conscience et Mme Nouria Benghebrit ne pourra que dénoncer ce fléau, n’ayant aucune prise sur le phénomène pour l’éradiquer ou du moins l’atténuer.

Mohand Ouarab