La formation professionnelle et les exclus du système scolaire : La planche de salut !

Ils sont des milliers à quitter, chaque année, les bancs de l’école, «orientés» vers la vie active, selon la formule consacrée. Sans formation, sans aucune qualification, à défaut de trouver un «busin ess», ils iront rejoindre dans la rue, la cohorte de jeunes oisifs qui n’ont que faire des journées «libres». Certains, cependant, feront tout pour sortir «la tête de l’eau», en optant pour l’apprentissage d’un un métier dans un centre de formation professionnelle.

Chantiers de construction qui avancent à la cadence d’une tortue ou qui sont parfois à l’arrêt faute d’une main d’œuvre qualifiée, entrepreneurs de bâtiment et de travaux publics, autoconstructeurs, promoteurs immobiliers qui peinent à recruter des ouvriers qualifiés pour la bonne marche des projets  de construction répartis sur tout le territoire national. Maçons, plâtriers, carreleurs, plombiers, électriciens et d’autres métiers manuels se font rares sur le marché national de l’emploi.

Dénicher «l’oiseau rare» aujourd’hui relève presque de l’impossible. C’est un paradoxe dans un pays où le taux chômage, notamment celui des jeunes  sans qualification, est très élevé. Il n’est pas rare de trouver à l’entrée des chantiers des affiches d’offres d’emploi pour ces catégories de métiers très demandés sur le marché de l’emploi. Les candidats se font désirés et quand ils se présentent pour le poste offert, ils posent leurs conditions entre salaires, hébergements et autres avantages pouvant être arrachés au maître de l’ouvrage qui ne peut que se plier à ces demandes, faute de quoi, son ou ses chantiers risquent de trainer en longueur et gare aux conséquences qui en découleront sur les plans des délais de livraison et de la qualité de l’ouvrage réalisé.

Le nombre de jeunes au chômage a atteint des proportions alarmantes alors que le déficit en main d’œuvre est en nette expansion. Le déséquilibre entre l’offre et la demande risque de ne pas être résorbé pour de longues années malgré les efforts fournis par le secteur de la formation professionnelle qui offre l’occasion et l’opportunité pour des milliers d’exclus du système scolaire classiques de bénéficier d’un enseignement  professionnel qui entre dans leurs cordes d’autant plus que les spécialités sont plus diversifiée pour la rentrée 2018/2019.

La rentrée professionnelle, prévue le 23 septembre, sera marquée par la proposition de nouvelles spécialités en vue de diversifier l’offre et de répondre aux besoins des entreprises et du marché de l’emploi, a indiqué dimanche 9 septembre 2018 à Alger, le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Mohamed Mebarki.

Le premier responsable du secteur de la formation professionnelle a précisé, lors d’une réunion avec les directeurs de wilaya de la formation et de l’enseignement professionnels, que la rentrée de la formation et de l’enseignement professionnels se caractérise cette année par une diversification de l’offre de formation qui se traduit par la programmation de 440 spécialités dont 29 nouvelles couvrant les 23 branches professionnelles, sanctionnées par des diplômes d’Etat. Evoquant certaines filières jugées prioritaires, le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels explique que l’intérêt aux filières de formation professionnelle prioritaires «a augmenté de façon graduelle» ces dernières années, citant à titre d’exemple les spécialités relevant du domaine de l’industrie représentant «25,40% de l’offre globale, alors qu’elle ne dépassait pas les 22,7% en septembre 2017», ou la filière hôtellerie, tourisme et artisanat qui représente «15,69% de l’offre, alors qu’elle représentait seulement 10,3% aux cours de la même session de l’année dernière».

Pour autant, a-t-il fait observer, la filière du BTP connaît également une évolution représentant 12,41%de l’offre globale, et il s’agit de même pour la filière de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire qui représentent 9,31%. Pour  le représentant du gouvernement, la prochaine session «sera une nouvelle occasion pour poursuivre la stratégie d’amélioration de la qualité de la formation et son adaptation à l’évolution économique du pays», mettant l’accent sur l’importance de la «coordination et la concertation» avec l’environnement socioéconomique, «pour une meilleure adéquation des formations aux réalités du pays», la considérant comme «une stratégie réfléchie, qu’on doit poursuivre».

Le ministre a évoqué, dans le même sillage, la mise en œuvre et l’approfondissement de la nomenclature des branches professionnelles et des spécialités «édition 2018», précisant que «ce document constitue l’instrument de veille et d’observation des métiers». Mohamed Mebarki, a expliqué que «la nouvelle édition compte 23 branches professionnelles, avec l’introduction d’une nouvelle branche ‘Art, Culture et Patrimoine’, et la restructuration de quatre branches de l’édition 2012». Elle renferme, également, «478 spécialités avec l’introduction de 54 spécialités nouvelles», a ajouté le ministre qui a insisté sur la nécessité d’accorder davantage d’importance à l’information et la communication afin de «réunir les conditions nécessaires à la sensibilisation et à la prise en charge de la formation du plus grand nombre de demandeurs».

 

Information et communication pour vulgariser la formation professionnelle

Pour M Mebarki, la communication doit être une action «permanente», dont il faut «intensifier» les actions notamment en ce qui concerne l’information sur les spécialités, la vulgarisation des modes et dispositifs de la formation professionnelle, et l’accentuation des actions d’information sur la nouvelle organisation du cursus de l’enseignement professionnel.

Le ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels a appelé, à cet égard, à «impliquer» les différents partenaires socioéconomiques dans les différentes actions d’information.

Dans ce cadre, une large campagne d’information et de sensibilisation sur les offres de formation disponibles et programmées pour cette session sera lancée à travers les médias. La Radio nationale a consacré,  la semaine passée, une journée fil rouge au secteur de la formation professionnelle. La Radio algérienne, à travers sa chaine dédiée aux jeunes, a opéré, ce jour là, une journée ouverte, fil rouge, au secteur de la formation professionnelle à travers un programme riche en émissions et en actualités ouvert simultanément sur les radios locales.

Le but de cette action est de donner plus d’informations aux jeunes stagiaires,  à l’occasion de la rentrée de la formation professionnelle prévue dans moins de deux semaines, plus exactement le  23 septembre prochain.

Ainsi, l’émission quotidienne phare du matin, «Jil Morning»,  sera consacrée entièrement à ce thème, dans un direct ouvert et ce jusqu’à 9h00. De même pour l’émission «Visa lilmoustakbal» de 12h00 à 13h00.

Plusieurs reportages sont également diffusés tout au long de la journée. Aussi, d’autres espaces de débats sont consacrés sur les ondes de la radio en vue de lever le voile sur toutes les nouveautés de la rentrée professionnels 2018/2019 pouvant attirer les jeunes vers la formation professionnelle qui reste une planche de salut pour les milliers de jeunes, en situation d’échec scolaire, désirant acquérir un métier pour l’avenir. Il est important de noter que l’Algérie dispose de 1250 établissements de formation, qui permettront la prise en charge de 600.000 apprentis par an.

Mohand Ouarab